Zéro gaspillage

@Adobe
@Adobe
Teaser

Lancé par Béa Johnson, le mouvement zéro déchet séduit de plus en plus de consommateurs en quête d’un mode de vie plus simple et plus sain. La cuisine est l’endroit idéal pour entamer ce changement. On peut rapidement y acquérir de nouveaux réflexes pour faire maigrir la poubelle.

Cuisiner zéro déchet, ce n’est pas uniquement faire ses courses en vrac, accommoder les restes, ou consommer ses légumes dans leur entièreté. C’est aussi prendre en considération les pertes à chaque étape du processus de production alimentaire. Les ménages américains jettent en moyenne 2.000 euros de nourriture non consommée par an. Les gaspillages alimentaires des restaurants, supermarchés, producteurs locaux tous confondus se chiffrent en billions. S’offrir une perspective zéro déchet est un vaste projet et la cuisine étant un endroit névralgique de notre consommation quotidienne, le meilleur axe de démarrage. C’est aussi un des lieux où, happés par la course effrénée de notre mode de vie moderne, nous avons pris l’habitude de gaspiller quantité de ressources. La première chose et la plus évidente est de faire le choix d’acheter en vrac. Les emballages alimentaires représentent 85 % des emballages jetés par les ménages. Les magasins de vrac de Wallonie et Bruxelles, encore rares il y a quelques années, se sont multipliés comme des petits pains depuis l’ouverture du premier, en 2014. Vous trouvez sur Internet des sites qui reprennent des listes d’adresses des shops surfant sur cette vague (ecoconso.be). Limiter les déchets peut se faire via les groupes d’achat en commun, les GAC. Faire partie d’un GAC, c’est faire le choix de l’alternative à la grande distribution. Le GAC rassemble plusieurs ménages qui optent pour des produits de qualité auprès de producteurs et transformateurs locaux. L’essentiel des commandes concerne des produits de consommation courante comme le pain, les produits laitiers, les fruits et légumes, la viande, etc. Les “gaqueurs” acceptent donc une formule basée sur une démarche dynamique et collective qui renoue avec une logique de circuits courts. On trouve un recensement des différents GAC sur la carte du Réseau des consommateurs responsables (www.asblrcr.be). Acheter sur les marchés, qu’ils soient traditionnels, bio ou du terroir, est également une voie à redécouvrir. On trouve généralement la liste des marchés locaux sur le site de son administration communale. Le Bottin de Nature et Progrès reprend aussi une liste des marchés bio par provinces. Consommer bio est plus cher, c’est une réalité, mais vous permet de consommer l’entièreté du produit. Vous ne devez plus éplucher les végétaux, ce qui permet un gain de temps et un gain de matière consommable. Beaucoup de parties méconnues des végétaux peuvent se manger: la peau, l’écorce, le trognon, les pépins, le noyau, les côtes, les tiges, les cosses et les fanes de la plupart de nos fruits et légumes sont généralement comestibles. Il existe quantité de façons de les accommoder en cuisine, mais aussi de les utiliser dans d’autres domaines (des noyaux de cerises en billes de drainage dans les pots de fleurs en passant par les pépins de melon à donner à manger aux petits oiseaux).

Contenants récupérables

N’hésitez pas non plus à investir dans des contenants récupérables. Acheter, conserver et transporter la nourriture dans des contenants Récupérables est un des piliers du zéro déchet. Au magasin, demandez au vendeur s’il veut bien emballer vos achats dans les pots, sacs et autres contenants que vous apportez. Ils sont de plus en plus nombreux à adhérer à cette démarche, qui leur permet aussi de faire des économies. Un bon nombre de nos repas se prennent à l’extérieur. Vive les bentos, boîtes à tartines et wraps qui évitent d’utiliser et jeter des films plastique ou de l’aluminium. Pas besoin de film plastique non plus pour conserver les restes de nourriture au réfrigérateur ou au congélateur: un Tupperware et son couvercle ou une assiette posée sur un saladier suffisent à protéger les aliments. À tester, aussi, pour remplacer les emballages uniques, le wrap de cire d’abeille, à acheter tout fait en magasin bio ou sur Internet, ou à réaliser soi-même: couper pour cela un tissu de la grandeur de votre plaque de four, le placer sur la plaque de four préalablement garnie de papier cuisson, saupoudrer généreusement toute la surface du textile de cire d’abeille, enfourner à 80°, puis décoller délicatement et laisser refroidir quelques minutes sur un étendoir. C’est prêt! Ce film peut être rincé à l’eau tiède et séché entre chaque utilisation.

Les économies du quotidien

Cuisiner zéro déchet, c’est consacrer un peu plus de temps à ce pan de la vie pour diminuer son impact environnemental et ses dépenses personnelles. Quand c’est réfléchi, c’est un win-win complet. Le fond de volaille ou de poisson est un exemple simple et parlant. Quand vous mangez du poulet, récupérez la carcasse ou les os. Faites-les frémir pendant deux heures dans une grande casserole remplie d’eau avec les légumes ou épluchures de votre choix et ce qui passe devant vos yeux: un morceau de gingembre, de citron, un reste d’herbes, de l’ail et de l’oignon, un filet de sauce soja, une cuillère de pâte de curry ou de moutarde, etc. Laissez refroidir la nuit. Le lendemain, toute la graisse aura remonté à la surface et il suffira de l’enlever avec une écumoire, de la mettre dans un bol puis au jardin pour les oiseaux. Vous vous retrouvez avec un fond clair, propre et léger, qui se surgèle très bien (en sachets ou dans le bac à glaçons). Vous l’utilisez pour cuire vos légumes en les arrosant en cuisson, faire de la soupe, du risotto, des sauces en crémant juste sur la fin. Les cubes de bouillon maison sur les déchets habituels sont également une réelle économie. Les cubes du commerce sont riches en sel (et en gras quand ils ne sont pas dégraissés) et sont hors de prix. C’est carrément honteux pour le peu de matière qu’ils renferment. En les faisant maison, on évite le glutamate, les graisses saturées et le sel en excès. Cette recette est votre base, mais rien ne vous empêche d’ajouter du basilic, de la coriandre, de la menthe, des épices, de jouer la carte du sucrésalé, etc. Il vous faut 2 carottes non épluchées + 1 oignon épluché + 3 gousses d’ail + 1 morceau de poireau de 5 cm + 1 tige de céleri (facultative) + 3 feuilles de sauge + 5 branches de thym + 5 branches de persil + 30 g de fleur de sel + huile d’olive. Râpez ou coupez finement à la mandoline tous vos légumes. Ciselez la sauge et le persil, prélevez le thym des branches. Mélangez. Placez vos légumes sur une plaque de four recouverte de papier sulfurisé et enfournez 20 min à 100°. Transférez les légumes (en plusieurs fois selon la taille de votre ustensile) dans un blender et mixez avec le sel et juste assez d’huile pour obtenir une pâte grumeleuse. Placez la pâte dans des bacs à glaçons et congelez. Vos cubes sont en permanence prêts à l’emploi. Il vous reste simplement à en jeter un dans vos soupes ou même l’eau de cuisson des pâtes, etc. Accommodez un maximum vos restes. Soupes, gratins et quiches permettent de valoriser bien des restes de nourriture. La réutilisation du pain rassis est un poste incontournable de la cuisine zéro déchet: de la chapelure, des croûtons, du pain perdu et du bodding. Entretenez également un compost. Si vraiment il vous reste de la nourriture et qu’elle n’est plus consommable, ne la jetez pas dans une poubelle conventionnelle. Le compostage transforme les déchets organiques en matière fertile. Si vous ne disposez pas d’un compost dans votre jardin, essayez le lombricompostage d’appartement, ou cherchez un compost de quartier (sur le site www.wormsasbl.org, on trouve par exemple la carte de tous les composts de quartier bruxellois).

Quelques idées

Certains déchets vont davantage être intéressants dans certaines recettes. Les pelures de légumes ou de fruits? On en fait des chips, on les intègre dans un bouillon pour pocher une viande ou un poisson, ou encore cuire un risotto, on les utilise pour concocter des infusions ou préparer des gelées. Les fanes comme celles des radis, des betteraves, des brocolis ou des carottes fonctionnent en soupes. On peut également les cuire à la vapeur pour cuisiner un gratin, une tarte, une salade ou une omelette, par exemple, ou on les transforme en pesto. Les noyaux ou les trognons des fruits? On les utilise pour réaliser des liqueurs de fruits. Les tiges? On les incorpore dans des bouillons, des papillotes, du jus de cuisson et autre sauce d’accompagnement pour corser leur goût. Et les cosses, des petits pois par exemple? On les mixe pour réaliser des soupes, des veloutés, des purées ou des crèmes, ou on les fait cuire simplement à la poêle pour accompagner une volaille, une viande ou un poisson. Lorsque vous préparez par exemple une tarte aux pommes ou une compote, faites cuire les peaux et les coeurs dans un peu d’eau. Coulez le jus obtenu dans un linge (étamine). Mesurez et ajoutez la même quantité de sucre, faites bouillir lentement 15 à 20 min et vous obtiendrez une bonne gelée de pommes. Même les épluchures les plus dures peuvent être utilisées. La peau de l’ananas, par exemple, permet de cuisiner un génial sirop maison, parfait pour les enfants et délicieux dans les cocktails d’adultes. Lavez et frottez la peau d’un ananas avant de l’éplucher. Mélangez les morceaux de peau avec 150 g de cassonade, une gousse de vanille fendue et couvrez avec 500 ml d’eau, portez à ébullition et laissez cuire 20 minutes à petit bouillon. Ôtez du feu, couvrez et laissez macérer une nuit. Le lendemain, filtrez l’infusion et récupérez le maximum du jus des pelures soit avec un chinois ou une presse, ajoutez 150 g de sucre blanc, le jus d’un citron et portez à ébullition, laissez réduire environ 15 à 20 minutes jusqu’à la formation du sirop. Versez immédiatement dans une bouteille, fermez-la et laissez refroidir avant de conserver au frigo. Les pelures de poires sont parfaites en infusion. Laissez infuser vos pelures dans de l’eau bouillante pendant quelques minutes et le tour est joué. Vous pouvez utiliser les pelures fraîches ou les faire un peu sécher à l’air libre auparavant. Et même les conserver en bocaux. Les pelures les plus fines ou peu intéressantes gustativement peuvent s’accommoder. Ajoutez par exemple vos épluchures d’oignons séchées et broyées à votre farine pour la rendre plus nutritive. C’est idéal dans une préparation de pain fait maison, car il en faut une petite quantité pour avoir l’effet antioxydant. En plus, on en trouve facilement au magasin au fond des cagettes, alors servez-vous pour faire du stock.

@Adobe

Vinaigre de cidre maison

Les épluchures et trognons de 6 pommes / 1 c. à s. rase de sucre blanc / de l’eau de source à hauteur / 1 bocal grand et haut de 1 l. 
. Placez tous les ingrédients dans le bocal et recouvrez d’un fin linge ou d’une étamine.
Laissez fermenter 7 jours en mélangeant 2 à 3 fois par jour la préparation. Au bout de ce laps de temps, des bulles recouvrent la surface du liquide et une odeur alcoolisée s’en dégage, signe que la fermentation est bien active. Comptez 7 jours supplémentaires, en mélangeant 1 fois par jour, pour obtenir votre vinaigre.
. Si vous ne détectez aucune effervescence, vous pouvez transvaser le vinaigre dans une bouteille. 
. Ouvrez le couvercle de la bouteille et mélangez tous les mois s’il est stocké. Le vinaigre se conserve plus d’un an.

@Adobe

Confiture d’épluchures de carottes

Les épluchures des carottes que vous utilisez (de 500 g ou 1 kg de carottes) / du sucre. 
. Lavez les carottes soigneusement puisque vous savez que vous en utilisez les épluchures. 
. Utilisez les fanes en soupe, omelette, pesto, etc.
. Placez les épluchures et les extrémités des carottes dans une casserole et couvrez d’eau à hauteur (pas plus). 
. Couvrez et amenez à ébullition. Laissez cuire 20 min puis enlevez le couvercle et prolongez 10 min. 
. Mixez les épluchures cuites et pesez-les.
. Ajoutez le même poids en sucre à la casserole. 
. Portez à ébullition, faites cuire 5 min, avant de baisser le feu et de prolonger la cuisson 30 min. 
. Versez la confiture dans des pots stérilisés. Cette confiture est une véritable confiture sucrée à déguster sur du pain frais.

Plus de Tendances

Notre Selection