Tac au tac: Bernard Minier

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Teaser

En tête des ventes avec son thriller, La chasse, ce solitaire est sorti de sa tanière, a joué le jeu et s’est laissé faire.
 

Vous êtes premier dans la liste des ventes avec La chasse. Ça fait quoi d’être premier? Sincèrement…
Je ne vais pas dire que ça me chagrine. Je suis très content. J’ai de bons amis dans le milieu du polar, mais on préfère tous être devant que derrière…

Est-ce que votre entourage a peur de vivre avec un type qui imagine de telles horreurs?
Non, mes proches me voient comme quelqu’un d’absolument normal, Presque anormalement normal… Mes voisins savent qu’il n’y a personne d’enterré dans mon jardin. Il y a juste ma copine qui hésite à descendre la nuit parce qu’au rez-de-chaussée de ma maison, il y a des crânes, des insectes sous verre, des choses un peu étranges - ça l’angoisse un peu, je le reconnais.

À quoi rêviez-vous quand vous étiez employé des douanes?
Je rêvais d’être écrivain. C’était un rêve que j’avais depuis tout petit… Je rêvais de vivre de ma plume, ce qui me paraissait totalement inaccessible.

Vous étiez un homme ordinaire dans une vie banale…
Complètement banale! Je faisais trois heures de transport par jour, j’élevais mes enfants, je partais en vacances. Ma vie ressemblait à des millions d’autres vies, et c’est peut-être pour ça que mes lecteurs se reconnaissent dans mes livres et dans mon personnage, Martin Servaz, un type plutôt ordinaire.

Martin Servaz, c’est votre double ou votre contraire?
Ni l’un ni l’autre. Mais un journaliste a dit: “C’est un antihéros technophobe”. Et je dois dire que technophobe, je le suis un peu…

Pourquoi êtes-vous technophobe?
Parce que je suis né dans un siècle où il n’y avait pas d’Internet, pas de téléphone portable, même si on s’ennuyait parfois, cela avait aussi des bons côtés.

Sur Babelio, à propos de La chasse, on peut lire: "Rendez-nous le Bernard Minier des débuts". Réaction?
Je ne sais pas ce que ça veut dire. C’est quoi le Bernard Minier des débuts? Je ne pense pas avoir tellement changé…

Autre critique sur Babelio: "Bernard Minier épate à chaque roman en réussissant à renouveler ses histoires". Réaction?
Là, je remercie! C’est ce que j’essaie de faire: ne pas utiliser la même recette, ne pas écrire deux fois le même livre.

Si vous deviez interviewer Bernard Minier, qu’auriez-vous envie de lui demander?
S’il a l’intention de prendre des vacances bientôt… Je crois qu’il en a besoin, même s’il n’aime pas trop ça.

Pour vous, la promo, c’est un jeu pénible ou c’est un jeu agréable?
Ce n’est pas pénible, non. C’est agréable, j’aime bien le jeu avec les journalistes, mais il ne faut pas que ça dure trop longtemps. En même temps, c’est absolument nécessaire, il y a tellement de livres publiés chaque semaine.

Mais à votre niveau et avec vos scores de ventes, vous n’avez pas besoin de faire de la promo…
Si. Aujourd’hui, tout le monde donne son avis sur Internet, la presse apporte un éclairage supplémentaire. On a plus que jamais besoin des journalistes en cette période où tout et n’importe quoi se retrouve sur Internet.

Auriez-vous la gentillesse de noter sur dix l’interview que vous venez de donner.
Neuf sur dix.

OK, merci…
Avec plaisir, je ne m’attendais pas à ces questions…

La chasse, XO Éditions, 471 p.
 

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