Votre gel hydroalcoolique est-il vraiment efficace?

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D’après des tests réalisés en Belgique et en France, un gel n’en vaut pas un autre. Une solution pour s’y retrouver : savoir lire les étiquettes.

Avec la pandémie actuelle, les gels hydroalcooliques sont devenus en un rien de temps indispensables et omniprésents. Dans un tel contexte, s’assurer de leur efficacité est la moindre des choses. C’est ce qu’ont justement fait en cette fin novembre deux organismes de part et d’autre du Quiévrain: Test-Achats en Belgique et la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) en France. Si le bilan n’est pas totalement sombre, il n’est pour autant pas dénué de sérieux avertissements.

Objectif numéro un: le taux d’alcool

Pour savoir si un gel hydroalcoolique est vraiment utile contre le coronavirus, c’est en soi assez simple. Il suffit de savoir quelle est la teneur en alcool qu’ils contiennent. D’après l’étude menée par Test Achats sur 19 flacons, onze en contiennent plus de 70%, trois entre 65% et 70% et enfin cinq entre 60% et 65%. Puisque l’Organisation mondiale de la santé (OMS) fixe la barre de l’efficacité à 60%, ils sont donc tous dans la norme.

Oui, sauf que comme le précise Test-Achats sur son site, «si 60% est idéal pour tuer les bactéries, tout le monde s’accorde pour affirmer qu’il en faut plus pour tuer un virus». Les pouvoirs publics belges préfèrent d’ailleurs mettre la barre plus haut, à 70%, tout en acceptant ceux entre 60% et 70% sur le marché. Pour ces derniers, l’association des consommateurs recommande donc de bien se frotter les mains avec pour maximiser les chances de lutter contre le coronavirus.

Mais cette préoccupation prend encore une autre dimension en France. Là-bas, la DGCCRF a estimé que 13% des produits ne contenaient même pas 60% d’alcool. Que ce soit en grande surface ou en pharmacie, on est susceptible de tomber sur l’un de ces mauvais élèves. «Dans certains cas, il s'agit de quelques dizaines de flacons lorsque ce sont les produits qui sont élaborés de manière artisanale. Pour d'autres, ça peut être plusieurs milliers de produits», indique Romain Roussel, directeur de cabinet de la DGCCRF, à Franceinfo. Autant dire que les Belges doivent être encore plus vigilants en achetant un gel de l’autre côté de la frontière.

Les écueils des étiquettes

Dans le doute, on pourrait simplement se dire qu’il vaut mieux acheter des gels avec au moins 70% d’alcool. Mais encore une fois, ce n’est pas si simple. Car comme le constate Test-Achats, les étiquettes sont loin d’être toujours irréprochables. Sur les produits testés en Belgique, trois ne renseignent même pas leur taux d’alcool.

Mais ce n’est pas le seul souci que posent ces emballages. L’association des consommateurs en recense ainsi onze avec un manque de clarté sur leurs composants. Un problème qui a aussi été constaté en France. La DGCCRF a répertorié 38% de flacons avec un étiquetage incomplet ou incorrect. Et pour 22% d’entre eux, bien qu’ils aient une teneur suffisante en alcool, ils ont été déclarés «non conformes et dangereux» à cause d’étiquettes minimisant des dangers comme leur inflammabilité. Enfin, pour couronner le tout, trois des 19 produits testés par Test-Achats contenaient des substances allergènes.

Casser sa tirelire pour des gels n’est pas nécessaire!

L’enjeu sanitaire des gels hydroalcooliques est donc important. Pour régler le problème, la DGCCRF a assuré ce mois-ci que les produits identifiés comme «non conformes ou dangereux» feraient l’objet de «suites appropriées, notamment de mesures de retrait et/ou de rappel».

En attendant, les clients sont invités à faire attention aux étiquettes, et plus particulièrement au taux d’alcool. Pour s’épargner cette besogne, le réflexe serait d’acheter les produits plus chers mais ce n’est pas une bonne garantie d’efficacité. Car comme le montre Test-Achats, le flacon le plus coûteux au litre (100€) n’a même pas renseigné son taux d’alcool et parmi les quatre qui le suivent (plus de 57€), trois ont un pourcentage de 61%-62%, soit tout juste au-dessus de la norme de l’OMS. Il faut d’ailleurs préciser que la Belgique a pris la décision de ne pas plafonner le prix de ces produits, contrairement à la France. Résultat: un litre de gel hydroalcoolique coûte en moyenne 39,55 euros en Belgique (un montant en légère diminution depuis juin), 26,06 en France et 20,78 aux Pays-Bas. Autrement dit, cette stratégie peut vite faire mal au portemonnaie.

Pourtant, en faisant attention, on peut tenter de concilier efficacité et rentabilité du produit. En Belgique, celui le plus efficace, avec un pourcentage de 80% (qui est d’ailleurs indiqué sur l’emballage), se situe plutôt dans une moyenne légèrement haute des prix (49,5€). Mais les alternatives ne manquent pas. Question de terminer sur une bonne note, on peut même relever une belle surprise: le deuxième flacon le moins cher (15,97€ au litre) est aussi avec le deuxième avec le taux d’alcool le plus haut sur son étiquette (78%).

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