Infractions aux règles Covid : petit tour du monde de la délation

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En Belgique comme un peu partout sur la planète, la période aura vu se multiplier les dénonciations pour non-respect des règles sanitaires. Dans certains pays, la délation a été encouragée, voire récompensée. En Corée du Sud, les « meilleurs » mouchards peuvent même percevoir l’équivalent de 750 euros.

Pour certains, la pandémie a été l’occasion, d’une manière ou d’une autre, de faire preuve de solidarité. A contrario, d’autres auront sous leurs masques affichés un visage plus sombre. Plusieurs responsables de zones de police ont récemment fait part de la hausse du nombre de dénonciations concernant des infractions aux règles « Covid ». « C’est une horreur, on en reçoit des dizaines par jour », expliquait par exemple David Quinaux, porte-parole de la zone de police de Charleroi, au micro de la RTBF.

Des dénonciations auprès de la police, par téléphone, ou bien par courrier anonyme, parfois même à l’aide de lettres découpées dans les journaux, façon Occupation. Des photos ou vidéos publiées sur les réseaux sociaux ont pu également être dégainées comme pièces à conviction, quand il s’agissait de pointer les infractions commises par le voisin ou la voisine.

« On encourage les gens à dénoncer »

Ailleurs sur la planète, les autorités ont mis à disposition du public des dispositifs plus ou moins élaborés, comme des applications mobiles ou des sites internet. En Nouvelle-Zélande, une page web a ainsi enregistré plusieurs centaines de plaintes depuis le début de la pandémie. Des sites similaires ont été mis en ligne en Europe, comme à Rome. En Italie, le ministre de la Santé, Roberto Speranza avait même appelé au sens des responsabilités des citoyens, et à signaler les regroupements trop importants dans le cadre privé. 

De l’autre côté de l’Atlantique, plusieurs villes québécoises ont également ouvert des pages dédiées. Mi-mars, au début du premier confinement, les services de police de Montréal appelaient même purement et simplement à la délation. « On encourage les gens à dénoncer. Nos gens au 9-1-1 sont présents, ont la capacité de répondre à l'ensemble des appels. On est en survie actuellement », lâchait le directeur de la police.

Le business des corbeaux

Au Québec, cela ne s’arrête d’ailleurs pas là, puisque la délation y est en quelque sorte institutionnalisée. Avant même le Covid, Revenu Québec (le fisc) a organisé une procédure afin de déposer en ligne une dénonciation, afin « d’assurer l’équité du régime fiscal québécois ». Dans certains cas, dénoncer son prochain peut même devenir une activité lucrative, rapportant jusqu’à 15% des sommes récupérées, et ce, en fonction de la qualité des informations.

À l’autre bout du monde, le gouvernement sud-coréen offre également aux citoyens la possibilité de dénoncer les manquements aux règles sanitaires. Au pays du matin calme, la délation est carrément un business. Depuis une vingtaine d’années, plus de 300 infractions listées sont susceptibles d’être rapportées aux autorités, et ce, en échange d’argent. Des « écoles de la délation » forment même des professionnels, appelés « paparazzis ». Ceux-ci seraient des milliers dans le pays, à arrondir leurs fins de mois en traquant les écarts de leurs concitoyens. « Une photo d'un passant jetant son mégot et hop, je gagne 30.000 wons (20 euros) », racontait une apprentie paparazzi au Figaro.

En pleine pandémie, des villes sud-coréennes ont décidé d’octroyer des récompenses supplémentaires : 116 délateurs de la localité de Daejeon (centre du pays) pourront recevoir jusqu’à 1 million de won (750 euros) pour le plus productif d’entre eux. Selon RFI, la palme d’or des corbeaux reviendrait à une personne ayant dénoncé jusqu’à 2.700 infractions.

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