AstraZeneca : quel impact sur la campagne de vaccination ?

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Après la confirmation d’un lien entre le vaccin AstraZeneca et de très rares cas de thromboses, la Belgique a décidé de le réserver temporairement aux personnes âgées de minimum 56 ans. Que faire si vous deviez vous faire vacciner prochainement ? Et pour la deuxième dose ? On vous explique.

Après plusieurs semaines de doutes et de temporisation, l’Agence européenne des médicaments (EMA) l’a finalement confirmé : il existe bel et un lien entre le vaccin AstraZeneca et de très rares cas de thromboses détectés après l’injection. Dans la foulée, la Belgique a annoncé que le vaccin sera réservé aux plus de 55 ans uniquement. Et ce, pour une durée de quatre semaines, le temps de mener des analyses plus poussées.

Pour l’EMA, ces cas doivent être désormais considérés comme des effets secondaires potentiels. Potentiels car extrêmement rares, a insisté l’Agence, pour qui cela ne fait pas de doute : les bénéfices du vaccin restent largement supérieurs aux risques encourus. Mais justement, quels sont ces risques ?

86 cas sur 25 millions

La thrombose correspond à la formation anormale d’un caillot de sang (un thrombus) se formant dans une artère ou une veine et l’obstruant, pouvant in fine causer infarctus, AVC, embolies pulmonaires, etc. Les problèmes observés chez certaines personnes (majoritairement des femmes de moins de 60 ans) sont des thromboses veineuses localisées dans le cerveau ou dans l’abdomen. Selon les experts de l’EMA, cela pourrait être dû à une réaction immunitaire excessive, provoquant à la fois des thromboses et des troubles de la coagulation.

L’Agence a invité les personnes vaccinées à être attentives à certains symptômes persistants après l’injection, comme de forts maux de tête, des douleurs abdominales, gonflements, douleurs dans la poitrine, souffle court… Les problèmes signalés l’ont été jusqu’à 14 jours après l’injection de « l’ » AstraZeneca.

L’EMA a recensé 86 cas de thromboses rares (dont 18 décès) sur près de 25 millions de doses administrées. Rapportées à la Belgique, ces données impliquent un risque théorique de 1,4 cas pour 100.000 chez les personnes de plus de 55 ans. Un risque non nul donc, mais extrêmement faible. « L’avantage de la vaccination dépasse largement le risque potentiel dans cette tranche d’âge » a expliqué le porte-parole interfédéral à la Première.

Que faire si je suis convoqué prochainement ?

Si la balance bénéfices-risques penche donc toujours du côté du vaccin AstraZeneca, l’annonce de l’EMA et devrait avoir des impacts sur la suite de la campagne. Si vous avez 55 ans ou moins et que vous êtes convoqués dans les prochains jours, plusieurs scénarios. Si « le délai est suffisant », il est possible de modifier son rendez-vous pour se voir « proposer un autre vaccin » a expliqué au Soir Sabine Stordeur, coresponsable de la task force vaccination.

Dans le cas contraire, il faudra se rendre comme prévu au rendez-vous, et constater si votre centre de vaccination dispose d’un autre vaccin, afin d’échanger. « S’il n’y a pas d’autres vaccins dans ce centre, la personne se verra proposer un autre rendez-vous dans un autre centre pour le bon vaccin ». De quoi présager quelques complications organisationnelles, même si la campagne de vaccination reste pour l’instant focalisée sur les +65 ans et les personnes avec comorbidités.

Et la deuxième dose ?

Pour les personnes ayant déjà reçu la première dose AstraZeneca et attendant la deuxième, la marche à suivre n’est pas encore arrêtée. Mais vu les délais requis entre les deux injections (12 semaines), il reste un peu de marge aux autorités avant de trancher. Sur les 500.000 premières doses administrées avec ce vaccin en Belgique, environ 40% l’ont été à des personnes de moins de 56 ans, a calculé Sabine Stordeur dans les colonnes de l’Écho. Soit, à la grosse louche, 200.000 personnes concernées.

« Pour le moment, toutes les options sont encore sur la table. Soit on donne une seconde dose d’AstraZeneca, soit on administre une dose d’un autre vaccin, soit encore on se limite à une seule dose de vaccin. Des études sont en cours dans d’autres pays, par exemple sur la combinaison AstraZeneca et Pfizer. On attend les résultats » a expliqué à la Libre un porte-parole du ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke.

Nouveaux retards

Du côté des autorités sanitaires, on se veut rassurant. « Au pire, si la décision de ne plus administrer l’AstraZeneca aux moins de 55 ans est définitive, le retard sur la campagne de vaccination sera de trois semaines, a pronostiqué Sabine Stordeur dans Le Soir. Cela signifie qu’au lieu d’atteindre les 70 % d’adultes de plus de 18 ans vaccinés avec une première dose d’ici la mi-juillet, nous l’atteindrions la première semaine d’août. Si nous avions limité aux moins de 60 ans, ce retard aurait été de quatre semaines ». Sur la Première, Yves Van Laethem évoquait lui un retard « d’une ou deux semaines ».

Et les restrictions sur le vaccin AstraZeneca pourraient également être en partie compensées par l’arrivée prochaine de nouvelles livraisons. Johnson & Johnson doit livrer 76.000 doses de son vaccin à Belgique, à partir de la semaine prochaine.

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