Les vacanciers ont-ils ramené le virus dans leurs bagages?

Des vacanciers à l'aéroport de Zaventem. - BELGA
Des vacanciers à l'aéroport de Zaventem. - BELGA
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Des milliers de vacanciers seraient revenus en Belgique avec le virus, mais une minorité de personnes se font tester en rentrant de zone rouge. Faut-il s'en inquiéter?

Les autorités sanitaires et politiques avaient pourtant répété pendant tout le mois de décembre que les voyages à l’étranger étaient « fortement déconseillés ». Ils avaient même misé sur un « renforcement des contrôles » pour tenter de décourager les hésitants. Mais l'appel des vacances a été plus fort pour certains, pour décompresser ou pour voir de la famille durant les fêtes de fin d'année. Résultat: certains d'entre eux sont inévitablement revenus avec le virus dans leur bagage. Mais combien?

Difficile à dire exactement puisque tous les voyageurs ne se sont pas fait tester à leur retour, ou n'ont pas rempli le "Passenger Locator Form". Mais il est possible d'effectuer une estimation. C'est ce qu'a voulu montrer le biostatisticien Geert Molenberghs, avec un rapide calcul. Sur les 80.000 personnes ayant rempli le formulaire - obligatoire - au cours de la deuxième semaine des vacances de Noël, seuls 11% ont été testés, note l'expert, membre du GEMS, vendredi dans les journaux de Mediahuis. Et parmi ces personnes testées, 3,7% étaient positifs au Covid-19. « Si vous extrapolez ce pourcentage à l'ensemble des 80.000 voyageurs, on arrive à 3.000 infections », calcule-t-il. En sachant que « de nombreux voyageurs n'ont pas rempli ce formulaire », ce chiffre serait en réalité bien supérieur: 5.000 infectés, selon les estimations du biostatisticien.  

La menace du virus mutant

« C'est plausible », selon Yves Van Laethem. « Ceux qui n'ont pas fait de test ont au moins autant de chances d'être positif que les autres. » Voire plus car, selon l'infectiologue, « ce n'est probablement pas les bons élèves qui n'ont pas été se faire tester... »

Contrôle à l'aéroport de Zaventem

« À part un SMS ou un appel à votre retour, rien ne vous oblige encore à vous faire tester », regrette le porte-parole interfédéral de la lutte contre le coronavirus. « Il y a donc forcément des gens qui ne vont pas le faire. » Pour les convaincre, l'expert cite « la manière la plus simple »: l'amende, comme dans le cas des lockdown parties. « Si une fois de plus le pédagogique ne fonctionne pas, c'est une des voies que l'on pourrait emprunter. »  

Pour Geert Molenberghs, ce nombre de voyageurs infectés démontre également qu'il est crucial de respecter la période de quarantaine. D'autant plus dans le contexte actuel où le variant britannique, plus contagieux et détecté dans 40 pays, fait craindre un rebond de l'épidémie, alors que la Belgique fait (enfin) partie des bons élèves européens.

« Il est encore trop tôt pour savoir si ce retour des vacanciers a eu un impact sur la situation sanitaire », estime Yves Van Laethem, visant plutôt la mi-janvier, en même temps que celui du réveillon du Nouvel An et peu avant celui du retour à l'école, qui « aura éventuellement un effet multiplicateur, dépendant de la masse de virus ramenée ou pas ».     

Pour rappel

Tous les voyageurs se rendant ou rentrant en Belgique, quel que soit le moyen de transport utilisé, doivent remplir le Formulaire de Localisation du Passager (PLF) au plus tôt 48 heures avant leur arrivée sur le territoire belge, sous peine d'avoir une amende de 250 euros.

Considérés comme des « contacts à haut risque », ceux revenant de zone rouge, y ayant séjourné plus de 48 heures, doivent obligatoirement se placer en quarantaine, et se faire tester le premier jour et le septième jour de cette quarantaine. Trois SMS leur seront envoyés, pour rappeler aux « quelques » distraits la démarche à suivre. Si le test du septième jour est négatif, la quarantaine est levée. Si le test du septième jour est positif, la quarantaine est prolongée d’au moins 7 jours.

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