Aux soins intensifs, les parents ont remplacé les grands-parents

Des soignants s'occupent d'un malade du Covid à l'unité de soins intensifs de l'hôpital d'Etterbeek-Ixelles. (AFP)
Des soignants s'occupent d'un malade du Covid à l'unité de soins intensifs de l'hôpital d'Etterbeek-Ixelles. (AFP)
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Dans les hôpitaux, cette troisième vague pèse fortement sur le personnel infirmier, qui voit la moyenne d'âge des patients Covid baisser.

En Belgique, la moyenne d'âge des patients Covid en soins intensifs a baissé: "nous n'avons plus les grands-parents, plutôt les parents, de 40, 50 ou 60 ans", a souligné mardi un infirmier, alors que la pression sur le système hospitalier s'accroît.

Dans un témoignage à l'AFP, Nicolas Ottermans a expliqué que, conformément au mot d'ordre national, l'hôpital qui l'emploie à Bruxelles devait désormais réserver 60% de ses lits en unités de soins intensifs (USI) à des malades du coronavirus.

Concrètement, l'hôpital Iris-Sud d'Ixelles doit réserver 15 de ses 23 lits en USI à la pandémie, a précisé l'infirmier en chef du service. Cela oblige à déprogrammer des interventions liées à d'autres pathologies.

Mardi, les autorités sanitaires recensaient 3.053 personnes hospitalisées en raison de la pandémie, dont 865 en soins intensifs, un chiffre qui a doublé en un mois.

"Au rythme actuel nous aurons atteint le seuil de 1.000 patients aux soins intensifs dans une semaine", a déclaré en conférence de presse le virologue Steven Van Gucht, porte-parole des autorités pour cette crise.

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Une troisième vague "compliquée"

Cette fois, la vaccination, entamée début janvier, protège davantage les seniors. Le taux de décès est moins élevé que lors de la première vague, car les malades, moins âgés, sont plus résistants, a expliqué Nicolas Ottermans.

Toutefois "leur durée de séjour (en soins intensifs) est un peu plus longue", a-t-il souligné, ce qui pèse sur les équipes soignantes.

"Nous sommes fatigués. Cette troisième vague est vraiment compliquée", affirme l'infirmier.

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"On a eu l'espoir en janvier-février qu'on allait avoir seulement des petites vaguelettes, mais là, on est vraiment dans une 3e vague, non pas exponentielle, mais lourde, lente, qui traîne", déplore-t-il.

Si le chiffre moyen de nouvelles infections commence à diminuer (4.300 par jour recensées mardi, soit une baisse de 10% sur une semaine), l'effet ne devrait être perceptible dans les hôpitaux que dans plusieurs semaines, selon lui.

"On va encore être dans le rouge quatre à six semaines", a prédit M. Ottermans.

A la jeunesse qui souffre des restrictions de rassemblements (limités à quatre adultes maximum en extérieur), le soignant a voulu délivrer un message: "Attention ! Lors de la première vague, c'était les grands-parents qui étaient intubés, ventilés. Maintenant ce sont les parents. Ca serait vraiment idiot que les jeunes contaminent leurs parents".

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