Pourquoi de plus en plus de gens quittent WhatsApp pour Signal

Signal va-t-il bientôt remplacé WhatsApp dans votre smartphone? - DPA
Signal va-t-il bientôt remplacé WhatsApp dans votre smartphone? - DPA
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Les nouvelles règles de WhatsApp ont entraîné un exode de nombreux utilisateurs vers sa concurrente Signal. Voici ce qu'il faut savoir sur cette application de messagerie, ses avantages et… ses inconvénients.

WhatsApp est sous le feu des critiques depuis jeudi après avoir demandé à ses quelque deux milliards d'utilisateurs d'accepter de nouvelles conditions d'utilisation, lui permettant de partager plus de données personnelles avec sa maison-mère Facebook. Cette annonce n'est pas passée inaperçue, provoquant une vague d'inquiétude à travers le monde. La principale crainte est de voir ses données exploitées par des entreprises pour communiquer avec de potentiels clients. Ce scénario a moins de chances d'arriver en Europe, en raison du Règlement général sur la protection des données. Mais qu'importe, la stratégie de Mark Zuckerberg est claire: faire de WhatsApp - qu'il a rachetée en 2014 - un complément à Facebook et Instagram. Ce qui ne plaît pas à tout le monde.

Et si vous n'acceptez pas ces nouvelles conditions d'utilisation? Votre compte sera inaccessible à partir du 8 février. Tout simplement.

En tête des téléchargements

Face à ce changement, beaucoup d'utilisateurs ont décidé de quitter WhatsApp pour migrer vers d'autres messageries, supposées plus respectueuses de la vie privée. Parmi celles-ci, Signal est particulièrement prisée.

L'application créée en 2014 permet d'échanger par écrit, entre deux personnes ou en groupe, de passer des appels audio ou vidéo, d’envoyer des fichiers… Bref, comme sa concurrente. Sauf que celle-ci est réputée pour être particulièrement bien sécurisée. Et ça plaît. Depuis plusieurs jours, Signal figure en tête des téléchargements sur les plateformes Apple Store et Google Play, suivie de Telegram, une autre application de messagerie.

Les autres raisons de ce succès

Outre la défiance vis-à-vis de WhatsApp, ces deux applications semblent avoir bénéficié aussi, indirectement, du bannissement de Donald Trump des réseaux sociaux, puis de la mise hors service du réseau social de l'ultradroite américaine, Parler. De nombreux partisans du président sortant ont donc cherché à se tourner vers d'autres plateformes, plus sécurisées ou n'appartenant pas à Facebook, Google ou Twitter.

Signal a également pu profiter d'une promotion étonnante. En deux mots, Elon Musk, devenu récemment l'homme le plus riche du monde, a appelé ses 40 millions d'abonnés sur Twitter à « utiliser Signal ».

Mal-interprété par certains, ce message a entraîné une très forte spéculation - inattendue - sur l'action d’une petite entreprise appelée Signal Advance. « Est-ce que c'est ce que les analystes boursiers veulent dire lorsqu'ils disent que le marché donne des signaux contradictoires? » s'est amusé à écrire l'application sur Twitter, rappelant qu'elle est une organisation à but non lucratif et, par conséquent, non cotée en bourse.

Elon Musk n'est pas le seul à vanter les mérites de Signal. Edward Snowden, connu pour avoir dénoncé l'espionnage systématique des conversations en ligne mené par les services secrets américains, l'utilise « tous les jours » depuis plusieurs années. La Commission européenne l'a également recommandée en février à ses équipes, en particulier pour sécuriser les échanges avec des personnes extérieures à l’organisation.

Qualités et défauts

Si l'application est considérée par de nombreux experts en sécurité informatique comme la meilleure application en matière de confidentialité, c'est grâce notamment à son chiffrement par défaut de tous les contenus échangés. Ceci est censé empêcher quiconque d'accéder et de décrypter les messages qui ne leur étaient pas destinés.

Depuis son lancement, Signal publie également, en toute transparence, son code source, ce qui permet aux développeurs du monde entier d'évaluer indépendamment son fonctionnement.

Il est également possible d'importer ses conversations de groupe depuis une autre application de messagerie. C'est peut-être un détail, mais ceci risque de faciliter l'exode depuis WhatsApp. Sa concurrente a d'ailleurs publié un tutoriel pour mieux conquérir ses nouveaux utilisateurs.

Seul bémol: l'application est basée sur une architecture centralisée, théoriquement plus vulnérable. Comme WhatsApp, elle utilise le numéro de téléphone de l’utilisateur comme identifiant unique. Mais, selon Le Monde, une solution alternative pour ce dernier point est en cours de développement.

L'été dernier, Signal s'est attirée de rares critiques pour avoir commencé à stocker les contacts des utilisateurs de manière chiffrée sur les serveurs de l’organisation. Au-delà du (petit) risque supplémentaire que cela comporte, cette nouvelle fonctionnalité marque avant tout un changement de philosophie. « Avant l'ajout de cette nouvelle fonctionnalité, Signal assurait, et a prouvé, qu’il était en mesure de fournir une application de messagerie conçue pour ne stocker quasiment aucune information sur ses utilisateurs. Pour plusieurs critiques, ce n’est désormais plus le cas », regrettait Vice, précisant toutefois que l'application « reste l’une des meilleures options ».

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