Les maisons de repos vaccinées pourraient retrouver une vie normale rapidement

Les résidents de homes sont plus enclins à la vaccination que le personnel. (Crédit: DPA)
Les résidents de homes sont plus enclins à la vaccination que le personnel. (Crédit: DPA)
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Une fois que résidents et personnels seront immunisés, les mesures pourraient vite être allégées selon Yves Van Laethem. Peut-être début février dans certains homes. Mais encore faut-il que tout le monde accepte le vaccin...

Dans une situation pas toujours facile à vivre en temps normal, les résidents de maisons de repos ont passé une année particulièrement difficile. Entre les nombreux décès et les mesures très strictes, limitant les contacts avec leurs proches et les autres pensionnaires, beaucoup de nos seniors en institution ont encore plus hâte que le reste de la population que cette crise sanitaire soit derrière nous.

Heureusement pour eux, et pour tout le monde, la campagne de vaccination belge a démarré et a même commencé par les résidences pour personnes âgées. De quoi retrouver l’espoir de revivre à nouveau comme avant rapidement, lorsque tout le monde sera immunisé.
D’ailleurs, la question se pose. Une fois que tout un home, pensionnaires et travailleurs, sera vacciné, pourra-t-il alléger ses mesures ?  

Pour Yves Van Laethem, infectiologue et porte-parole interfédéral Covid-19, tant qu’on attend la huitaine de jours de vigueur après l’injection de la deuxième dose, la réponse est oui. « Cela nous amènerait à début février pour les premières maisons de repos et il faudra se poser la question d’ici-là de comment améliorer les conditions de vie des résidents ».

Bien entendu, il faudra tout de même rester prudent. « On ne sait pas encore si le virus se transmet de vacciné à non-vacciné », précise l’expert. Mais selon lui, cela vaut la peine de réfléchir rapidement à un allègement des mesures sanitaires pour les immunisés.
« On a l’espoir que moins de gens meurent, que moins de malades encombrent le système de santé, mais aussi de rendre une vie acceptable à tout le monde », ajoute-t-il. Il cite comme exemples d’amélioration le fait de permettre aux seniors vaccinés de manger à nouveau ensemble ou de participer à des activités de groupe. 

On le sait : le vaccin n’immunise pas à 100%. Mais pour Yves Van Laethem, ce n’est pas ça qui doit nous empêcher d’offrir rapidement un meilleur cadre de vie aux personnes âgées rapidement après la vaccination. « Le risque zéro n’existe pas, mais nous n’aurons pas mieux. Nous devrons faire avec. Même lorsqu’on nage bien, on peut toujours couler. Donc nous devons nous relancer, desserrer petit à petit les règles pour les vaccinés, sans pour autant arrêter le testing. »

(Crédit: Belga)

Un personnel frileux

Avant d’en arriver là, il faut évidemment vacciner le plus grand nombre. Bien que le fameux sérum ne soit pas obligatoire dans notre pays, son taux d’acceptation dans les homes semble très élevé. A en croire les différents article de presse locale relatant les premières administrations du vaccin, un peu partout, plus de 90% des pensionnaires optent pour la fameuse piqure.

C’est notamment le cas de Marthe, de la résidence Vedette à Boussu, qui a répondu au journal La Province. « A mon âge, c’est normal de le faire. J’ai une amie qui a eu le Covid et qui ne sait plus marcher ni parler. Ça m'a fait réfléchir », a-t-elle expliquée. 

A Boussu, 92% des résidents et 95% du personnel ont choisi de se faire vacciner. Ce n’est pour autant que les responsables comptent lâcher du lest rapidement. « Il y a encore un peu de flou sur cette situation à l’heure actuelle, aucune instance ne s’est prononcée sur le sujet », déclare Vincent Presti, CEO du Provia, qui gère la résidence de Boussu et 8 autres. « Il faudra d’abord être sur que l’immunité est bien présente chez nos travailleurs et nos résidents avant d’alléger les procédures et le mode de vie. Ensuite, il faudra voir l’évolution de la situation épidémiologique à l’extérieur. Nos pensionnaires mangent déjà ensemble, ont des activités… On attend de pouvoir réaccueillir leurs familles en chambre et surtout de les laisser sortir à nouveau. »

Du côté des soigneurs, le taux d’acceptation n’est pas toujours si élevé qu’à la résidence Vedette.

A Philippeville, à la Résidence Vauban, par exemple, seulement 55% de l’équipe a accepté le vaccin, au grand dam de la direction, qui espère réussir à convaincre le reste des employés d’ici l’arrivée de nouvelles doses. Un cas qui n’a rien d’isolé. On retrouve des scénarios similaires un peu partout dans la Wallonie, comme à la résidence Célinie à Crisnée ou au home Saint-Nicolas d’Enghien, où moins de la moitié du personnel a opté pour la piqure.

« La diffusion de l’information scientifique correcte concernant ce vaccin n’a pas pu suffisamment contrer toute la désinformation qui a circulé dans la population », a commenté la présidente du CPAS enghiennois.
 

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