À l’arrêt, le secteur Horeca ne se laisse pas marcher sur les pieds

Payer pour de la musique non diffusée ? Une redevance qui passe mal. (Crédit: Xinhua)
Payer pour de la musique non diffusée ? Une redevance qui passe mal. (Crédit: Xinhua)
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Payer une redevance annuelle à la Sabam pour la musique diffusée en 2020 ? Une taxe qui passe mal auprès de la Fédération Horeca et du SNI, qui comptent aller en justice. Sur la Côte, le bourgmestre de Middelkerke, lui, compte autoriser les restaurants et cafés de sa commune à ouvrir leurs terrasses dès cette semaine. 

Ils demandaient des perspectives depuis longtemps, ils en ont désormais : les gérants de restaurants et bars savent qu’ils devraient pouvoir rouvrir en mai, si le plan du gouvernement se déroule sans accroc en tout cas. Si c’est le cas, le secteur aura été à l’arrêt durant un peu plus de 6 mois, une demi-année sans travailler donc. Sans compter le premier confinement.

La situation est donc plutôt rude pour tous ces indépendants, tant sur le plan financier que moral. En effet, pour beaucoup, en plus d’une profession, il s’agit aussi d’une passion. Impossible pour eux de s’adonner à leur activité préférée.

L’Horeca espère donc qu’il sera soutenu par le Gouvernement mais aussi par la clientèle dès la reprise. Parce que, dernièrement, les patrons de ces établissements ont eu une mauvaise surprise. La SABAM, la Société belge des auteurs, compositeurs et éditeurs, et Unisono, sa division qui gère la perception des droits d’auteur, ont réclamé une redevance annuelle quasi-complète pour 2020 à tous les bars et restaurants qui ont l’habitude de diffuser de la musique.
Personne ne nie l’importance d’une telle taxe, mais le fait de devoir payer le montant habituel en n’étant resté ouvert que 8 mois passe plutôt mal. Le secteur ne compte d’ailleurs pas se laisser faire.

La Fédération Horeca-Bruxelles et le Syndicat Neutre pour Indépendant ont annoncé lancer ensemble une action en justice contre Unisono. « Nous voulons qu’il y ait un accord sur le principe de dire : 'on ne paie que ce que l’on consomme' », a expliqué Christophe Wambersie, secrétaire général Wallonie-Bruxelles du SNI à la RTBF. « Autrement dit, si vous êtes ouverts huit mois sur douze, vous payez huit mois sur douze de diffusion de musique, et a contrario, nous n’avons pas à payer le nombre de mois fermés. Et pour l’instant, il n’y a pas d’accord sur ce principe. »

Etonnés par une telle démarche, la Sabam et Unisono aimeraient plutôt recourir à la discussion. « Nous sommes en dialogue avec les différentes fédérations professionnelles, et également en concertation avec le gouvernement concernant une compensation pour la perte en droits d’auteur et droits voisins. Nous préférons donc à ce stade laisser toute la place nécessaire au dialogue et à la concertation afin de trouver les solutions les plus viables pour tous les secteurs », a détaillé la plateforme dans un communiqué. A noter qu’en guise de geste de soutien, Unisono avait « offert » un mois de diffusion de musique gratuit à tous les établissements concernés. Un cadeau qui semble un peu léger pour l’Horeca.

Des terrasses sur la digue

Ailleurs, c’est carrément aux mesures gouvernementales que l’Horeca devrait bientôt s’opposer. Sur la Côte, à Middelkerke, le bourgmestre Jean-Marie Dedecker ne comprend pas que le service en terrasse ne soit pas déjà autorisé à cette époque. Il a donc décidé d’autoriser tous les gérants de sa commune à déployer tables et chaises en extérieur dès cette semaine. Idem pour les bars de plage, qu’il autorisera à ouvrir.

Jean-Marie Dedecker. (Belga)

Jean-Marie Dedecker. (Belga)

C’est en tout cas ce qu’il a déclaré dans l’émission de De Zevende Dag de la VRT. Selon lui, ne pas laisser restaurants et cafés travailler durant les vacances de Pâques, après avoir déjà sacrifié les précédentes, c’est impensable.

Quant aux conséquences, elles ne semblent pas l'inquiéter. Il compte même convier le ministre-président flamand, Jan Jambon et le Premier ministre Alexander De Croo pour une promenade sur la digue afin qu’ils puissent se rendre compte de la situation dans sa commune. « Ils pourront alors voir à quel point il est absurde que les gens puissent venir jusqu’ici dans des trains bondés, s’entasser comme des sardines dans le tram de la Côte, souffler un peu sur un banc non-désinfecté, sans pouvoir pour autant se reposer sur la chaise désinfectée d’une terrasse, ou le siège d’un bar de plage », a-t-il précisé. 

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