Vers un « passeport vert » européen pour voyager ?

La présidente de la Commission européenne Ursula Von Der Leyen - Reuters
La présidente de la Commission européenne Ursula Von Der Leyen - Reuters
Teaser

La Commission européenne présentera ce mois-ci un « passeport vert » numérique pour voyager plus librement, alors que ce projet divise les Vingt-Sept.

Ne dites plus « passeport vaccinal », mais « passeport vert numérique ». La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a annoncé ce lundi la présentation d'un projet en mars visant à « faciliter la vie des Européens », afin de « leur permettre progressivement de se déplacer en toute sécurité dans l'UE ou à l'étranger, pour le travail ou le tourisme ».

Cette annonce a de quoi surprendre puisque à la mi-février l'Allemande jugeait encore ce débat « prématuré », compte tenu de la lenteur des campagnes de vaccination. Le 21 janvier, lors du précédent sommet européen, elle avait même pointé les interrogations scientifiques qui restaient à régler, appelant ainsi la prudence. Plus d'un mois plus tard, on ne sait toujours pas si les vaccins empêchent d'être contagieux ou combien de temps dure leur efficacité.

Pas seulement pour les personnes vaccinées

C'est d'ailleurs notamment pour ces raisons que le « Digital Green Pass » proposé par la Commission européenne ne s'adresse pas seulement aux personnes vaccinées. Ce document devrait également se baser sur « les résultats de tests PCR pour celles et ceux qui n'ont pas encore eu l'opportunité de se faire vacciner » ou sur « des informations sur le rétablissement d’un Covid-19 », a précisé Ursula von der Leyen sur Twitter, tentant de faire taire les critiques sur le caractère discriminatoire d'un tel projet. À l'heure actuelle, seuls 6% des Européens sont vaccinés.  

En d'autres termes, outre la vaccination et les tests, ce certificat pourrait indiquer si une personne peut être considérée « comme immunisée en raison de sa situation sanitaire ou de la présence d'anticorps », a précisé lundi un porte-parole de la Commission.

Une Europe divisée

Malgré ce changement, l'idée d'un passeport vert ou vaccinal divise toujours les Etats membres de l'UE. Les pays du sud, comme la Grèce, l'Espagne et Chypre, y sont favorables, ou ont déjà sauté le pas, désireux de sauver leur saison estivale. Le Danemark et la Suède, aussi. L'Allemagne et la France s'y sont montrés plus réticents, craignant pour la protection des données et que la mise en place d’un tel certificat soit assimilée à une obligation de se faire vacciner.

Pour la Belgique, la confusion entre certificat standardisé et passeport est problématique. « L'idée d’un système européen standardisé qui permet à chaque individu de rassembler, sur un même document digital (certificat), des informations relatives à sa vaccination, à ses tests, etc. est bonne », a réagi la ministre des Affaires étrangères Sophie Wilmès, suite à l'annonce de la Commission européenne. « Toutefois, dans la proposition de Mme Von der Leyen, la notion de "pass" porte à confusion par rapport à l’objectif que doit poursuivre ce certificat », a-t-elle nuancé.

L'idée progresse… rapidement

La Commission européenne souhaite une approche commune et rapide, afin de mettre en place ce pass pour cet été, mais aussi pour éviter de laisser le champ libre au secteur privé de développer une interface, vu la sensibilité des données médicales concernées. Dans ce contexte où les compagnies aériennes sont également à la manœuvre, les Vingt-Sept sont convenus d'avancer, même si la plupart des questions soulevées il y a un mois restent entières. Le système « respectera la protection, la sécurité et le caractère privé des données personnelles », a toutefois promis Ursula von der Leyen.

Le 17 mars prochain, l'institution européenne communiquera sur les voyages et les levées des restrictions, et donc de ce fameux passeport vert numérique.

Sur le même sujet

Plus de Aucun nom

Les plus lus

Notre Selection