Nick Cave : que vaut « Carnage », son album surprise ?

Nick Cave & Warren Ellis
Nick Cave & Warren Ellis
Teaser

Associé au fidèle Warren Ellis, l’artiste australien publie ce jeudi Carnage, un dix-huitième disque studio particulièrement inspiré. Nous l’avons écouté.

Après avoir publié avant les Fêtes le live confiné “Idiot Prayer” sur lequel il revisitait son répertoire au piano dans une salle vide de l’Alexandra Palace de Londres, Nick Cave avait laissé entendre qu’il était temps “d’enregistrer un nouvel album studio”. Il a tenu parole. “Carnage”, qui est disponible sur les plateformes digitales depuis ce jeudi 25 février à 14hOO (il faudra attendre le 25 mai pour la version vinyle/CD) abrite huit chansons enregistrées avec Warren Ellis, le fidèle membre multi-instrumentiste des Bad Seeds avec qui il a déjà signé de nombreux soundtracks (Loin des Hommes, La route, Comanchera).

Brutal et magnifique

A la réponse d’une question d’un fan posée sur son site The Red Hand Files, l’artiste australien évoque “un album brutal, mais aussi un magnifique disque imbriqué dans une catastrophe communautaire”. Non seulement, il dit juste, mais cette description pourrait coller à quasi toute son œuvre. Moins mélancolique dans le propos que le plombant “Ghosteen” (2019), “Carnage” est aussi plus lumineux dans son ton.

D’humeur vagabonde

Sommet de l’album, la plage titulaire décrit ainsi un narrateur “assis au balcon pour lire Flannery O’Connor, le stylo à la main” qui s’abandonne dans un état d’extase. “C’est seulement l’amour”, rassure-t-il sur le refrain. Ailleurs, il est question d’un fils prodigue, d’une main de dieu ou encore d’un sculpteur qui devient “la Venus de Milo avec un pénis”. D’humeur vagabonde, Nick Cave cite aussi le cultissime artiste Isaac Hayes (il évoque son classique The Time I Get The Phoenix) et prend les traits d’un aventurier utopiste voyageant “dans un pays où l’on peut perdre son esprit”.

Piano, guitares et électro

Voix de crooner, piano et cordes dominent toujours, mais on apprécie aussi les chœurs gospel sur White Elephant, les guitares rock flirtant avec le violon de Warren Ellis sur Old Time et le traitement électro qui sublime Hand Of God, brûlot blues placé judicieusement en ouverture. Si on regrette l’annulation d son concert prévu juin au Sportpaleis d’Anvers et sa décision, pourtant logique, de ne pas tourner en 2021, on ne peut que saluer sa créativité. De loin, ce qu’il a fait de mieux depuis “Push The Sky Away” en 2013.

Nick Cave & Warren Ellis, Carnage, Goliath Records/V2

Carnage Nick Cave

 

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