La vaccination lentement mais sûrement

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Où en sommes-nous dans la stratégie de vaccination ? Tous les vaccins sont-ils bons à prendre ? L'Europe est-elle vraiment à la traîne ? On vous explique tout ce qu'il faut savoir.

La Belgique est dans les temps ! Voire même « légèrement en avance sur le calendrier de vaccination initial », assure la task force vaccination dans un communiqué. Depuis le 5 janvier, 365.000 vaccinations ont été effectuées chez nous. C'est peu, à l'échelle du pays. C'est moins de 1% de la population. Mais nous sommes dans les temps et dans le peloton européen.

A partir de cette semaine, la première dose du vaccin Pfizer sera administrée à 58.750 personnes et 4.600 personnes recevront la première dose du vaccin Moderna. Parallèlement, de nombreuses secondes doses seront administrées dans les maisons de repos et de soins. Après le personnel de santé et les résidents des maisons de repos (phase 1a), ce sera au tour des plus de 65 ans, des personnes à risque et des travailleurs sociaux de se faire vacciner (phase 1b, en mars et avril). Et puis, à partir de juin, le reste de la population (phase 2). L'ambition est que toute l'Europe soit vaccinée à la fin de l'été.

Bientôt, chaque citoyen belge recevra un courrier (par voie postale, mail ou sms) l'invitant à se faire vacciner contre le coronavirus avec les informations nécessaires (quand ? où ? qui?) Les autorités obtiendront vos coordonnées auprès des mutuelles, et ces convocations seront gérées par l'Aviq en Wallonie et par Iriscare en région bruxelloise. Bref, ça avance, pas exactement au pas de charge, mais de manière soutenue. L'idée est de maintenir le rythme de vaccination à 60.000 personnes par semaine environ.

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L'Europe est-elle en retard ?

Beaucoup de critiques ont été émises à l'encontre de l'Union européenne quant à la stratégie de vaccination. Outre la saga AstraZeneca, c'est le retard qu'a pris l'Union sur les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, notamment, dans la vaccination de sa population qui est visé. En Angleterre, par exemple, 19% de la population aurait déjà reçu le vaccin contre seulement 1,5% de la population de l'Union européenne. Comment expliquer ce retard ?

Pour commencer, les chiffres sont trompeurs. Les 19% de Britanniques qui ont reçu le vaccin n'en ont reçu que la première dose. Ils sont donc loin d'être vaccinés. La stratégie est différente dans l'Union où on administre de manière plus rapprochée les deux doses qui permettent à une personne d'être vaccinée. Ainsi, en considérant l'administration de deux doses de vaccin, seuls 0,80% des Britanniques ont été vaccinés jusqu'ici. C'est moins que chez nous !

Pour autant, il est vrai que l'Union a pris du retard dans la commande des vaccins par rapport aux Britanniques. Il y a plusieurs raisons. La première est que l'Union est comme un diesel, c'est une machine lourde de 27 Etats qui met du temps à démarrer.

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Ensuite, si la Commission a passé ses commandes quelques semaines après les Etats-Unis et le Royaume Uni, c'est parce qu'elle a pris le temps de vérifier la qualité des vaccins et de négocier avec les Big Pharma. Américains et Anglais sont face à une pandémie qu'ils ne parviennent pas à contenir (les Américains n'ont jamais contenu la première vague...), ils se sont donc jetés sur les premières promesses de vaccin à l'aveugle et sans négocier les conditions. Résultat, ils paient donc plus cher et ont abandonné la protection des données personnelles de leurs citoyens ainsi que leur droit d'attaquer les Big Pharma en cas d'effets secondaires. L'Europe a pris plus de temps pour protéger ses citoyens (données personnelles et responsabilisation des laboratoires), baisser les prix d'achat et s'assurer autant que possible de l'efficacité des vaccins.

Enfin, la plupart des critiques envers la stratégie européenne vient d'Allemagne. Ce n'est pas un hasard. La fin de l'ère Merkel approche à grands pas (un vote a eu lieu pour élire son remplaçant à la tête du parti CDU tandis que les élections générales sont pour septembre). Or, toute critique de l'Europe revient à critiquer la chancelière. C'est cela aussi, la démocratie... D'autant que l'Allemagne  aurait effectivement pu se passer de l'accord européen sur l'achat des vaccins. Le laboratoire BioNTech étant allemand, la tentation de partir en solitaire plutôt que de jouer la solidarité européenne reste forte pour certains outre-Rhin. Mais la vérité, c'est que sans l'Europe, il aurait été quasiment impossible pour la Belgique et les autres petits pays du continent d'obtenir des vaccins aussi vite.

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Quelle est l'efficacité des vaccins ?

Après un mois de vaccination, il y a une bonne et une moins bonne nouvelle. La bonne, c'est que le vaccin Pfizer-BioNTech semble être efficace non seulement contre le virus « original », mais aussi contre les variants anglais et sud-africains (si on administre bien la deuxième dose). La mauvaise, c'est que le fameux vaccin AstraZeneca, en plus d'avoir des retards dans sa production, a aussi des effets secondaires notables.

Plusieurs médecins français ont relevé de forts syndromes grippaux forts après s'être vu administré le vaccin AstraZeneca. Fièvre élevée, courbatures, fatigue... qui les empêchent de travailler pendant au moins vingt-quatre heures. Il ne s'agit pas de cas isolés. Tout cela a été rapporté à l'agence française de sécurité des médicaments, qui va étudier la chose. Mais cela ne remet pas en question l'efficacité du vaccin contre le Covid. 

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