Le bois de la Cambre, bondé ce dimanche : "Impossible de verbaliser"

©belgaimage-173370531/ le bois de la Cambre à Bruxelles, le 21 février.
©belgaimage-173370531/ le bois de la Cambre à Bruxelles, le 21 février.
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Avec le beau temps, les espaces verts bruxellois ont eu un gros succès ce week-end. Au bois de la Cambre et dans le parc du Cinquantenaire, la police a constaté dimanche de nombreux manquements aux règles sanitaires. Du côté des experts, on note une baisse dans l’adhésion aux mesures.

Face aux températures printanières de ce week-end, les gestes barrières et autres mesures sanitaires ont eu beaucoup de mal à faire le poids. Au bois de la Cambre, les pelouses ont été prises d’assaut ce dimanche (selon la DH, un bon millier de personnes ont convergé vers le poumon vert de Bruxelles). Avec, bien souvent, le masque dans la poche plutôt que sur le visage, et une interprétation assez souple du concept de bulle sociale. Musique et boissons fraiches étaient de la partie sur la plaine, tandis qu’une parade de cyclistes et de « trottinettistes » réclamait au son des tambours un assouplissement des mesures.

Dans les espaces verts bruxellois, beaucoup de « gens [étaient] sans masque », a ainsi observé la zone de police Bruxelles Capitale/Ixelles. Aucune amende n’a été dressée. « La police veille mais ne peut pas être partout malgré le déploiement de patrouilles supplémentaires », a justifié à Belga Ilse Van de Keere, porte-parole de la zone. « Le bon sens et le dialogue sont nos lignes directrices. Il était impossible de verbaliser tous ceux qui ne respectaient pas les mesures ».

L’effet gouttelettes

Quel impact ce genre de rassemblements pourraient-ils avoir sur la propagation du virus ? Pour Yves Van Laethem, il ne faut pas s’attendre obligatoirement à un super-cluster « bois de la Cambre ». « C’est difficile de prédire si ces attroupements vont faire remonter le nombre de contaminations, mais oui, c’est une possibilité, note le porte-parole interfédéral « Covid ». Les images dans les parcs bruxellois de ce dimanche me rappellent un peu le débat qu’il y avait eu en juin, au moment de la manifestation Black Lives Matter. Après coup, on n’avait pas noté de hausse des contaminations. Ceci dit, la grande différence, c’est qu’ici pas mal de personnes ne portaient a priori pas de masque et ne respectaient clairement pas le 1,5M. Ok, c’était en extérieur, et avec l’effet du vent, les micro-aérosols se dispersent facilement. Mais il y a toujours l’effet des gouttelettes, des postillons qu’ont émet. Et celui-ci est déterminant sans distance physique ».

«C’est en tout cas un signal assez clair, poursuit l’infectiologue : une bonne partie de la population « en a marre ». Mais comment maintenir l’adhésion aux mesures, alors que les courbes épidémiologiques semblent bloquées sur un plateau ?

Wait and see

À l’approche du prochain comité de concertation (Codeco), prévu vendredi 26 février, de plus en plus de voix se font entendre pour entamer à plus ou moins brève échéance les déconfinements de plusieurs secteurs, comme la culture ou l’horeca. Jusqu’ici, le ministre de la Santé publique Frank Vandenbroucke (sp.a) a toujours réussi à imposer sa ligne. Dimanche, celui-ci a encore indiqué qu’il ne fallait pas attendre d’assouplissements notables lors du prochain Codeco. « D’ici à trois semaines, le variant britannique du coronavirus sera dominant en Belgique et nous pourrons évaluer à quel point il est contagieux », a-t-il dit au micro de VTM.

« Pour l’horeca, c’est en effet encore un peu trop tôt, appuie Yves Van Laethem. Ça n’aurait pas beaucoup de sens de rouvrir les terrasses par exemple, et que le beau temps s’en aille… En mars il peut encore faire froid en Belgique. Par contre, concernant la culture, je pense qu’il y a quelque chose à faire de ce côté-là, moyennant le respect de protocoles. Il faudra effectivement voir l’impact du variant britannique lorsqu’il sera devenu dominant. S’il y a une reprise claire de l’épidémie, alors à mon avis les gens comprendront l’importance de maintenir les mesures, conclut le spécialiste. Mais s’il n’y a pas de flambée, et qu’on reste comme maintenant dans une sorte d’entre-deux, l’adhésion risque de diminuer encore ».

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