Les experts divisent les mesures de confinement en trois phases

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Le groupe en charge d’assister les comités de concertation a établi un plan d’action avec des mesures adaptées à chaque situation épidémiologique. Il conseille de passer rapidement au deuxième niveau «si nécessaire» pour éviter le pire.

«On est à un moment-charnière, on ne sait pas si les mesures vont suffire». C’est ainsi que Muriel Moser, chercheuse et professeure d’immunologie à l’ULB, résume la situation lors d’une interview à la RTBF. L’arrivée des variants britannique et sud-africain en Belgique font craindre le pire et c’est en ce sens que le GEMS (Groupe d’Experts de stratégie de crise pour le Covid-19) a créé un nouveau plan d’action pour y parer. Dans celui-ci, il est conseillé au gouvernement de diviser sa stratégie sanitaire en trois phases. Une clé qui devrait guider le prochain comité de concertation, prévu pour le 22 janvier mais qui pourrait être avancé.

Un plan A déjà d’application mais avec des détails qui font débat

Les experts du GEMS (parmi lesquels on retrouve Marc Van Ranst et Erika Vlieghe), ont remis leurs suggestions la semaine dernière, lors du comité de concertation du 8 janvier. Il avait été conseillé au gouvernement d’être transparent à ce sujet, ce qui n’a pas été fait. C’est finalement le Morgen qui a révélé ce vendredi matin la stratégie divisée en trois plans.

La première phase, dénommée plan A, est plus ou moins celle qui est d’application aujourd’hui. À ce stade, il est question de «maintenir les tests obligatoires et la quarantaine» et de «contrôler le respect du télétravail obligatoire». Le sujet des écoles est aussi abordé, en précisant qu’il faut «s'assurer auprès des parents et enseignants que la quarantaine est également respectée par les enfants» et «n'autoriser les activités parascolaires pour les enfants de moins de 12 ans que si elles ont lieu à l'extérieur en limitant le nombre d'enfants par activité».

La question des frontières reste en suspens, mais elle est très sensible au sein des experts, le besoin de limiter l’entrée de variants sur le territoire belge étant essentiel puisqu’ils sont plus contagieux. Plusieurs épidémiologiste et virologues comme Marc Van Ranst estiment qu’il est logique de fermer les frontières. Au niveau politique par contre, il y a de fortes tensions entre ceux qui y sont favorables, comme le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke, et ceux qui sont farouchement contre, à l’instar d’Oliver Paasch, ministre-président germanophone. La difficulté de contrôler les frontières amène aussi à envisager d’autres solutions. Ce vendredi, il a donc été décidé d’imposer le Formulaire de localisation du passager (FLP) et un test à tous les voyageurs provenant de pays hors-UE et hors-Schengen, même pour un voyage de moins de 48h.

Deux phases en mode crescendo

Le plan B du GEMS est ensuite celui promu dans le cas d’une situation dégradée de l’épidémie. Les mesures qui s’y retrouvent ressemblent à celles de la deuxième vague, en automne, avec quelques nuances. Le couvre-feu serait plus strict que celui qui est actuellement de 22h à 6h à Bruxelles et en Wallonie, et les magasins non-essentiels fermés. À l’école, les enfants devraient porter le masque dès 10 ans, seraient davantage testés, et leurs congés de carnaval seraient de deux semaines (et non pas limités à la seule semaine du 15 février). Le GEMS précise que ce plan est à mettre en place «méticuleusement et suffisamment tôt» pour éviter que la situation ne devienne incontrôlable.

Si l’épidémie devient malgré tout hors-de-contrôle, comme au Royaume-Uni et en Irlande, il faudrait passer en plan C. C’est le pire des cas, celui d’un confinement strict similaire à celui du printemps 2020. Autrement dit, le lockdown serait total, avec en «ultime recours» les écoles fermées. Seuls les secteurs essentiels de l’économie seraient épargnés.

Aujourd’hui: des signes à la fois positifs et négatifs

Bien sûr, il ne s’ agit ici que de recommandations. Il faudra voir ce que les comités de concertation feront dans la pratique. Mais cela donne déjà une idée de ce qui pourrait être décidé. Pour l’instant, la Belgique est à un moment un peu paradoxal de la crise sanitaire. D’un côté, il y a des signes rassurants: les vacances de Noël ne semblent pas avoir aggravé grandement la situation. Entre le 9 et le 15 janvier, les nouvelles hospitalisations sont encore en baisse légère, le taux de reproduction du coronavirus reste en-dessous de 1 et si les contaminations sont reparties à la hausse début janvier, cela se calme à nouveau depuis le 10 janvier.

Reste à voir si la tendance à l’accalmie se confirme ces prochains jours mais les perspectives ne sont pas pour autant totalement bonnes. Ce vendredi, les personnes porteuses de variants du coronavirus sont environ une centaine, alors qu’elles se comptaient sur les doigts de la main quelques jours avant. Mais cela pourrait être encore pire selon Marc Van Ranst puisque tous les tests positifs au Covid-19 ne sont pas analysés pour y détecter la présence de variants. «Il s'agit bien sûr d'un échantillon, probablement qu'il faut multiplier par 100», précise-t-il au micro de la VRT. 

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