Concrètement, où en est-on avec le vaccin?

Vacin @BelgaImage
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Malgré les effets d’annonce de Big Pharma et les doutes affichés par les vaccino-sceptiques, les premiers vaccins contre la Covid-19 pourraient être commercialisés avant la fin de l'année en Europe et aux États-Unis.

L’agence européenne des médicaments prévoit de donner son avis favorable à un premier vaccin contre le nouveau coronavirus “d’ici la fin de l’année” en vue d’une distribution “à partir de janvier”. En route vers la vaccination contre le Covid. Mais ce ne sera pas une autoroute. On n’est pas encore à l’abri d’accidents. “C’est encourageant parce que par le passé, les vaccins contre les coronavirus n’étaient pas efficaces contre les maladies pulmonaires. Donc les anticorps ne suffisaient pas. Ici le vaccin est cliniquement actif. Mais il faut être très prudent parce que “efficace à 90 %”, ça ne veut pas dire grand-chose à ce stade”, explique Jean-Michel Dogné, directeur du département pharmacie et expert auprès de l’OMS en sécurité des vaccins.

Pourtant, dès à présent, la population est loin d’être unanime face à l’espoir que représente le vaccin. “L’hésitation vaccinale est un problème général de la vaccination connu depuis le XIXe siècle. Dans toutes les enquêtes, quand on parle de vaccin Covid, un Belge sur deux est favorable. À côté, on a entre 25 et 30 % d’indécis. Une des raisons principales de cette hésitation vaccinale est la sécurité des vaccins et la peur des effets indésirables. Les données des études cliniques à ce sujet et le suivi de pharmacovigilance seront donc importants. Restent entre 20 et 25 % d’autres qui sont difficiles à convaincre pour des raisons religieuses, de complotisme ou autres.

Une guerre froide des vaccins

L’OMS a d’ailleurs fait de l’hésitation vaccinale l’une de ses priorités. “Les hésitants ont peur des risques et je les comprends. Il faudra être transparent sur toutes les données, y compris les effets indésirables. Comme pour tous médicaments qui sont sur le marché, certains risques, comme les risques très faibles ou à long terme devront être étudiés en continu dans les études cliniques qui vont se poursuivre et dans la vraie vie.”  En parallèle, on assiste à une guerre froide des vaccins avec la Russie qui a annoncé 92 % d’efficacité contre 90 % pour le vaccin de Pfizer.

Mais la Commission européenne se tient prête pour organiser la vaccination dès que ce sera possible. Elle a édité en juin sa manière de procéder pour garantir les achats en Europe. L’achat des vaccins sera réparti en fonction du nombre d’habitants. “Il est remarquable que la Commission européenne ait mis en place un système permettant d’éviter la concurrence entre États membres, comme avec les masques en mars-avril où chaque pays a fait ses marchés. On a tiré les leçons de la première vague.

Par ailleurs, en Belgique, le Conseil supérieur de la santé a mis en priorité les professionnels de la santé pour éviter le haut taux d’absentéisme pour cause de maladie que nous connaissons aujourd’hui, ainsi que les personnes de plus de 65 ans et à risque. On identifie ainsi 4 millions de personnes, 1 million d’entre elles refuseront. Il faudra deux doses par personne, donc 6 millions de doses en tout. “Tant au niveau fédéral que régional, chacun abat un travail colossal pour évaluer les vaccins et tout préparer. Il faut leur faire confiance”, appuie Jean-Michel Dogné.

Une commercialisation dès mi-décembre

La demande était attendue depuis plusieurs jours, suite à la publication des résultats de l'essai clinique mené depuis juillet sur 44.000 volontaires dans de multiples pays, et selon lesquels le vaccin serait efficace à 95% pour prévenir le Covid-19, sans effets secondaires graves. Les Etats-Unis et l'Europe pourraient l'autoriser dès décembre: la première quinzaine pour la FDA, et la seconde pour l'Agence européenne des médicaments, selon la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen. Un autre vaccin, par la société américaine Moderna, aussi efficace, est sur les talons de Pfizer.

Une demande d'autorisation en urgence du vaccin contre le Covid-19 développé par l'alliance Pfizer/BioNTech devrait être déposée ce vendredi aux Etats-Unis, a annoncé jeudi le gouvernement américain. "Le partenaire de Pfizer, BioNTech, a annoncé qu'il avait l'intention de déposer demain une demande d'autorisation en urgence auprès de la FDA", l'Agence américaine des médicaments, a déclaré le secrétaire américain à la Santé Alex Azar lors d'une conférence de presse à la Maison Blanche. "Nous nous attendons à ce que Moderna fasse cette demande bientôt également", a-t-il ajouté, à propos de cette société américaine également sur les rangs pour développer et distribuer à grande échelle un vaccin contre le Covid-19.

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