Vaccination: comment convaincre ceux qui doutent encore ?

Jack, 98 ans, de Bristol, premier Anglais vacciné. ©PRESSASSOCIATION
Jack, 98 ans, de Bristol, premier Anglais vacciné. ©PRESSASSOCIATION
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Seul un Belge sur deux affirme qu'il se fera vacciner. L'autre moitié hésite, voire refuse. Pourtant, il faudrait que 70% de la population soit immunisée pour reprendre une vie normale. Voici quelques arguments à l'attention de ceux qui ne seraient pas encore convaincus.

Nous sommes en décembre et le coronavirus circule toujours. On le savait depuis un moment, mais il est désormais clair qu’on n’en sera pas débarrassé tant que la majorité de la population ne sera pas vaccinée. Des spécialistes s’expriment quasi tous les jours à ce sujet dans les médias : l’objectif est que 70 % des Belges soient immunisés aussi vite que possible.

Malheureusement, le vaccin fait encore peur à une partie du pays. Comme le souligne la RTBF, la dernière étude de Sciensano montre que seul un Belge sur deux affirme qu’il se fera vacciner. Un tiers de la population hésite encore et pour les 17 % restant, c’est un non catégorique. 

Mais comment les convaincre ? Même l’Organisation Mondiale de la Santé a indiqué que rendre la vaccination obligatoire serait une mauvaise idée, sauf pour certaines professions. Le mieux, selon l’organisation, serait de communiquer sur les avantages.

Trop de risques ?

La première crainte avancée par les sceptiques et les antis est la peur des effets secondaires. Et on peut le comprendre : tous les vaccins sont susceptibles d'en provoquer. 

Comme l’a expliqué Pierre Coulie, immunologue à l’UCLouvain, à la RTBF, parfois, il s’agit d’une réaction locale à la piqûre : petite douleur, gonflement, irritation… Cela varie d’une personne à l’autre et ces effets peuvent arriver avec n’importe quel vaccin. Ils peuvent aussi être plus généraux : fièvre, douleurs, maux de tête… Mais encore une fois, il s’agit des réactions bénignes  du corps humain. Et en souffrir ou non ne veut pas dire que le vaccin fonctionne ou pas. C’est juste le corps qui réagit. 

Il est vrai, des effets secondaires beaucoup plus graves existent, mais le docteur Pierre Coulie rassure : « ils sont rarissimes. Aussi, bon nombre d’effets graves attribués à des vaccins par le passé, comme la sclérose en plaques ou l’autisme, n’ont absolument aucun lien avec la vaccination. Cela a été prouvé par des études cliniques ».

Trop vite ?

Autre point souvent abordé par les non-convaincus : la vitesse à laquelle le vaccin est arrivé. En effet, pour certains, tout a été trop vite : la conception, le testing... Difficile de leur donner tort sur ce point puisqu’auparavant, le vaccin le plus rapidement développé fut celui contre Ebola, qui a pris 5 ans...

Il ne faut pas le cacher : l’appât du gain a autant poussé les entreprises pharmaceutiques à mettre en œuvre des moyens colossaux pour aller au plus vite que l’urgence de la situation. Mais, la science et les technologies ne cessent également d’évoluer et permettent désormais de travailler plus efficacement.

Ensuite, concernant le testing, il est vrai que le processus d’autorisation par les autorités sanitaires a été accéléré, mais cela a été fait principalement en priorisant immédiatement les vaccins Covid aux autres dossiers dont elles sont chargées. C’est notamment ce qu’a fait l’Agence européenne du médicament, qui, de cette façon, a pu aller plus vite à qu’à son habitude, mais tout en restant aussi rigoureuse.

Enfin, on ne développe pas un vaccin n’importe comment. Il y a des étapes et processus définis à respecter. C’est pour cela qu’on entend régulièrement parler les sociétés pharmaceutiques de leurs avancées, phase par phase. Et on l’a beaucoup lu et entendu : la dernière phase de la conception est un testing à grande échelle, sur une population variée. Ce n’est qu’en donnant les résultats de cette phase 3, qu’une société peut voir son vaccin validé par les autorités compétentes. 

Pas assez efficace ?

Enfin, pour d’autres encore, le vaccin ne serait pas assez efficace. Effectivement, ces derniers jours, toutes les sociétés annoncent le taux d’efficacité de leurs sérums, oscillant tous entre 90 et 95 %. Il faut savoir que ces résultats sont très élevés. Plusieurs des vaccins obligatoires en Belgique n’atteignent même pas un tel niveau d’efficacité. Le vaccin contre la rougeole est le plus efficace et pourtant, son taux n’est « que » de 97 %.

La probabilité que le vaccin Covid-19 vous protège est donc beaucoup plus élevée que le risque de conséquences graves. Pourquoi s’en passer ?

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