L'immobilier ne connaît pas la crise

L'immobilier, l'un des seuls secteurs que la crise sanitaire n'a pas mis à genoux. - Unsplash
L'immobilier, l'un des seuls secteurs que la crise sanitaire n'a pas mis à genoux. - Unsplash
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En 2020, le marché immobilier a plutôt bien résisté à la crise sanitaire, en particulier en Wallonie. On constate même une forte hausse des prix sur l'ensemble du pays. Ce qui n'est pas rassurant pour certains.

Pandémie ou pas, le Belge garde sa brique dans le ventre. Malgré les dix semaines d'arrêt quasi total des activités, le marché immobilier a gardé la forme en 2020, selon le bilan dressé par la Fédération du Notariat belge. Sans surprise, le nombre de transactions a baissé, mais la diminution est relativement minime compte tenu des circonstances: -2,7% par rapport à une année 2019 record.

Pour le porte-parole de la Fednot Renaud Grégoire, le bulletin est donc plutôt positif, vu le contexte peu propice aux investissements. « Après le confinement du printemps dernier, les perspectives économiques délicates étaient de nature à laisser planer un certain doute quant à une reprise immédiate de l'activité. Il n'en fut rien », retrace le notaire. « Dès le mois de juin, le phénomène de rattrapage de l'inactivité de deux mois passés s'enclenchait et on constatait une très forte augmentation de l'activité pendant l'été et une stabilisation au cours du dernier trimestre. »

Un marché wallon plus solide

Sur le terrain, les trois Régions n'ont toutefois pas traversé la crise sanitaire de la même manière. Ainsi, les transactions ont baissé de 4,8% à Bruxelles, où la proportion des investisseurs et promoteurs immobiliers est plus importante, mais aussi en Flandre (-4,2%), qui pâtit de la suppression cette année du « woonbonus », alors qu'elles ont légèrement augmenté en Wallonie (+0,8%), profitant des effets collatéraux du télétravail. Mais là encore, on relève des disparités importantes selon les provinces, avec par exemple une progression de 3% à Liège et à Namur, mais une chute de 8,4% en Brabant wallon.

Une maison à vendre en Wallonie

Les prix s'envolent

L'évolution des prix n'a, quant à elle, pas connu de répit. Au niveau national, le prix moyen d'une maison s'élevait en 2020 à 276.993€, soit une hausse de +5,7 % par rapport à l’année précédente. Pour un appartement, il fallait débourser en moyenne 244.112€ hors frais, soit une hausse de 6,8% en un an. « Notre analyse sur l'ensemble de la Belgique montre que l'augmentation des prix a été la plus forte sur les biens les plus chers », note Renaud Grégoire. « Autrement dit, le prix moyen des maisons les plus chères a augmenté plus fortement en pourcentage que le prix moyen des maisons les moins chères. Ce phénomène est plus marqué en Flandre. »

La plus faible hausse des prix a été enregistrée dans la province namuroise (+4,1%), alors que le Luxembourg a bénéficié d'un attrait plutôt inattendu. Les prix des maisons y ont grimpé de 11,2%, pour atteindre en moyenne près de 226.000€, devenant ainsi la deuxième province la plus chère de Wallonie, loin derrière le Brabant wallon, qui lui connaît hausse de +7,7% et un prix moyen de… 362.230€. Dans ces deux provinces, le prix moyen d'une maison a augmenté de 21% sur les 5 dernières années.

C'est un peu plus que dans la capitale (+20,8%), où le prix moyen d'une maison se rapproche du demi-million d'euros et celui d'un appartement de 275.000€.  

Un appartement vendu

Un constat préoccupant

Pas la peine donc d'espérer réaliser une bonne affaire grâce à la crise sanitaire et à ses conséquences économiques. Celles-ci n'ont pas atteint le marché immobilier. Pire encore, le porte-parole de la Fédération des Notaires estime que de nombreux vendeurs veulent attendre la fin de la pandémie avant de vendre leur bien en toute sécurité et sérénité, réduisant ainsi l'offre tandis que la demande, elle, reste soutenue. Un déséquilibre qui a tendance à faire grimper les prix.

Ceci n'est pas sans conséquence sur le profil des acheteurs. En 2020, l'âge moyen des acquéreurs est passé de 41 à 42 ans, augmentant ainsi lentement mais sûrement. La proportion des moins de 30 ans, qui représentent 25,7% du total de ces acheteurs, s'en voit donc de plus en plus réduite. Sans oublier les moins aisés, tout âge confondu, qui n'ont pas les moyens de disposer de leur propre toit.

Positif, ce bilan a finalement de quoi préoccuper: avec un marché immobilier toujours plus cher, le fossé ne cesse de se creuser entre les exclus de l'accès à la propriété, toujours plus nombreux, et les autres, multipropriétaires.

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