Les confidences de Georges Grün

Georges Grün RTL TVI
Georges Grün RTL TVI
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Il a annoncé hier son départ de RTL Sports. L’ancien Diable Rouge revient sur les raisons de son choix.

C’est une page qui se tourne. Après une première expérience de consultant sur Canal+ et une longue histoire avec RTL-TVI – il y est arrivé en 2003 - , Georges Grün a décidé de passer à autre chose. Un nouveau défi professionnel l’attend à l’étranger mais fidèle à son image discrète, il refuse d’en dévoiler plus pour le moment. Il admet cependant que cette nouvelle reconversion l’emmènera au soleil et sourit lorsqu’on évoque son autre passion, la pêche à la mouche. Avant de commenter son dernier match pour RTL-TVi – la finale de la Champions League le 29 mai – il se confie sur son parcours.

Votre départ a surpris tout le monde. Pourquoi avoir pris cette décision ?

GEORGES GRÜN: J’arrive à un âge où je me dis qu’il ne me reste pas beaucoup de temps. La vie passe tellement vite et c’est le moment de découvrir autre chose, tant que je suis encore capable de le faire et d’en profiter, mentalement et physiquement.

La décision a-t-elle été difficile à prendre ?

Pas du tout. J’y pensais depuis un moment. J’ai malheureusement perdu mes parents très récemment et quand de tels événements surviennent, cela nous conforte dans l’idée de profiter et découvrir d’autres choses.

Devenir commentateur et consultant sportif, c’était quelque chose que vous aviez imaginé?

Quand on est footballeur professionnel, on pense forcément à ce qu’on va faire une fois la carrière terminée. Ce n’est pas évident de trouver une reconversion. Quand à la fin du parcours de footballeur, alors qu’on est très jeune, on doit faire autre chose de sa vie, ce n’est pas simple. On se pose pas mal de questions et il n’y a pas beaucoup de solutions, en tout cas à l’époque où moi j’évoluais. Je pouvais soit devenir entraîneur mais cela ne m’intéressait pas trop, même si j’avais suivi les cours. L’autre solution était de rebondir via la télévision. J’ai eu la chance de directement commencer sur Canal+ (Betv) aux côtés d’André Remy. Plus tard, RTL-TVi est venu me chercher pour présenter ce beau projet de Champions League.

Qu’avez-vous appris au cours de toutes ces années ?

Beaucoup de choses. Déjà, comment gérer un plateau télévisé et c’était tout à fait nouveau pour moi. Ce n’était pas évident d’animer une émission de football même si je connaissais extrêmement bien le domaine. J’ai aussi appris à gérer une oreillette, le temps. C’était une belle expérience qui a ensuite évolué vers le poste de commentateur et de consultant. Et puis, j’ai fait de belles rencontres.

Vous sembliez plus à l’aise dans le rôle de consultant que dans celui de présentateur. C’est lié à votre personnalité ?

Oui. Être présentateur me stressait énormément et comme je suis quelqu’un qui n’exprime pas beaucoup ses émotions, cela me bouffait de l’intérieur. Je sentais que cela ne me convenait pas. Au bout de 5 ans, je me suis aperçu que cela me prenait trop d’énergie et que cela avait également des répercussions sur ma santé. J’ai donc demandé à retrouver un poste de consultant. Et c’était la bonne décision.

Les critiques vous ont souvent reproché d’être trop neutre dans vos commentaires…

Je n’ai jamais attaché trop d’importance à ce qu’il se disait sur moi. Parfois il faut se nourrir des critiques et j’ai toujours essayé de corriger certaines choses. Au final, et c’était également le cas dans ma carrière sportive, il faut rester soi-même. Cela ne sert à rien de changer de personnalité parce que certains n’apprécient pas ce que vous faites. Ce n’est pas grave. Il y aura toujours, et dans tous les milieux, des gens qui vous apprécient et d’autres moins. Cela ne m’a jamais touché. Je sais que si j’ai duré dans le temps c’est que malgré tout, je suis resté moi-même. On ne doit pas plaire à tout le monde.

On considère que les commentateurs français sont plus agressifs que chez nous. Vous êtes d’accord avec ce constat ?

Oui, même si je ne suis pas vraiment ce qu’il se fait en France. Nous, on a toujours cette retenue. En tant qu’ancien footballeur professionnel, on sait comment ça se passe sur un terrain. Je ne vais pas me permettre de critiquer les erreurs d’un joueur maintenant alors que je les ai aussi commises lorsque je jouais. Il ne faut jamais être excessif, j’ai toujours essayé d’être positif. Tout comme si c’était vraiment mauvais, je le disais aussi. Malgré tout, en Belgique, par rapport à l’Angleterre, l’Espagne ou l’Italie, on est relativement sages et moins virulents.

Au cours de vos interventions, on vous a rarement entendu exprimer des commentaires techniques. Est-ce un choix de votre part ou une consigne de la chaîne?

C’était une volonté de RTL-TVI de ne pas être trop dans l’analyse technique. La chaîne a toujours privilégié l’image et l’émotion. Ce côté technique pourrait ennuyer une grande partie du public. D’autres médias le font.

Quels conseils donneriez-vous à vos successeurs ?

Rester soi-même et être le plus naturel possible. Ne pas rechercher le sensationnel. Et essayer de faire partager le plus possible l’émotion du football.

Vous restez passionné par le football ?

J’ai eu cette étiquette de ne pas être concerné à fond. C’est vrai que j’ai toujours eu une approche différente de ce que les gens pouvaient concevoir. Lorsque j’étais footballeur professionnel, on me reprochait de ne pas être assez impliqué parce que je m’intéressais à d’autres choses. Par exemple, je ne connaissais pas les équipes qu’on allait affronter la semaine suivante. Mais c’était comme ça que je fonctionnais. Je me donnais à 100% aux entraînements et lors des matchs. Mais en dehors, je pensais à autre chose. Quand on m’en a fait la réflexion, j’ai essayé de changer, je me suis plus impliqué, j’a étudié nos adversaires. Et au final, sur le terrain, je n’étais plus moi-même, j’étais moins bon. Je me suis dit que la meilleure chose à faire était de rester naturel. Un principe que j’ai essayé d’appliquer dans ma deuxième carrière. Je préparais très bien les émissions mais une fois celles-ci terminées, je n’allais pas regarder du football tous les jours. Il y a d’autres choses dans la vie. Et c’est aussi pour cela que je m’arrête maintenant.

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