« Achetez européen ! », qu'ils disent...

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Le 1er juillet, une TVA européenne unique à l'importation entrera en vigueur. Effet collatéral, les entreprises de commerce en ligne extra-européennes vont perdre leur avantage fiscal. Ce qui se répercutera sur les prix des produits importés, jusque là à très bas prix. Explications.

L'idée de départ est de résoudre le casse-tête européen en matière de TVA et d'harmoniser un peu tout cela. Tous au même tarif ! Plus de transparence, moins de reports et calculs coûteux et en finir avec les exonérations à telle ou telle condition. Notamment pour les produits de moins de 22 euros disponibles hors UE. 

A partir du 1er juillet, la TVA à 20% s'imposera sur tous les produits dans tous les coins de la planète. Or, jusqu'alors, les commerces en ligne basés hors des frontières de l'Union, comme AliExpress, Wish ou les sites Amazon américains et britanniques, bénéficiaient d'une exonération de la TVA sur les produits de moins de 22 euros. D'où ces prix avantageux qui dévalaient sur l'écran ! Car il y a eu des abus et les vendeurs ne se sont pas fait prier ! Tout bénef pour les consommateurs qui préféraient du coup s'adresser à ces géants de l'e-commerce plutôt qu'aux commerçants de chez nous.

Fini de rire !

A partir du 1er juillet, fini de rire ! Chacun à la même enseigne ! C'est que, depuis le confinement, le commerce en ligne a explosé. Et les dindons de la farce se sont trouvés être d'un côté les commerces physiques et, de l'autre, les commerces européens. Concurrence déloyale, ras-le-bol ! Cet été, on ne fait plus de cadeau. 20% de TVA pour tous. Résultats, cela devrait se faire sentir sur le prix d'achat. Car en prime, les contrôles douaniers seront renforcés. On estime une augmentation à venir de 20 à 30% du prix d'achat sur les sites de vente extra-européens dans les années à venir. Et en prime, les délais de livraison vont augmenter à cause de contrôles douaniers plus serrés...

Petites précisions : cette taxe unique ne sera dans un premier temps imposée que sur les envois « express ». Puis en mars 2023 seulement sur les envois par avion. Et enfin, au printemps 2024, sur tous les envois. De plus, s'agissant d'une taxe à l'importation, il suffira pour ces géants du net d'installer un siège dans l'Union européenne pour ne pas se sentir floué. Préférez donc faire vos achats sur Amazon.fr plutôt qu'Amazon.co.uk.

Simplifier les transactions

Ceci étant posé, remettons l'église au milieu du village. Cette conséquence est un effet collatéral d'une loi bien plus vaste destinée à harmoniser le système de TVA européenne... Et à faire gagner de l'argent aux entreprises, ainsi qu'à faciliter la tâche du consommateur. En somme, simplifier la vie de tout le monde.

Pour les entreprises, le problème principal était les coûts liés aux écarts de TVA. C'est-à-dire l'écart entre les recettes attendues de la TVA et les recettes réellement perçues. Ce coût était, en 2018, de 140 milliards d'euros dans l'Union et 3,6 milliards rien qu'en Belgique. Ce qui n'est pas rien. On estime que les entreprises européennes économiseront 2,3 milliards d'euros par an en coûts grâce à la réforme du système.

Ensuite, comme il y aura plus de transparence, cela facilitera la lutte contre la fraude fiscale... Ainsi que le commerce transfrontalier. Il y aura un portail unique pour toutes les entreprises, on y verra plus clair, et nous aussi, qui consommons, mais devons payer pour tel ou tel frais venus d'on ne sait où. C'est une arme de défense du consommateur, mais aussi, et surtout, une arme d'attaque pour les commerçants européens. Harmoniser les règles européennes du commerce pour mieux acheter européen. Europa first !

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