Il reste 9 semaines pour réussir

@ Belgaimage
@ Belgaimage
Teaser

L’école reprend lundi et le stress monte à l’approche des épreuves de fin d’année. Pour cadrer les révisions, nous avons pointé les pistes à suivre pour aider votre enfant à affronter ce moment difficile.

La fin de l’année scolaire se profile doucement à l’horizon. Il reste 9 semaines de cours avant les examens parmi lesquels le CEB pour les 6es primaire, le CE1D pour les 2es secondaire et le CESS pour les rhétos. Des épreuves certificatives externes où la réussite s’impose pour que le choix des études soit laissé à la libre appréciation de l’élève. Annulées en 2020 suite au premier confinement, ces épreuves sont pour l’instant maintenues malgré le code rouge et les mesures sanitaires qui ont marqué l’année. Un choix que justifie Jean-François Mahieu, porte-parole de la ministre de l’Enseignement en Fédération Wallonie-Bruxelles, Caroline Désir: “Ces épreuves sont confirmées pour permettre un pilotage du système éducatif actuel et mesurer l’impact de la crise sur les apprentissages”.

Des apprentissages qui se sont focalisés sur les essentiels, définis dans une circulaire publiée en septembre. Pourtant, et la nouvelle a de quoi surprendre, les copies des CEB, CE1D et CESS version 2021 seront celles prévues en 2020. Le cabinet de la ministre se montre rassurant car “une deuxième cotation sera possible au cours de la correction – assurée par les enseignants propres à chaque élève - et le conseil de classe sera toujours souverain pour décider ou non de la réussite”. Il n’empêche… Dans une année scolaire marquée par un enseignement hybride, une perte de repères, un décrochage pour certains, le port du masque en classe, l’absence des profs, les épreuves seront encore plus stressantes. Et même si le monde enseignant aime à répéter qu’”à Pâques, tout est joué”, il est encore temps de se préparer. Des solutions existent pour renforcer les apprentissages et combler - partiellement ou non - les lacunes.

Renforcer la confiance

En première ligne, face aux difficultés scolaires, les enseignants jouent un rôle capital. Très inquiets en début d’année, ils sont aujourd’hui plus sereins face aux échéances qui approchent comme le souligne Élise Batselier, professeur de mathématiques: “En septembre, je sentais les élèves largués et le retard d’apprentissage de la matière était considérable. Un arriéré partiellement comblé aujourd’hui”. Chacun procède à sa manière, mais les bases restent les mêmes: réviser et s’exercer à l’aide des épreuves des années précédentes. Pour son cours de maths, Élise Batselier a pris les devants en proposant dès décembre des dossiers de travail sur la matière abordée et supposée assimilée. L’élève a le choix de travailler chez lui en toute autonomie et de se faire corriger ensuite, même si tous ne saisissent pas l’opportunité. Elle insiste: “Ce dont les adolescents ont le plus besoin, c’est de la confiance et du soutien. Même si les parents n’ont pas le temps ou les capacités pour aider leurs enfants, ils doivent absolument s’intéresser à leurs études. C’est le premier moteur pour les motiver”.

Quand l’école ne suffit pas

Les solutions proposées par les établissements scolaires ne parviennent pas toujours à combler les lacunes. Les parents sont parfois amenés à chercher de l’aide à l’extérieur. Le premier réflexe est d’opter pour un cours particulier. Efficace, il n’est pas cependant accessible à toutes les bourses: les prix pratiqués oscillent entre 20 et 30 euros l’heure dans le privé et peuvent encore grimper si on fait appel à une société spécialisée… Un budget conséquent et dissuasif qui peut être multiplié si plusieurs matières sont à approfondir ou si plusieurs enfants au sein d’une même fratrie en ont besoin. D’autres soutiens externes et moins onéreux existent. Il y a bien sûr les écoles de devoirs mais, victimes de leur succès, elles n’acceptent les nouveaux qu’au compte-gouttes. Les parents peuvent se tourner vers certaines ASBL où les inscriptions sont ouvertes toute l’année, à un prix démocratique. Chez EducaTeam, le prix maximum par heure de cours est de 12 euros, avec des réductions possibles en fonction du nombre de séances, de la présence de frères et soeurs. Le même principe est appliqué par Enseignons.be où l’heure de cours est facturée 10 euros, avec la possibilité là aussi d’un tarif dégressif. Ces deux associations proposent du soutien le mercredi et le samedi, dans les locaux des établissements scolaires. Les cours, répartis par matière et niveau, ne sont donnés que par des enseignants diplômés. Chaque élève y vient avec son propre cours et pointe les difficultés qu’il éprouve. Plusieurs sessions spécifiques sont prévues pour la préparation aux CEB, CE1D et CESS. Des échéances stressantes, un peu plus encore aujourd’hui comme le souligne Anne Dieudonné, administratrice d’EducaTeam: “Les examens de fin d’année vont être une catastrophe. Les étudiants nous confient être découragés et en manque de repères”. Un constat qui a poussé EducaTeam à proposer sur son site Web une section entièrement dédiée au CE1D et accessible gratuitement. “Il n’y a évidemment rien de tel que le contact direct, explique Anne Dieudonné, mais dans cette période de crise sanitaire, nous voulions rendre la remédiation accessible au plus grand nombre. Nous éprouvons un sentiment d’injustice face à ceux qui ne peuvent se permettre la moindre dépense supplémentaire.” Actuellement, seules les maths - bête noire de beaucoup - sont disponibles avec pour chaque exercice une correction et sur- tout, un rappel de la théorie. Un projet semblable est en cours d’élaboration pour le CESS mais ne devrait voir le jour que l’année prochaine. Les Jeunesses scientifiques organisent également de la remédiation via Échec à l’échec. Sur le même principe qu’Enseignons.be et EducaTeam, avec des professeurs confirmés et des petits groupes, l’association créée en 1957 organise des sessions pendant les vacances de printemps et en août.  Bon à savoir: certaines mutuelles interviennent dans les frais de remédiation scolaire…

@Belgaimage

À la maison, chacun sa place

La qualité des apprentissages est en étroite relation avec l’environnement familial. On veillera particulièrement à l’alimentation - équilibrée et remplie de vitamines. Essentiel, le sommeil favorise la concentration et facilite donc la mémorisation. Les spécialistes préconisent huit heures par nuit pour les adolescents. À la maison, il est important de bien définir les rôles. Les parents ne doivent pas se substituer aux enseignants mais se transformer en coachs et garder à l’esprit les trois maîtres mots d’un travail efficace: guider, cadrer et superviser. Attention à ne pas commettre les erreurs les plus courantes: tout faire à la place de son enfant, s’énerver de ses lacunes ou au contraire se montrer trop détaché. Tout est question de dosage.

Utiliser le Web à bon escient

Avant d’entamer le travail de révision, il est essentiel de déterminer la meilleure manière d’apprendre. Si certains ont besoin de lire à plusieurs reprises, d’autres mémorisent en recopiant ou en se créant des fiches mentales. C’est l’ado qui décide de quelle arme il préfère se servir, lui en imposer une sera contre-productif. Une importance sera également accordée à la vérification de chaque cours - qui doit être complet et annoté avec les bonnes réponses - et à l’élaboration d’un planning. Il ne sert à rien de trop en faire, ce qui peut rapidement mener à la saturation. La clé du succès: un travail régulier et constant. Toutes les épreuves certificatives externes sont disponibles sur Internet avec leur grille d’évaluation et de correction. Les employer peut être une bonne idée, même s’il faut garder à l’esprit que la plupart des professeurs s’en servent au cours de leurs propres révisions. Les recommencer à domicile est d’autant plus discutable que les réponses doivent souvent comporter le développement du raisonnement qui a amené à celles-ci. Mais cette argumentation ne se retrouve pas dans les correctifs… De quoi compliquer la tâche des parents et guider l’enfant sur une mauvaise piste. L’alternative idéale? Se servir des sites dédiés à la révision, en vérifiant leur provenance - le programme d’apprentissage français n’est pas, par exemple, synchronisé avec le belge! Pour les maths, en version gratuite, le must est la Khan Academy - association à but non lucratif dont l’objectif est de “fournir un enseignement de qualité à tous, partout” et qui propose plus de 2.000 leçons. Chacune d’elles est suivie d’un entraînement avec corrigés et rappel de la théorie. De quoi aider les parents - qui parfois en ont bien besoin - à rafraîchir leur mémoire… Pour les autres matières, on conseille la plateforme Enseignons.be qui met gratuitement à disposition des ressources pédagogiques variées. Autre possibilité: investir dans les manuels – disponibles en librairie ou en ligne. Soyez attentifs à vérifier que l’ouvrage est conforme au programme belge. On conseille, par exemple, Je réussis mon CE1D (éditions Vanin) comprenant un fascicule par matière avec rappel de matière, conseils pratiques et tableau diagnostique pour repérer les compétences acquises et celles à travailler. Aux éditions Érasme, la collection S’entraîner est aussi intéressante.

Et si tout ça ne suffisait pas?

L’échec en fin d’année reste évidemment possible mais, dans le cadre des épreuves externes certificatives, l’essentiel est de ne pas baisser les bras, insiste Élise Batselier. “Il y a parfois de très bonnes surprises, conclut-elle. Ces épreuves étant évaluées sur les compétences, il est possible de ne représenter en septembre que celles dans lesquelles on a échoué.” Et surtout, gardons à l’esprit que dans la vie, on apprend toujours de ses échecs…

En pratique

Échec à l’échec: echecalechec.be - 02/537.03.25.
Enseignons.be: enseignons.be/soutien-scolaire.be - 0494/10.33.88.
EducaTeam: educateam.be - 0484/06.60.60.
Khan Academy: khanacademy.org
Réussir le CE1D: www.ce1d.vanin.be
S’entraîner…: editionserasme.be
 

Plus de Tendances

Les plus lus

Notre Selection