Damso et son nouvel album QALF Infinity : le verdict

Damso - SH_ART_DAMSO_(c) Ojoz
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Teaser

L’artiste belge qui souffle ces 29 bougies ce 10 mai a dévoilé onze nouvelles compositions et c’est très fort.

Comme il l’avait teasé à différentes reprises ces dernières semaines, Damso a dévoilé ce mercredi 28 avril son nouvel album via une séance d’écoute sur Instagram. Dérogeant à ses principes, et c’est tout à son honneur, l’artiste belge le plus streamé en 2020, a organisé au préalable une écoute « intimiste » dans les locaux d’Universal Belgium, à Tours & Taxis. Moustique y était convié.

Le contexte

Les onze nouveaux titres ont été enregistrés dans la même période que ceux de son album précédent « QALF » paru le 18 septembre 2020. Cette deuxième salve a pour nom de baptême « QALF Infinity ». « QALF Infinity » n’est disponible que sur les plateformes digitales. Pas de CD, pas de vinyle donc. Neuf chansons en forment le tronc principal. Il faut y ajouter l’intro OG qui pose le décor. Quant à l’excellent Youvoi (avec une production de Price D), qui clôture « Infinity », il doit être considéré « comme une respiration, une manière d’atterrir et de revenir sur terre après une grosse dose d’émotions. Damso n’aime pas le terme « bonus track », mais c’est un peu ça, » souligne son entourage.

Notre verdict

Pour ceux qui en doutent encore, Damso n’est pas un artiste qui se répète. On rappellera donc aux fans et aux puristes que la comparaison avec ce qu’il a déjà proposé dans discographie n’a pas lieu d’être. « QALF Infinity » n’est pas « Ipséité », ce n’est pas non plus « Lithopédion » et pas même un « QALF II ». C’est un nouveau disque. C’est du Damso qui se conjugue à l’indicatif du présent et même déjà un peu du futur. « Infinity » se distingue par sa variété des thèmes, des rythmes et des sonorités. Piano, saxophone, guitares, basse électrique… On a rarement entendu autant d’instruments joués par des musiciens sur un album de Damso. L’interprétation vocale suit cette même évolution. Damso récite, Damso parle, Damso murmure, Damso chante aussi de plus en plus. Damso, c’était un flow, c’est aujourd’hui une voix.

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Le son ovni

Il s’appelle Morose et c’est le TUBE de l’album qui va faire débat chez les gardiens du temple. Rythmique dansante, arrangements lumineux, mélange d’électro et d’instruments traditionnels et, sur le final, solo de saxophone et solo de piano dans la grande tradition pop. Si vous en voulez encore, on précisera que Damso a même accepté pour la première fois de faire une version « radio édit » de Morose (soit une version formatée pour les radios traditionnelles) en enlevant certains mots. A ce niveau, ce n’est pas vendre son âme au Diable, c’est de l’intelligence. « Beaucoup de pression. Je calme mes nerfs. Je balance des phrases sur une compo morose », chante Damso dans ce titre réalisé avec Ikaz Boi.  L’artiste sort ici de sa zone de confort et c’est grandiose.

Le son sale

Certains fans ont souligné que « QALF » manquait « de trucs sales ». Ils seront servis avec Vantablack. Traversé de beats très sombres qu’on doit à Prinzly et Jules Fradet, Damso se lâche. « Elle fait que me sucer, j’te mets dans le cul, j’te crache dessus ». A côté de ça, le « A poil » de Hugues Dayez, c’est du Verlaine. Un titre où le narrateur évoque la violence, la vie crûe telle qu’elle existe aussi, les insultes sexistes et racistes « Sale nègre »,  scande-t-il au milieu du morceau.

Le son émotion

Quand un monstre sacré baisse la garde et trouve les mots justes pour raconter ses failles, ça donne Chialer, autre très grand moment de cet album. Sur un tempo lent, dans un mélange d’électro minimaliste sublimée de piano et de saxo, le Dems montre qu’il lui arrive aussi d’avoir un coup de mou et le moral dans les chaussettes. « Je suis triste, je ne ressens plus grand-chose, je vais te faire chialer. Toutes les larmes de ton corps m’appartiennent. » Judicieuse, la tracklist de l’album fait suivre Chialer par 2 Diamants, autre gros tube boosté à l’espoir. « Merci à l’amour », constate Damso qui, comme sur Morose, convie saxo et piano à la fête. L’étonnant Thevie Radio, qui suit, sample des bruits de radio et ajoute une rythmique jazzy ainsi que de la guitare basse. Le tout, avec un clin d’œil à Macarena

Les sons en mode confession

Exercice de style incontournable des codes du rap, les textes sur le mode « confession » tournent souvent dans la justification basique et dans l’ego trip de cours de récré. Pas chez Damso. La preuve ici avec les autobiographique Passion et Vivre un peu qui s’enchaînent. Dans Passion, l’artiste revient sur son parcours en énumérant les années (« 2015, ça démarre bien, 2016 j’ai la pression »), revient sur les périodes de loose totale (« Pas de cash pour les transports en commun ») et évoque la polémique « Diables Rouges » avec son hymne écrit et puis refusé. « Je vis des trucs compliqués. La vie de star est un milieu carcéral. Plus j’avance dans mon rang social, plus je recule dans ma vie sociale. » A écouter et à méditer.

 

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