Bienvenue en écotourisme

@Emilien Hofman
@Emilien Hofman
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Alternative aux séjours à la mer et aux excursions connues en cette période de confinement, une agence d’écotourisme explore le concept d’itinérance et imagine des trips - à pied, en train, à vélo - pour découvrir la Wallonie autrement.

Ouzbékistan, Éthiopie, Inde… Pendant dix ans, Estelle Nicolay et Fabian Pirard ont parcouru le monde. En avion. Et puis, ils ont se sont posé la question de leur empreinte touristique et écologique et ont opté pour l’itinérance. En train. Un après-midi en Allemagne, une nuit vers l’Autriche… “On a acquis une certaine expérience pratique et beaucoup de nos amis nous ont demandé des infos et des conseils pour faire la même chose, explique Fabian Pirard. On a décidé de monter une start-up, Rail Trip, spécialisée dans l’organisation de voyages ferroviaires en Europe.” En 2020, face à l’épidémie, Estelle et Fabian ont rebondi en créant Wallonie.Travel qui monte des voyages en créant une itinérance de plusieurs jours et en proposant un package qui inclut billets de train, logement et parfois nourriture. La consigne? La voiture ne doit pas quitter la maison. “On a trois enfants en bas âge et pas vraiment le temps ni l’énergie de faire des recherches. On a fait entièrement confiance à Estelle et Fabian”, témoigne Nicolas qui a tenté l’expérience avec sa compagne l’été dernier. Quelques jours avant leur départ, ils ont reçu un road book leur indiquant toutes les étapes à suivre au jour le jour. “Je n’avais plus qu’à sortir les vélos du garage, se réjouit Nicolas. Nous avions entre 15 et 30 kilomètres à parcourir au quotidien et on dormait au minimum deux nuits au même endroit, histoire d’avoir une journée entière sur place.” La famille a suivi un itinéraire basé sur la méthode des points-noeuds et qu’Estelle avait adapté pour éviter certains passages caillouteux ou en montée. Ce genre de voyages itinérants comporte l’un ou l’autre inconvénient, la limitation des chargements des vélos en est un, notamment pour la nourriture. “Par définition, le slow tourisme n’a pas d’horaire et il nous est arrivé de débarquer au gîte vers 20 h un dimanche. C’est un peu plus compliqué de trouver un magasin ouvert pour cuisiner.” Informés, Estelle et Fabian envisagent de proposer une alternative en faisant livrer un panier de vivres directement au gîte… En revanche, ils ne pourront rien faire sur le mariage - pas évident - entre vélos et trains, tantôt trop remplis pour accueillir les bécanes, tantôt arrêtés dans des gares peu adaptées.

Chez Christine, Marie, Edwin

Lancé il y a près d’un an, www.wallonie.travel développe principalement son activité autour de cinq lignes de chemin de fer et une dizaine d’itinéraires personnalisables en fonction de la demande. Une belle manière de s’approprier une région en profondeur. “Comme on va en Vendée, en Charente-Maritime ou en Bretagne, on veut que les gens visitent la Picardie, le Condroz ou la Gaume. Ça donne une perspective différente et une autre façon d’appréhender le territoire.” En parallèle à l’itinérance verte, l’autre aspect important de l’agence d’écotourisme est la rencontre. Un porteur de Géant à Ath, un graffeur à Charleroi, un pêcheur à la mouche voisin de l’Ourthe - l’idée est de discuter avec des gens qui incarnent leur région. “On n’envoie pas nos clients dans un AirBnB, prévient Fabien. On les envoie chez Christine, Marie, Edwin, des gens qu’on connaît, dont on a apprécié l’accueil.” Michaël Bonnet est de ceux-là. Depuis 30 ans, il retape la Chapelle de Verre, un ancien édifice religieux notamment reconverti en gîte à Fauquez, près de Ronquières. “Ça fait longtemps que je privilégie les voyageurs de proximité, témoigne le Hennuyer. L’empreinte écologique, c’est important, et puis c’est très agréable, varié et sécurisé de circuler le long du canal du Centre, dont la Chapelle n’est distante que de 300 mètres, même s’il faut se farcir une petite côte.” Michaël en est persuadé: une fois cernés par le Covid, les Belges ont montré peu d’inventivité en termes touristiques en se rendant dans les Ardennes ou à la Côte, “masqués et entassés les uns sur les autres”. Le projet Wallonie.travel “permet d’ouvrir les yeux sur d’autres lieux qui valent la peine”. Estelle et Fabian ne visent pas un public de backpackers - “ils savent se débrouiller seuls” - mais celui qui a besoin de quelques astuces et est d’accord de payer un peu plus pour cela. “Proposer à des clients d’aller visiter les trois principaux musées de Liège et de dormir en ville n’amène pas de plus-value. Trouver quelqu’un qui va expliquer la Cité ardente différemment et suivre un parcours personnalisé avec un logement insolite ou chez l’habitant, c’est ça notre philosophie.www.wallonie.travel


 

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