Plan de relance: Bruxelles mécontente du partage des fonds européens

©belgaimage-166719706/ photo prétexte de Rudi Vervoort, ministre-président bruxellois
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Le comité de concertation a validé ce mardi la répartition des 5,925 milliards attribués par l’Europe à la Belgique. 6,7% de l’enveloppe iront à la Région bruxelloise. Un partage très « défavorable » juge-t-on dans la capitale.

Malgré de nettes réserves côté bruxellois, le comité de concertation (réunion du Fédéral et des entités fédérées) a approuvé mardi la répartition des fonds octroyés par l’Europe pour les plans de relance post-pandémie. Lundi soir, le Premier ministre Alexander De Croo et les Ministres-présidents des Régions et Communautés avaient révélé comment ces 5,925 milliards d’euros allaient être partagés. Le Fédéral héritait de 1,25 milliard d’euro (21,1% de l’enveloppe) ; la Flandre 2,255 milliards (38,1%) ; la Wallonie 1,48 milliard (25%) ; la Fédération Wallonie-Bruxelles 495 millions (8,4%) ; Bruxelles, recevait 395 millions, soit 6,7% de l’argent accordé par l’Europe. Avec les 50 millions qui revenaient la Communauté germanophone, le compte y était.

Mais avant de passer à table, chacun des convives avait dressé une liste de projets à financer. Près de 300 projets, pour un total d’environ 24 milliards d’euros, étaient parvenus au secrétaire d’État à la Relance Thomas Dermine (PS), à qui revenait la délicate tâche de piloter les arbitrages nécessaires. Vu la taille du gâteau, combler l’appétit des uns et des autres n’allait pas être facile.

Retombées indirectes

Mardi, la Région bruxelloise a fait part de son mécontentement devant une si petite part. Tant du côté des partenaires de la majorité Vervoort que de l’opposition, on ne se satisfaisait en effet pas des quelques 500 millions que recevra la capitale. Réuni en urgence dans la journée, le gouvernement régional a toutefois fini par marquer son accord à la répartition du plan de relance, « par loyauté fédérale ». L’exécutif bruxellois a mis en avant des « effets de levier les plus importants possibles » créés par des projets nationaux et régionaux pouvant se renforcer pour justifier son accord. « Les Communautés, la Flandre et la Fédération Wallonie-Bruxelles investiront également sur le territoire bruxellois (un quart des 495 millions d’euros dédiés à la FWB seront investis sur le territoire bruxellois), ainsi que l’État fédéral » a avancé le gouvernement Vervoort.

Le raisonnement est le suivant : en plus des 6,7% directement affectés, la Région devrait bénéficier également d’une part des investissements faits par d’autres entités, comme la Fédération Wallonie-Bruxelles, le Fédéral ou la Flandre, dans la rénovation des bâtiments scolaires ou du palais de justice, dans la politique scientifique… Reste que la clé de répartition exacte des investissements dont pourrait bénéficier la capitale n’est pas connue, et que ces investissements pourraient in fine dépendre de la capacité de Bruxelles à convaincre ses partenaires de financer des projets sur son territoire.

Des fonds, pour faire quoi ?

Après cette première répartition entre Entités, il va encore falloir décider concrètement quels projets financer avec l’argent obtenu. Fédéral, Régions et Communautés ont jusqu’au mois d’avril pour peaufiner leurs plans de relance, qui seront ensuite fondus en un seul document à présenter à la Commission européenne. Celle-ci a d’ores et déjà fixé deux balises : 37% minimum du total de l’enveloppe devra aller à des projets soutenant la transition écologique, et 20% minimum à la transition digitale.

Présenté par Thomas Dermine, le plan de relance belge retiendra 5 axes stratégiques : la durabilité (rénovation énergétique du bâti, énergies renouvelables, etc.) ; la mobilité (rail, véhicules électriques, etc.) ; la transformation numérique ; la productivité; le social et le vivre ensemble (soins de santé, enseignement…).

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