Avec 70 films originaux en 2021, Netflix règne (mais pour combien de temps?)

Reed Hastings, directeur de Netflix, et Mike Fasulo, président de Sony Electronics @BelgaImage
Reed Hastings, directeur de Netflix, et Mike Fasulo, président de Sony Electronics @BelgaImage
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Le géant du streaming frappe fort avec la sortie d’un film chaque semaine cette année, le tout avec une belle brochette de stars. Mais des doutes persistent sur la durabilité de sa stratégie.

Les cinémas ne sont toujours pas rouverts, mais c’est tout comme! En 2021, Netflix va régaler les cinéphiles avec pas moins de 70 longs métrages originaux de tous les genres: comédie, western, science-fiction, action, drame, horreur… De quoi contenter tout le monde et faire le plein d’abonnés, mais aussi affirmer la domination de Netflix sur le marché du streaming. Une suprématie qui pourrait être cela dit plus fragile que ce qu’il paraît.

Faîtes place aux stars!

A priori, l’annonce de Netflix est pourtant tout sauf une preuve de faiblesse. En plus d’être le champion du streaming, la firme de Los Gatos veut désormais affirmer sa toute-puissance sur le cinéma de manière globale. Et pour cela, Netflix a déroulé le tapis rouge pour les célébrités, et la liste est longue. L’exemple le plus flagrant est probablement le film Don’t Look Up où seront présents au casting Leonardo DiCaprio, Jennifer Lawrence, Cate Blanchett, Meryl Streep, Ariana Grande, Tomer Sisley, Kid Cudi ou encore Chris Evans. De quoi en faire une des grandes sorties de l’année! Netflix s’offre également un long-métrage avec les deux acteurs les mieux payés au monde, Dwayne Johnson et Ryan Reynolds, présents dans Red Notice aux côtés de Gal Gadot (qui est par ailleurs la star de HBO Max en incarnant Wonder Woman). La figure montante d’Hollywood, Jason Momoa, est également de la partie avec Sweet Girl.

Il sera aussi question de diversité, comme dans The Harder They Fall qui redonnera leurs lettres de noblesses aux cow-boys noirs, ainsi que The White Tiger avec son panel d’acteurs indiens. Fidèle à sa politique internationale, l’entreprise californienne s’investit aussi en-dehors des États-Unis, notamment en France où Dany Boon produit 8 Rue de l'Humanité, alors que Mélanie Laurent et le Belge Jean-Claude Van Damme jouent respectivement dans O2 et The Last Mercenary. Avec Thunder Force, Netflix concurrence Marvel en mêlant la comédie à un film de super-héros. Et comme un autre pied-de-nez à Disney, Los Gatos pique aussi à Mickey son grand «Thor», Chris Hemsworth, qui aura le rôle principal dans Escape from Spiderhead.

L’empire Netflix contre-attaque

Cet affront à Disney n’est pas une surprise car avec son annonce, non seulement Netflix veut faire un gros coup de com’ mais il veut aussi manger tout cru ses adversaires du streaming. Une agressivité qui répond en réalité à un marché de plus en plus concurrentiel. En décembre, Warner Bros a annoncé que tous ses films de 2021 seraient disponibles en même temps au cinéma et sur HBO Max. Du côté de Disney+, The Mandalorian jouit d’un beau succès et quatre série Avengers sont prévues, sans compter ses mythiques dessins-animés et son prix bon-marché. Amazon Prime continue quant à lui d’étoffer son catalogue alors qu’Apple TV+ compte aussi se faire une place sur le marché.

Pour Netflix, le calcul est donc simple: action, réaction! D’où ce tsunami de films en 2021 auquel s’ajouteront les suites de ses séries phares comme La Casa de Papel, Stranger Things ou The Witcher, aussi prévues pour cette année. Et pour couronner le tout, il sera toujours question de miser sur les nombreux documentaires pour lesquels Netflix est réputé. Avec toutes ces productions, la firme compte à la fois attirer les abonnés des autres plateformes de streaming tout en empêchant la fuite des siens chez ses concurrents. 

Une bonne stratégie mais pas sans failles

Netflix fait donc tout pour rester compétitif mais est-ce que ce sera suffisant pour tenir le coup face à ses adversaires? C’est la grande question. Il peut en tout cas dire merci au coronavirus qui a dopé le nombre de ses abonnés alors que pendant ce temps, la fermeture des cinémas a particulièrement impacté Warner Bros ou encore Disney, qui a dû chambouler complètement ses sorties comme celle de Mulan. En parallèle, Netflix s’est révélé moins affecté et a gardé le tempo. Tant que la pandémie durera, Netflix sera manifestement en position avantageuse.

Mais une fois la crise terminée, les autres géants du streaming reprendront du poil de la bête. Il sera dès lors légitime de se demander ce qu’il arrivera. Pour l’instant, Netflix dépasse de loin les productions de films prévues en 2021 par son plus proche concurrent, Disney+. Ne sachant pas ce qui se passera après, il a tout intérêt à profiter de cette position de force pour mettre le paquet. Mais certains se demandent aussi si Netflix peut continuer à dépenser autant, malgré ses recettes croissantes. C’est le cas de Tim Hanlon, analyste média et PDG du groupe Vertere, interrogé par le média MarketPlace. «Netflix a une tonne de dettes en ce moment. […] Pour l'instant, la bourse et Wall Street ne semblent pas trop inquiets à court terme. Nous verrons à long terme», déclare-t-il.

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