Un an de Covid: voici les zones les plus touchées en Belgique

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La maladie a frappé de façon très différente le nord et le sud du pays. Des nuances notables ont également été constatées entre les différentes provinces wallonnes.

Cela fait maintenant un peu plus d’un an que la Belgique fait face à la crise sanitaire et le bilan est lourd. À dater du 30 mars 2021, 22.921 personnes sont décédées du Covid dans le pays et 856.624 cas de coronavirus ont été rapportés. Autrement dit, 0,2% de la population belge est morte du Covid-19 depuis mars 2020, malgré les confinements successifs. Pas étonnant dès lors que l’UCLouvain ait relevé une surmortalité importante en 2020: +17% par rapport à la moyenne des années 2016-2019. Un record depuis la Seconde Guerre mondiale! Cette hausse atteint même les 40% si on isole les périodes de vagues. Les cartes montrent aussi que l’épidémie n’a toutefois pas touché la Belgique de façon homogène. Des écarts importants existent entre les différentes régions et sous-régions du pays.

Plus de cas chez les francophones

Les chiffres de Sciensano permettent d’abord d’établir une géographie précise des cas de Covid-19. Premier constat: la Flandre est bien plus épargnée que la Wallonie, même si au début de la crise, c’est dans le Limbourg que les premiers foyers importants ont été constatés. L’incidence est de 50 à 65 cas pour 1.000 habitants dans les provinces flamandes. Au sud, cela va de 82 pour le Brabant wallon à 100 pour Liège. Bruxelles fait également pâle figure avec une incidence de 89.

 

À plus petite échelle, des écarts considérables existent également au sein des provinces. En nombre de cas confirmés, forcément, les grandes villes ressortent très bien sur la carte. Mais en pondérant par 1.000 habitants, le constat est assez différent. Si la province de Liège est la plus touchée du pays par exemple, c’est plus le fait de l’est de son territoire que de l’ouest. Une zone particulièrement concernée est celle autour de Thimister-Clermont, Aubel et Herve, suivie par la région de Malmedy (paradoxalement, les communes voisines d’Eupen et Raeren sont parmi les communes les plus épargnées de Wallonie).

Dans le Hainaut, il y a eu deux foyers: la zone entre Charleroi et Mons (surtout à Binche) et au nord de Tournai (à Pecq notamment). Dans le Luxembourg, Tellin arrive en tête alors que dans le Brabant wallon, c’est Walhain qui est plus concerné. À Namur, c’est plus diffus. Dans la capitale, l’ouest ressort plus que les quartiers riches du sud-est, relativement épargnés. Enfin, en Flandre, l’ouest de la région est plus touché, notamment en Flandre occidentale (hormis la côte). La différence est également flagrante entre les deux moitiés du Brabant flamand, sa partie ouest (près de Bruxelles) étant bien plus concernée par le Covid-19 que l’est, qui brille par sa faible incidence, la plus basse de tout le pays.Incidence du Covid-19 dans les communes belges pour 1.000 habitants @Sciensano

Mons, Bruxelles et l’est de la Belgique meurtris par la première vague

Les chiffres des cas de Covid-19 donnent une idée de la situation générale mais ils ont un défaut: ils dépendent de la manière dont sont faits les tests. Cela veut dire qu’ils sont liés à leur disponibilité et à leur utilisation à tel ou tel endroit. Ces données ne sont donc pas parfaites, et il vaut mieux regarder aussi aux décès pour avoir un meilleur panorama de l’épidémie.

En étudiant la surmortalité en 2020, le Centre de recherche en démographie de l’UCLouvain a remarqué que là aussi, il y a des différences notables entre régions. Globalement, la principale victime de la première vague, c’est Bruxelles, puis pour la deuxième, c’est la Wallonie. La Flandre est quant à elle à nouveau plus ou moins épargnée.

À un niveau plus local, les chercheurs ont établi la carte de la surmortalité pour la première vague (disponible via ce lien ; il manque encore les données pour la deuxième). On y retrouve en évidence la région de Malmedy et une bonne partie de la province de Liège ainsi que l’ouest de Bruxelles, comme pour les contaminations. Mais pour le reste, il y a des différences. Dans le Hainaut, c’est cette fois l’arrondissement de Mons qui est clairement touché, surtout dans sa partie proche de la frontière française (vers Dour). Il y a également des foyers secondaires: le nord du Brabant wallon et de la province de Namur, le sud de l’Entre-Sambre-et-Meuse et l’arrondissement de Neufchâteau (surtout vers Bouillon). En Flandre, le Limbourg est clairement plus touché, au point de faire de la concurrence avec les zones les plus meurtries de la Wallonie. Reste les territoires qui échappent le plus à la surmortalité. En Wallonie, il s’agit du Tournaisis, de l’arrondissement de Dinant et du sud-est de la province de Luxembourg. En Flandre, plus on va à l’ouest, mieux c’est.

Les chercheurs expliquent parfois difficilement ces différences locales. À Bruxelles, la densité de population est clairement en cause, mais pour Mons et l’est de la Belgique, la raison est difficile à trouver. Est-ce lié aux premiers clusters belges qui se seraient développés là où ils sont apparus, sans trop s’éparpiller? Impossible de le dire. L’étude conclut en affirmant qu’il faudra faire d‘autres recherches pour déterminer l’explication du phénomène.

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