Plan de relance belge : Pour qui? Pour quoi?

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Le conseil des ministres a présenté le plan de relance nationale que la Belgique présentera à la Commission européenne pour bénéficier des fonds du plan de relance européen. Voici ce qui est sur la table.

750 milliards d'euros. C'est le montant du plan de relance européen qui fut agréé de dure lutte en juillet dernier et qui devrait (enfin) entrer en vigueur en juin prochain. De ces 750 milliards, près de 6 iront dans les poches belges (entités fédérale et fédérées). Les montants seront distribués de cette manière : 1,25 milliard d'euros pour le Fédéral, 2,25 pour la Flandre, 1,48 pour la Wallonie, 395 millions pour Bruxelles, 495 pour la Fédération Wallonie-Bruxelles et 50 millions pour la communauté germanophone.

Cahier des charges

Voilà pour les chiffres. Mais pour en profiter, la Belgique doit répondre à un cahier des charges. Le plan de relance européen est en effet basé sur plusieurs axes qui doivent répondre aux défis de demain, notamment le fameux « Green deal ». Ainsi, l'Europe demande à ce que cet argent soit investi dans la recherche et l’innovation, les transitions énergétiques et numériques, l’inclusion sociale, l’emploi, la biodiversité...

La Commission demande à ce que des projets allant dans ce sens lui soient présentés. Et ce sont ces projets qu'elle financera. La Belgique présentera 85 projets qui doivent être mis en oeuvre d'ici à 2023 pour aider le pays à se relever de la crise du Covid et se tourner vers l'avenir.

Quels sont ces projets ?

Fédéral et entités fédérées ont des projets bien à eux. Le Fédéral, par exemple, veut construire une île énergétique en mer du Nord afin de devenir une référence dans l'énergie éolienne offshore. Il planifie aussi une transformation numérique des services publics et des investissements dans la cybersécurité. Mais le gros des fonds (300 millions d'euros) devrait revenir à la SNCB pour doubler sa capacité ferroviaire d'ici à 2030 et développer un réseau de trains à hydrogène. Il est aussi question de développer des centrales électriques au gaz.

Concernant la Wallonie et Bruxelles, il sera surtout question de rénovation des bâtiments, de construction de logements durables, de transition numérique et de développer un réseau de mobilité douce et plus propre : notamment des bus électriques, pistes cyclables... (ce qui fait partie, à Bruxelles, du plan mobilité Smart Move).

La Commission va maintenant analyser ces projets. Mais elle ne sera pas la seule à les financer. Les fonds du plan de relance européen devra être appuyé par des investissements publics pour mettre à bien les projets de transition. Le Fédéral a pour objectif d'augmenter ses investissements publics de 4% du PIB en moyenne jusqu'à 2030. Avec quel argent ? C'est la question. Crise du Covid oblige, la dette a explosé à 117% du PIB national. La règle d'or européenne de limiter les déficits à 3% du PIB est cependant en passe de tomber. Le président Macron l'estimant « d'un autre âge » que celui du Covid-19.

Pour quels bénéfices ?

Le Bureau fédéral du plan a mesuré l'impact du plan de relance pour la Belgique. Et le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il est limité. A peine 3.900 emplois devraient être créés grâce à lui et, en terme de croissance, à peine 0,14% du PIB en moyenne ces cinq prochaines années. Tout ça pour ça ?

Non, car l'objectif du plan de relance européen n'est pas le court, ni même le moyen terme, mais le long terme. Il vise à permettre à la Belgique et l'Europe de tourner son économie et ses infrastructures vers l'avenir afin qu'il réponde aux défis du XXIe siècle : en premier lieu, l'évolution des technologies et les gigantesques défis environnementaux. Cela sera-t-il suffisant ? C'est une autre question...

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