Seaspiracy, le docu qui torpille la pêche industrielle

Seaspiracy va bouleverser votre vision de la pêche. - Netflix
Seaspiracy va bouleverser votre vision de la pêche. - Netflix
Teaser

Produit par la même équipe que Cowspiracy, le nouveau documentaire de Netflix dénonce sans détour l'impact catastrophique de l'industrie de la pêche. À ne pas regarder devant un plateau de sushis.

« Si vous avez peur de mourir, rentrez chez vous. » Si Seaspiracy commence comme un mauvais thriller, son contenu est plus que nécessaire. Dans ce documentaire sorti le 24 mars dernier sur Netflix, le réalisateur Ali Tabrizi nous emmène dans son combat pour sauver les océans - et par conséquent nous-mêmes, puisque ces derniers et les phytoplanctons qui y vivent produisent jusqu'à 85% de l'oxygène que nous respirons.

La pollution plastique est une menace incontestable pour l'environnement marin. Les images de baleines échouées avec des dizaines de kilos de plastique dans le corps en sont la preuve. Pourtant, selon Seaspiracy, le nœud du problème est moins les pailles en plastique, responsables de 0,03% de la pollution plastique, que la pêche, dont les filets et autres équipements forment 46% du vortex de déchets du Pacifique nord.

Blood shrimps

Du Japon à la France, en passant par la Scandinavie et l'Afrique, son enquête révèle les coulisses de ce secteur et la corruption à grande échelle contre laquelle se battent ceux qui défendent la vie marine. Beaucoup sont prêts à tout pour maintenir coûte que coûte ce marché qui vaut de l'or, quitte à maquiller la vérité pour la rendre désirable aux yeux des consommateurs. Ali Tabrizi remet ainsi en question certains labels de pêche durable, comme Dolphin Safe et Marine Stewardship Council, ou dénonce encore le vaste problème des « prises accessoires ».

En comparaison avec les « blood diamonds », le journaliste écologiste britannique George Monbiot évoque également le terrible impact humain de ce marché. En Thaïlande, par exemple, la pêche aux crevettes va de pair avec l'esclavage. Seaspiracy est parti à la rencontre de ces victimes. L'un d'entre eux a passé plus de dix ans sur un bateau, durant lesquels il a vu des hommes vivants jetés par-dessus bord pour qu'ils se noient, tandis qu'un autre raconte les maltraitances qu'il a subies et les corps de ceux qui étaient tués conservés dans des congélateurs à bord de leur navire.  

Un docu qui dérange

Éclairant à de nombreux points de vue, le documentaire n'a pas rencontré que des critiques positives. Plusieurs experts et organisations, dont les labels visés par le cinéaste, ont accusé celui-ci de partager des « affirmations trompeuses », en utilisant des entretiens hors contexte et des statistiques erronées.

Malgré ces commentaires, le fond du problème est vrai: la pêche menace nos océans. Peut-on dès lors continuer à consommer du poisson et des fruits de mer, tant d'un point de vue environnemental qu'éthique ? Pour Ali Tabrizi, la réponse est claire : non.

Plus de Aucun nom

Les plus lus

Notre Selection