#BalanceTonHosto : quand les médecins assistants dénoncent leurs conditions de travail

Une manifestante pour un meilleur système de soins de santé, le 13 septembre 2020. - Reuters
Une manifestante pour un meilleur système de soins de santé, le 13 septembre 2020. - Reuters
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Un vent de révolte souffle parmi les assistants en médecine. Sur les réseaux sociaux, ils brisent l'omerta sur les abus qu'ils subissent au cours de leur formation.

Si vous vous rendez cette nuit aux urgences dans un hôpital, il y a de fortes chances que vous soyez reçu par l'un d'entre eux : les MACS, médecins assistants candidats spécialistes. Présents dans tous les services, ces jeunes médecins en formation travaillent jour et nuit à un rythme infernal, sacrifiant leur santé pour sauver la nôtre. Souvent livrés à eux-mêmes et soumis à une pression monstre, ils accumulent les heures de boulot, parfois jusqu'à 100 par semaine, nuits blanches comprises. Des conditions de travail inhumaines et dangereuses - pour eux-mêmes et pour autrui -, à tel point que certains regrettent leur choix de carrière.

Trop, c'est trop ? Sur le compte Instagram #BalanceTonHosto, créé ce mercredi, les récits s'accumulent pour dénoncer ce système où la rentabilité l’emporte souvent sur l'humain et l'apprentissage. « J'ai commencé mon premier jour en tant que médecin par une garde de 24 heures. Je me suis retrouvée la nuit à devoir gérer seule le service. Personne n'a vérifié, ni pendant, ni après, si je n'avais pas commis d'erreur », s'inquiète une assistante. « Cela fait 12 jours consécutifs que je travaille. Mais je ne peux pas me plaindre 'avant, c'était pire'... », confie une autre, « épuisée ».

Pot-pourri

Difficile effectivement de se plaindre au sein de la communauté médicale, dans la mesure où les nouveaux « bourreaux » amnésiques ont été « victimes » du système par le passé. Si les médecins assistants ont décidé de témoigner aujourd'hui, c'est à cause d'une proposition « affligeante » des fédérations hospitalières sur leurs conditions de travail. Celles-ci sont déjà catastrophiques mais, avec le « contrat d'exécution d'un plan de stage de spécialisation » échafaudé par les hôpitaux, elles risquent de s'empirer. Et avec elles, de dégrader la qualité des soins.

Après un an de discussions avec les médecins assistants, les fédérations hospitalières ont déposé une proposition sur la table le 19 avril dernier : pas de contrat d'emploi, pas de rémunération des gardes, pas de contrôle des horaires, pas d'heures supplémentaires rémunérées avant 60h/semaine sur une moyenne de 13 semaines, pas de protection sociale avec passage sur la mutuelle dès le premier jour en cas de maladie, diminution des congés et peut-être même du salaire…

Révolte

Alors que les MACS attendaient de ces négociations une revalorisation de leur statut, ils se retrouvent face « au pire de ce qui existe aujourd'hui sur le terrain ». Après plus d'un an en première ligne de la crise sanitaire, c'est le choc. Les candidats spécialistes sont en colère, et ne se cachent plus pour le faire savoir.

Outre une pétition pour de meilleures conditions de travail, un arrêt de travail d’une heure a eu lieu ce jeudi après-midi. Le mouvement, lancé à l'initiative du Comité interuniversitaire des MACS, ne compte pas s'arrêter là. Pour faire valoir leurs droits, les 8.200 médecins assistants du pays, indispensables au fonctionnement des hôpitaux, n'excluent plus une grève totale.

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