Les profs n’ont pas anticipé le retour des cours à distance

Les profs préfèrent largement l'enseignement présentiel.
Les profs préfèrent largement l'enseignement présentiel.
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L’enseignement à distance n’est pas une grande réussite. Une enquête montre que l’utilisation des outils numériques n’a globalement pas été préparé lors du retour à l’école en septembre.

Le flop de l’enseignement hybride ? Il était annoncé. Une enquête menée en ligne entre le 30 septembre et le 7 novembre auprès de plusieurs centaines d’enseignants de la Fédération Wallonie-Bruxelles révèle que plus de la moitié des profs n’ont pas pris la peine alors de préparer les élèves à un retour des cours à distance. Moins de 10% des profs ont mis en place des outils numériques alors que les grands du secondaire sont priés de s’instruire virtuellement la moitié du temps depuis leur domicile.

Il faut dire que la plupart des profs voulaient de l’enseignement en présentiel. À peine un sur cinq plébiscitait l’hybride et seuls 3% étaient favorables à du distanciel complet. La majorité des profs (72%) pointait le masque comme très contraignant pour enseigner et la moitié avait très peur d’être infecté. Le stress n’était pas que sanitaire. Ils étaient très nombreux à se sentir sous pression par rapport au retard pris dans la matière.

Enseigner masqué, c'est compliqué

Un consensus se dégage dans tout le corps enseignant : la crise a largement amplifié les inégalités scolaires. « Le contact humain prime pour les profs. Encore plus en première année primaire où le masque empêche l’apprentissage des phonèmes. Certains se sont montrés créatifs avec des masques transparents. Mais globalement le port du masque a plus impacté l’enseignement primaire que secondaire », explique Natacha Roisin, chargée de cours à l'Ecole de Formation des Enseignants (UMONS) et coordinatrice scientifique de l’enquête. « Ils ressentent une pression mais les avis sont partagés. Tout dépend si on interroge des profs de l’enseignement ordinaire où ils sont plus stressés ou du spécialisé. Cela peut s’expliquer par les programmes à suivre et la quantité de matière à voir ».

Près de 6 profs sur 10 ont toutefois changé leurs pratiques en septembre afin de tenir compte de la situation extraordinaire générée par la pandémie. Comment ? Cela varie. Nombreux (46%) sont ceux qui ont pris contact avec le prof de l’année précédente ou pris soin (40%) de revenir sur les thématiques les plus importantes de l’année précédente. Certains ont enseigné de la matière qui n’avait pas pu être enseignée l’année scolaire précédente. « La priorité a surtout été de remotiver les élèves et éventuellement remédier à des retards. Les profs ont constaté beaucoup de découragement. Lors de notre première enquête, les profs craignaient les inégalités. Leurs craintes ont été confirmées dans les faits à la rentrée de septembre. » Pourtant, l’accompagnement différencié n’a pas vraiment été fréquent. « C’est lié à un manque de formation. Nous le constatons justement lors de l’expérience-pilote que nous menons avec une centaine de profs. »

 

Les résultats complets des deux enquêtes : 

https://www.capte.be/?p=2603

ttps://web.umons.ac.be/efe/fr/pratiques-enseignantes-en-temps-de-pandemie-travaux-de-recherche/

 

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