Racisme, impunité, mort suspecte... La police à nouveau dans le viseur

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Dans une vidéo récemment mise en ligne, deux policières profèrent des propos racistes et homophobes lors d'une patrouille à Anderlecht. Elles sont toujours en poste. Une affaire qui arrive dix jours après la mort dans un commissariat d'un jeune Belge d'origine guinéenne.

C'est une nouvelle affaire qui vient tacher l'uniforme des forces de l'ordre. Une vidéo récemment apparue sur les réseaux sociaux dans laquelle on suit deux policières de la zone Bruxelles-Midi en patrouille à Cureghem, un quartier d'Anderlecht. Face caméra, elles lancent le plus naturellement du monde, comme pour mieux tromper l'ennui, des insultes racistes et homophobes : « Macaques », « grosses tapettes », « qu'est-ce que ça pue ici ! »

Les faits remontent à 2018, mais les deux policières sont toujours en service aujourd'hui, une dans la même zone de Bruxelles-Midi et l'autre dans une autre zone après avoir demandé une mutation. Une procédure de sanction a bien été lancée, mais elle a été annulée pour une question administrative de délais dépassé...  En somme, comme avec l'affaire Chovanec et le cas Herzberger-Fofana, c'est le sentiment d'impunité, sinon de racisme structurel, qui refait surface.

Le Bourgmestre PS d'Anderlecht Fabrice Cumps a exprimé son « profond sentiment de dégoût par rapport au contenu de la vidéo. Nos équipes sont au quotidien sur le terrain pour essayer de retisser du lien avec le citoyen et on sait que ce n'est pas toujours facile dans le contexte actuel ».

En attendant, les responsables politiques bruxellois sont montés au créneau, exigeant des sanctions immédiates envers ces policières. Le vice-président du PS bruxellois Ahmed Laaouej a également interpellé la ministre de l'Intérieur Annelies Verlinden (CD&V), l'enjoignant à porter  « un projet national de réconciliation et d'apaisement ».

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Ibrahima B., mort en cellule

Car cette vidéo fait surface dans un contexte particulièrement tendu. Le 9 janvier, Ibrahima B., jeune homme de 23 ans, né en Guinée et naturalisé belge, est mort d'une crise cardiaque dans un commissariat bruxellois de la rue de Brabant à Saint-Josse. Que s'est-il passé ? Une enquête judiciaire est en cours. Il aurait été arrêté parce qu'il filmait une intervention policière sur un petit groupe qui ne respectait pas les règles sanitaires.

Comme un miroir de ce qui se passe en France, la question du droit de filmer les policiers lors de leurs interventions semble être source d'énervements et de tensions. « Ce qui m’interpelle, c’est que ces dernières semaines, le fait de filmer des policiers crée de nombreuses tensions. Comment s’assurer qu’aucun policier n’essaiera d’empêcher un citoyen de filmer une intervention de la police ? » a ainsi demandé Julie Chanson (Ecolo) à la Chambre.

En avril dernier, le jeune Adil, 19 ans, est mort à Anderlecht dans une collision avec une voiture de police après avoir pris la fuite pour échapper à un contrôle dans son quartier. Une enquête journalistique de De Morgen avait mis la police en cause. Comme pour la mort d'Adil, celle d'Ibrahima a donné lieu à des affrontements entre la population d'Anderlecht et la police. Non, la confiance n'est pas de mise.

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