À voir : l'expo Great Black Music est prolongée jusqu'au 7 février

Billie Holiday
Billie Holiday
Teaser

L’expo Great Black Music, consacrée à l’histoire et à la dimension politique des musiques noires, est prolongée jusqu'au 7 février aux Halles de Schaerbeek. À visiter le poing levé.

C’est bien connu, la musique ne se montre pas. Elle s’écoute. Pourtant, la visite de l’exposition The Great Black Music, qui vient d’ouvrir aux Halles de Schaerbeek (réservations obligatoires), s’impose. Une visite qui requiert, Covid oblige et par mesure de sécurité, l’utilisation de votre propre casque audio (une paire d’oreillettes, c’est très bien aussi). Une fois vos écouteurs bien calés, la visite peut commencer les yeux grands ouverts, mais aussi le poing levé.

Des rivages des Caraïbes aux déserts africains, du ghetto de Compton aux favelas brésiliennes, des studios du label Tamla Motown à Detroit aux sound systems enfumés de ganja à Kingston en Jamaïque, de Billie Holiday à Snoop Dogg, en passant par Michael Jackson, Bob Marley ou Beyoncé, The Great Black Music retrace quatre siècles d’histoire des musiques noires. Une incroyable saga musicale qui tient aussi lieu de terrain de combats. Derrière des refrains imaginés pour faire danser la jeunesse, parfois même au travers de l’unique souffle d’un saxo alto ou d’une photo de pochette de 33 tours, la “black music” s’est toujours confondue avec la quête d’une conscience panafricaine et la revendication - jamais tout à fait éteinte - des droits les plus élémentaires. Après avoir fait l’événement à Paris en 2014 et voyagé dans le monde entier, l’exposition tombe à pic chez nous. À l’heure de Black Lives Matter, du bashing devenu la règle générale sur les réseaux sociaux et des débats citoyens où l’injure pèse plus que l’argument de fond, écouter “Try A Little Tenderness” d’Otis Redding fait du bien à tout le monde. Et cette expo nous le rappelle fort justement.

On aime beaucoup le côté iconoclaste de The Great Black Music avec forcément ses partis pris (Billie Holiday mise en avant plutôt que Nina Simone) et ses oublis. On aime également son invitation à une expérience interactive, sensorielle et immersive. On salue ses ambitions (six cents mètres carrés, six salles thématiques, des dizaines d’instruments, des centaines d’heures d’archives audiovisuelles, des playlists à écouter plus tard) mais aussi son humilité en reconnaissant ses limites. Au bout du circuit, en fin de parcours, il y a en effet cette question qui, heureusement, reste sans réponse: où commence et où s’arrête “The Great Black Music”? Vouloir délimiter avec précision la musique noire, c’est aussi l’isoler alors que ses pulsations transcendent toute conception de frontière, de temps et de genre. Qu’on soit fan de jazz, de rock, d’électro ou de pop, il y aura toujours quelque chose de black dans nos oreilles. Et c’est bien cool.

Requiem pour un rasta

Bob Marley

La musique, le nom et l’aura de Bob Marley traversent tout le parcours de l’expo. Et pour cause… À la veille du quarantième anniversaire de sa disparition (le 10 mai 1981), sa musique reste omniprésente. Né à Trenchtown, ghetto de Kingston, Marley n’a jamais renié ses racines tout en ayant l’intelligence de jouer le jeu du business occidental pour élargir son audience. Il a écoulé plus de deux cents millions de disques. Plus qu’un musicien, un guide et une conscience.

Le rap du Bronx

Cold Crush Brothers

Quarante ans avant Damso et PNL, il y avait The Cold Crush Brothers. Cette formation née dans le Bronx, à New York, n’a pas révolutionné le mouvement hip-hop. Elle en a été l’architecte. Samples, codes de la street culture, punchlines, battles, gros beats et, oui, quelques “fuck” bien outranciers… Ils avaient déjà tout pigé au game. Jay-Z, Outkast, Run-DMC les citent comme influence majeure.

Martha & The Vandellas, Dancing In The Street

Martha & the Vandellas

Avec Dancing In The Street (“Danser dans la rue”, 1964), chanson écrite par Marvin Gaye et Nowhere To Run (“Nulle part où s’enfuir”, 1965), le “girl group” Martha & The Vandellas fait autant frétiller le public blanc que la communauté afro-américaine. Derrière les refrains innocents de ces morceaux commercialisés par l’usine à hits Tamla Motown, se cache un second sens revendicateur. Dancing In The Street deviendra un hymne des manifestants pour les droits civiques et sera repris par David Bowie et Mick Jagger pour récolter des fonds lors du Live Aid en 1985.

Great Black Music - Exposition à voir aux Halles de Schaerbeek jusqu'au 7 février

 

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