AstraZeneca : le vaccin finalement réservé aux plus de 55 ans

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Plusieurs pays avaient déjà suspendu son administration. En Belgique, les ministres de la santé ont décidé mercredi soir de réserver le vaccin controversé aux personnes âgées de minimum 56 ans. Dans l’après-midi, l'Agence européenne des médicaments a confirmé un lien entre le vaccin AstraZeneca et la formation de caillots sanguins très rares.

Sur le papier, il présentait deux avantages non négligeables, par rapport à ses concurrents Pfizer/BioNTech et Moderna : son prix, très bas (2,9 euros la dose) et sa technologie, classique et donc plus facile à gérer sur le plan logistique. Pourtant, depuis le lancement de la campagne de vaccination à l’échelle européenne, le sérum d’AstraZeneca est sur la sellette. Il y a d’abord eu les retards de livraison concédés par la firme anglo-suédoise. Puis le doute, à la mi-mars : le vaccin est-il à l’origine de la formation de caillots sanguins, menant à certains types rares de thromboses ? Presque partout en Europe, on décide alors de suspendre la vaccination avec AstraZeneca, le temps de vérifier. La Belgique, elle, maintient le cap. Finalement, l’Agence européenne des médicaments (EMA) et de l’OMS rassurent : le vaccin est efficace et sûr. Donc, fausse alerte ?

C’est justement là toute la question. Depuis la semaine dernière, plusieurs pays ont quand même décidé de ne plus administrer « l’» AstraZeneca en-dessous d’un certain âge. Par précaution, son usage est suspendu pour les moins de 60 ans, en Allemagne et aux Pays-Bas ; en France ou au Canada, pour les moins de 55 ans. La Norvège et le Danemark ont carrément décidé de ne plus du tout l’utiliser, jusqu’à nouvel ordre.

La position Belge a également évolué. Après plusieurs discussions en conférence interministérielle, les différents ministres de la Santé ont finalement décidé de restreindre l’utilisation du vaccin AstraZeneca. Durant les quatre prochaines semaines, la Belgique n’administrera ce vaccin qu’aux personnes âgées de 56 ans et plus. La plupart des cas de thromboses observés après l’injection se sont en effet produits chez des femmes de moins de 60 ans (un phénomène qui reste toutefois extrêmement rare).

Mettre en balance les risques et les bénéfices

Dans l’après-midi, l’Agence européenne des médicaments (EMA) a déjà tenu un briefing sur le vaccin AstraZeneca et ses potentiels effets secondaires graves. L’EMA, qui avait envoyé des signaux contradictoires ces dernières vingt-quatre heures. « Il est clair qu’il y a un lien avec le vaccin », affirmait d’abord le responsable de la stratégie sur les vaccins de l’Agence, Marco Cavaleri, à un quotidien italien. « Aucun lien de causalité n’est prouvé, mais il est possible et des analyses supplémentaires sont en cours », a ensuite rétropédalé l’EMA.

Avant un nouveau 180°, et de finalement concéder, mercredi après-midi, que les caillots sanguins devraient bien être répertoriés comme effet secondaire « très rare » du vaccin AstraZeneca contre le Covid-19. L'EMA a établi « un lien possible avec de très rares cas de caillots sanguins inhabituels avec des plaquettes sanguines basses », a déclaré l'agence dans un communiqué, indiquant toutefois que la balance bénéfice/risque reste « positive ». Le risque de développer une thrombose suite à l'injection doit en effet être mis en balance avec celui de mourir ou de souffrir d'une forme grave du Covid.« Les bénéfices du vaccin AstraZeneca dans la prévention du Covid-19, qui entraîne des hospitalisations et des morts, l’emportent sur les risques d’effets secondaires », insistait déjà l’EMA ce mardi.

Un lien entre le vaccin anti-Covid d’AstraZeneca et l’apparition d’une forme rare de caillots sanguins est « plausible mais non confirmé », a indiqué dans la soirée l’Organisation mondiale de la santé (OMS). « Des études spécialisées sont nécessaires pour comprendre pleinement la relation potentielle entre la vaccination et de possibles facteurs de risque » a souligné l’OMS.

Selon les derniers chiffres disponibles, 62 cas de thromboses cérébrales ont été recensés dans le monde. Dont 44 sur le Vieux Continent, pour 9,2 millions de doses injectées. Quatorze décès ont été enregistrés, sans pouvoir toujours être imputables définitivement à ces cas de thromboses atypiques.

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