Marcher pour se booster

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Les possibilités de s’évader hors de son espace confiné se sont encore réduites cette semaine. L’occasion de redécouvrir les bienfaits des promenades de proximité sur notre territoire. 

Sortir de chez soi est évidemment bénéfique en général”, souligne Sonia De Grave, psychologue et psychothérapeute. On peut pousser le concept plus loin… “Les lieux ont des propriétés spécifiques, que l’on peut mettre à profit pour répondre à des besoins précis (et peuvent aussi parfois être contre-indiqués). Aller voir la mer, par exemple, est un remède extraordinaire contre la fatigue et le découragement… Mais cette masse énergique, vivante, bruyante, mouvante peut submerger de stress et de trop-plein une personne angoissée. Ça peut être intéressant de réfléchir à ce qui nous affecte, ce que l’on attend d’une promenade ou d’une excursion avant de déterminer le programme. Mettre une intention dans un acte le rend plus efficace. Un travail introspectif préalable donne du sens à ce que l’on entreprend”. À quoi aspire-t-on, après deux confinements? À rompre la monotonie des jours, à changer de décor, à partager des moments de qualité avec ses proches, à oublier Yves Van Laethem, les vaccins et les suprémacistes, à apaiser l’angoisse, à relever la tête, la liste est longue… comme celle des idées de balades. “Un paysage naturel, même en photo, procure un sentiment de bien-être qui stimule la créativité.”

Campagnes vallonnées, hêtraies, rivières, forêts profondes, notre pays multiplie les incitations à la rêverie et à la contemplation. “Se remplir les yeux de nature est, en soi, une activité thérapeutique, souligne la psychologue. Nous vivons dans un environnement pensé par et pour l’Homme, un monde minéral, artificiel. On parle d’une “extinction de l’expérience de nature”. Cela fait longtemps que l’on a montré que voir un paysage naturel, même en photo ou à travers une fenêtre, procurait un sentiment de bien-être, une fascination douce, qui stimule la créativité. Les images urbaines, par contre, activent l’amygdale, zone du cerveau liée à la peur.” Face aux champs gelés ou aux Fagnes enneigées, on reprend conscience des saisons, du temps qui passe, de la nature qui se prépare au printemps… “En cas de deuil, observer que la vie continue à travers l’évolution des végétaux procure un réel apaisement. En général, se poser une dizaine de minutes et regarder est un excellent exercice d’ancrage, qui s’apparente à la méditation”, complète la psy.

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Au détour du Limbourg

En quête d’écrin de verdure et d’images fortes, on vous recommande la balade en Limbourg qui amène à l’installation Reading between the lines, également appelée “église transparente de Looz” (2011). Désormais célèbre (merci Instagram), cette création du duo d’architectes Gijs et Van Vaerenbergh reproduit la silhouette d’une église en planchettes d’acier, qui apparaissent et disparaissent selon l’angle de vue. À voir au coucher du soleil, au milieu des vergers. Au départ de la Grootloonstraat à Looz, différentes boucles y conduisent (suivez les balises pour des circuits de 4 à 12,5 km). À vélo, l’église se situe entre les points noeuds 154 et 155. www.visitsinttruiden.be

Grand air à Saint-Hubert

Faire une promenade… C’est déjà une thérapie en soi, surtout au vert. Le psychiatre Christophe André, dans son célèbre Et n’oublie pas d’être heureux, parle de vitamine “V”, comme vert, pour désigner les effets de la marche en milieu naturel sur le corps et l’esprit. Marcher, c’est passer de l’équilibre au déséquilibre à chaque pas, tout particulièrement sur les sols naturels, irréguliers, mouvants, parfois imprévisibles. Le corps, en mouvement, travaille à sa propre guérison. “Des expériences ont établi que marcher dans la verdure réduit l’anxiété et augmente l’estime de soi. C’est une activité simple, oxygénante, qui diminue la tension artérielle, précise Sonia De Grave. La marche à pied peut avoir un côté hypnotique intéressant pour évacuer le stress… Mais elle se prête aussi dans certains cas à la rumination. Certaines personnes y nourrissent leur sentiment de solitude, y ressassent leurs souffrances. Il faut se fixer ses propres garde-fous et s’obliger à penser à autre chose. On peut en profiter pour pratiquer des exercices de cohérence cardiaque ou écouter des sessions de méditation. Je conseille aussi de marcher d’un pas légèrement plus rapide que d’habitude, pas au point d’être essoufflé, mais pour être obligé de se concentrer sur l’effort.” Marchez tous sens en éveil dans le présent. Entre sentiers balisés, GR et tracés GPS, il n’y a qu’à se pencher pour marcher en Belgique! Mais pour un vrai  dépaysement et une immersion forestière, direction Saint-Hubert. Le guide 20 randonnées pédestres incontournables de Wallonie Belgique Tourisme propose notamment un circuit de 20 km au départ de la Fagne de la Doneuse et le long d’un ruisseau. Suffisamment long et physique pour rester concentré sur le moment présent.
www.walloniebelgiquetourisme.be - www.cirkwi.com

@D.R.

À Boom ou à Gesves

Pour rompre l’ennui, la monotonie, il faut du piment dans l’existence. Et dans le décor. Des artistes se sont amusés dans nos paysages. Leurs oeuvres de land art, à Boom, appellent à l’aventure, à la découverte. De quoi partager une expérience originale en famille… Et créer un souvenir. Partons à la quête des trolls, près d’Anvers, au domaine De Schorre. Pour le festival électro Tomorrowland, l’artiste danois de renommée mondiale Thomas Dambo y a installé sept trolls géants (entre 7 et 18 m de haut). Le lieu est immense… La chasse aux géants vous donnera du fil à retordre. Dans le même espace, une très tendance promenade “pieds nus” multisensorielle rouvrira dès avril. Dans le même ordre d’idées, près de Ciney, découvrez le Sentier d’Art de Gesves (13 km), qui suit les Sentiers d’Art de Condroz-Famenne.
www.deschorre.be - www.sentiersdart.be

Lac d’Amay

Ce qui nous manque, c’est aussi - et sans doute avant tout pour certains - le contact humain. Or une sortie en extérieur est à peu près la seule activité qui soit permise pour se retrouver entre amis, dans le respect des règles sanitaires. La marche côte à côte délie l’esprit et les langues. “Cela peut être l’occasion de créer de nouveaux rituels structurants, suggère la psychologue. Se donner rendez-vous au même endroit et arpenter un lieu, toujours le même mais par des chemins différents, permet de ne pas se préoccuper de la direction, pour se focaliser sur le contenu de l’échange. C’est aussi un rendez-vous positif dans l’agenda.” Dans ce cadre-ci, on vous recommande de trouver un lac ou un étang et d’en faire le tour. Pour une belle virée, on vous conseille le lac de la Gravière, à Amay, moins connu que les incontournables étendues de Nisramont ou de l’Eau d’Heure. Plus de 120 espèces d’oiseaux y nichent. www.amay.be

Le vent du large

L’air marin, plus riche en oxygène, aiderait à réduire le stress, à réguler le sommeil et à réguler les émotions. Une virée à la mer fournit un véritable coup de boost. Même si elle est saupoudrée d’embruns. La regarder améliore l’humeur, mais lutte aussi contre le stress et l’épuisement cognitif. La mer joue sur tous vos sens. Pour vraiment vous immerger dans le monde marin, on vous suggère, avant la plage, d’arpenter la plus haute dune du pays, le Hoge Blekker, (33 m de haut) à Coxyde, qui est liée au Doornpanne par un massif de 235 ha d’un seul tenant. Pour le défi physique et l’aventure, qui change de la digue. www.visitkoksijde.be

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Le béguinage de Bruges

Même en temps de Covid! Les mesures sanitaires, la limitation des voyages nous offrent l’occasion de découvrir les hauts lieux de nos régions dans des conditions uniques. Foncez découvrir le béguinage de Bruges (quasi) sans touristes. Découvrez les musées et les expos à petit comité et sans file à l’entrée (mais n’oubliez pas de réserver). www.visitbruges.be

Arbres à clous à Herve

La mode est à la sylvothérapie, ce “bain de forêt” (shinrin-yoku) japonais. En Belgique aussi, le culte des arbres est une tradition vivace. Au Pays de Herve, on compte ainsi des dizaines d’“arbres à clous” ou “à loques”, censés évacuer les maux et les maladies lorsqu’un morceau de fer perce leur écorce. Aller en famille à la découverte de ces végétaux guérisseurs est un excellent prétexte d’excursion. Qu’on n’y croie ou pas, il y a toujours quelques chose de positif à en tirer… On peut s’amuser de trouver d’ailleurs, juste à côté, des chapelles censées réintégrer le culte païen dans le saint chrétien. www.paysdeherve.be - Une petite histoire des arbres remarquables et des hommes en Wallonie, Éd. Racine.

S’évader, en toute sécurité

Avant le départ, que ce soit pour une expo, un parc ou une réserve, renseignez-vous, sous peine de trouver porte close. Il n’y a pas que les musées qui ont dû réduire leur capacité d’accueil de visiteurs. C’est aussi le cas de domaines naturels, comme le Zwin ou le jardin botanique de Meise par exemple, qui n’acceptent qu’un nombre restreint de promeneurs, selon des créneaux horaires fixes à réserver obligatoirement en ligne. Quant aux consignes, elles ne changent pas: pour un rassemblement à l’extérieur, vous pouvez être maximum 4 personnes, en gardant une distance de 1,5 mètre. Les enfants de 12 ans ne sont pas pris en compte pour les activités à l’extérieur. www.info-coronavirus.be

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