Les Belges en quête d’une solution pour fêter Noël en famille

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L’exécutif se montre de moins en moins optimiste quant aux fêtes de fin d’année. En parallèle, les idées fusent pour trouver quand même un moyen de passer les fêtes ensemble mais sans risque.

Célébrer Noël barricadé chez soi: voilà une pilule qu’une bonne partie de la population aurait du mal à avaler. Seulement 68% des Belges seraient prêts à se plier à cette contrainte, selon une étude de l’université d’Anvers. Chez les 18-35 ans, ils seraient même 40,8% à se rebeller contre le confinement (même si les étudiants sont plus respectueux, avec seulement 29,4% de récalcitrants). Pourtant, le Premier ministre a mis en garde ce mercredi: «La dernière chose que nous voulons, c'est une vague de Noël. Si nous sommes négligents à Noël, on constatera les dégâts trois à quatre semaines après». Dans ce contexte, plusieurs propositions ont été émises pour sauver Noël tout en se protégeant du coronavirus. Un défi pour le moins compliqué.

Un contrat moral québécois très risqué

La solution du jour vient du Québec. Là-bas, le Premier ministre de la Belle Province vient de mettre sur la table un compromis pour contenter toutes les parties, sous forme de contrat moral. Les Québécois pourront se réunir jusqu’à dix personnes pour Noël seulement s’ils font une concession. «En échange, ce qu'on demande aux Québécois, c'est d'essayer de ne pas avoir de contacts une semaine avant Noël, une semaine après Noël» pour limiter les risques de contagion, explique François Legault. Cela revient à tirer un trait sur la fête du Nouvel An, mais au moins Noël est sauvé.

Mais en-dehors du Québec, cette proposition est accueillie très froidement. Pour Yves Van Laethem, porte-parole interfédéral pour le Covid-19, elle comporte même de nombreuses lacunes. «Le problème, c’est qu’il faut déjà 14 jours pour être sûr qu’une personne positive ne soit plus contagieuse», explique-t-il. Une période de sécurité de sept jours n’est donc pas suffisante. Après une si courte durée, la moitié des malades pourrait continuer de propager la Covid-19. «Si on applique cette règle québécoise dans un endroit où les cas sont peu nombreux, pourquoi pas. Mais avec le contexte belge actuel, qui est encore plus flambant qu’au Canada, c’est vraiment trop risqué», dit-il.

Yves Van Laethem estime que même en appliquant un confinement de 14 jours avant et après Noël, «la transmission pourrait se faire via un asymptomatique à Noël» et puis la machine serait relancée. Or les asymptomatiques sont très nombreux (de 20% à 45% selon les études). «Et enfin, il faut voir si le contrat social serait respecté. Je ne sais pas au Canada mais chez nous, je n’ai pas l’impression que les contrats sociaux marchent bien», conclut-il.

Tous testés? Oui mais non

Alors que faire? Ce jeudi, l’émission «C’est vous qui le dites» a interviewé un ancien malade du Covid-19 qui avait sa petite idée. Dix jours avant Noël, il fera un test et s’il s’avère que ses anticorps sont encore bien présents, il s’autorisera à voir sa fille et ses petits-enfants. Dans le cas contraire, il restera chez lui. «Si tout le monde faisait pareil et faisait une prise de sang pour être sûr de son état, cela devrait aider à maîtriser la propagation du virus», termine-t-il.

«On pourrait en effet imaginer que tout le monde se fasse tester juste avant les fêtes», juge positivement Yves Van Laethem. Mais il y a un problème: pour l’instant, les règles gouvernementales en vigueur permettent seulement de tester des cas précis (manifestation de symptômes, professions particulières, contact avec un malade, etc.). «Cela dit, il n’est pas impossible d’adopter un système similaire à celui des voyages en zone rouge, à savoir faire un premier test avant Noël puis un autre 15 jours ou trois semaines après. Mais cela coûterait à chaque fois 50€», fait remarquer le porte-parole interfédéral. Ce qui fait cher la fête en famille…

Pour régler ce problème, il faudrait que la Belgique ait la capacité de tester massivement en peu de temps. Or, avec les tests PCR qui font autorité aujourd’hui, ce n’est pas possible. Il y a les tests antigéniques rapides mais les autorités belges ne l’utilisent encore que peu car ils sont réputés moins fiables. Pour l’instant, tester toute la population via cette méthode, comme l’a fait la Slovaquie, n’est pas à l’ordre du jour.

L’impasse…

Fin octobre dernier, Frédérique Jacobs, cheffe du service infectiologie à l’hôpital Erasme, avait de son côté proposé une autre issue qui avait fait beaucoup parler. La recette miracle: repousser Noël à l’été 2021. Mais l’idée de ressortir le sapin sous 30°C n’a pas vraiment fait mouche, autant en Belgique qu’en France d’ailleurs, où le Nouvel Observateur parle d’une «blague belge». Christophe Barbier, éditorialiste et ancien directeur de «l’Express», avait quant à lui proposé de repousser les fêtes à fin mars 2021 lors d’une intervention sur BFMTV. Il n’a semble-t-il pas eu plus de succès.

Si on fait le bilan, aucune solution parfaite ne semble s’imposer. L’exécutif fédéral est d’ailleurs très vague sur le sujet, ne sachant pas encore clairement ce qu’il va faire. «Il sera sûrement difficile d’alléger les mesures sanitaires, la circulation du virus doit être beaucoup plus faible que ce qu’elle n’est aujourd’hui», explique le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke à propos des vacances de Noël. «C’est particulièrement gênant que le gouvernement ne se positionne pas clairement», regrette Yves Van Laethem qui parle de ce qui serait un « tabou » pour le ministre. «J’aimerais aussi pouvoir rencontrer plus de gens mais, moi, je passerai ces fêtes avec les gens qui vivent sous mon toit», a en tout cas assuré le Premier ministre.

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