Angela Merkel, 15 ans de pouvoir en 5 dates

Belga
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La chancelière allemande fête aujourd'hui ses quinze années à la tête du pays. Alors qu'elle laissera la main d'ici un an, retour en cinq dates sur un règne qui a changé l'Allemagne et l'Europe.

22 novembre 2005 : la première femme chancelière d'Allemagne

Angela Merkel devient la première femme chancelière d'Allemagne. Elle est aussi, à 51 ans, la plus jeune personnalité politique du pays à atteindre ce poste. L'ancienne protégée de Helmut Kohl, chimiste de formation arrivée de l'Est après la chute du Mur, n'était pourtant pas attendue là. C'est discrètement qu'elle a grimpé les échelons de la CDU (démocrates-chrétiens, conservateurs) jusqu'au jour où, en décembre 1999, elle a « tué le père » en dénonçant les pratiques financières frauduleuses de son mentor, chancelier indétrônable durant les années 80 et 90.

En 2005, elle réinstalle son parti au gouvernement après des élections où la CSU s'est retrouvée au coude à coude avec le SPD (socialistes) du chancelier Gerhard Schröder. Alors que ce dernier pensait rempiler, « Angie » en a décidé autrement, s'octroyant le poste de chancelière en échange d'une grande coalition.

30 mai 2011 : elle annonce la sortie du nucléaire de l'Allemagne

Quelques mois après la catastrophe de Fukushima, Angela Merkel fait volte-face sur le nucléaire. Elle qui avait annoncé, malgré ses promesses de campagne de 2009, qu'elle comptait prolonger les réacteurs, décide finalement que les derniers réacteurs nucléaires allemands fermeront en 2022. Elle explique sa position au vu de la catastrophe de Fukushima : « Je ne m'attendais pas à ce qu'un risque que je jugeais jusque-là théorique et de ce fait acceptable devienne réalité ».

Pour compenser la sortie du nucléaire, l'Allemagne joue sur deux fronts : le développement des énergies renouvelables (éoliennes et solaires) et le recours au... charbon. Résultats mitigés, mais prometteur : en 2020, le renouvelable compte pour près de la moitié de la production d'électricité allemande, le nucléaire est tombé à 13% (contre 22 dix ans plus tôt), mais les objectifs concernant la baisse des gaz à effet de serre ne sera pas atteint. Prochain objectif : se débarrasser du charbon à l'horizon 2035. Sa part a déjà lourdement chuté cette année. Surtout, l'Allemagne a transformé ses infrastructures énergétiques et est plus que jamais tournée vers le renouvelable.

31 août 2015 : « Wir schaffen das ! »

« Nous y arriverons ! ». Devant l'arrivée en masse de migrants fuyant la guerre et la misère qui frappent aux portes de l'Europe forteresse, Angela Merkel décide, à l'encontre de son parti et de son électorat, d'ouvrir les frontières allemandes et d'accueillir ces gens. Elle justifie cette décision en parlant d'acte d'humanité et assure que l'Allemagne « arrivera » à intégrer tous ces gens.

Entre 2015 et 2019, 1,5 millions de personnes ont demandé l'asile en Allemagne qui est, de loin, le pays européen à avoir accueilli le plus de réfugiés. A quel prix ? Son parti conservateur ne la suit pas, les critiques fusent et sa décision est tenue pour responsable de la montée de l'extrême droite allemande et de l'arrivée de l'AfD au Bundestag en 2017.

Pourtant, selon le Centre de recherche allemand pour l'intégration et la migration « environ trois-quarts des réfugiés arrivés ici en 2015, 2016 ont aujourd'hui leur propre logement ; ils vivent de manière indépendante. Environ deux tiers de ceux qui ont fui en 2015, 2016 ont un emploi permanent ou une formation, même s'il y a du retard chez les femmes. Dans l'ensemble, l'évolution a été beaucoup plus positive que ce qu'avaient imaginé les plus optimistes il y a quelques années ».

21 juillet 2020 : l'accord européen sur la mutualisation des dettes

Alors que lors de la crise de la zone euro de 2008-2012, Angela Merkel et son ministre des finances Wolfgang Schauble avaient été intraitables avec la Grèce, leur imposant une cure d'austérité et refusant toute remise de dette, elle change de politique pour sortir l'Europe du marasme économique dans lequel la crise du coronavirus l'a mise. Contre toute attente, elle a suivi Emmanuel Macron sur un plan de relance commun, une mutualisation des dettes des 27 Etats membres à hauteur de 750 milliards d'euros (dont 390 sous forme de subvention). En bref, plutôt que de jouer au gendarme comme en 2010, elle a fait le pari d'une Europe plus unie et solidaire... Plus intégrée.

22 novembre 2020 : plus populaire que jamais

Après quinze ans au pouvoir et malgré des décisions qui n'ont pas toujours fait l'unanimité, Angela Merkel est plus populaire que jamais dans son pays avec plus de 70% d'opinion favorable. On doit ce chiffre inégalé ailleurs dans le monde à sa gestion de la crise du coronavirus qui a moins touché l'Allemagne que ses voisins. En faisant de nombreux tests dès l'arrivée du virus, l'Allemagne a gardé le contrôle de la situation, ses hôpitaux n'ont jamais été saturés et le nombre de victimes a été limité (14.000 morts, c'est moins qu'en Belgique).

D'ici un an, Angela Merkel quittera le pouvoir, elle aura fait de l'Allemagne la première puissance européenne, leader de facto de l'Union européenne en étroite collaboration avec la France (le « couple franco-allemand » a rarement aussi bien fonctionné) et un pays à l'économie stable et solide, ouvert sur le monde extérieur et tourné vers l'avenir.


 


 


 


 


 


 


 

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