Comment Trump sabote la transition avec Biden

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Deux semaines après l’élection, le président sortant refuse toujours d’admettre la victoire du Démocrate. Accumulant les échecs en justice, Donald Trump prend des décisions qui risquent de compliquer la tâche de son successeur.

Jusqu’à ce mardi, Christopher Krebs était le patron de l’agence gouvernementale chargée de la cybersécurité aux aux États-Unis (CISA). Il faisait partie des hauts fonctionnaires de la sécurité intérieure qui, la semaine passée, avaient déclarés que les élections du 3 novembre dernier étaient « les plus sûres de l’histoire américaine », malgré les allégations de Donald Trump, qui continue, lui, de crier à la fraude. Ce 17 novembre, Christopher Krebs a appris…via twitter qu’il était limogé, le président sortant ayant peu apprécié ses prises de position. « La récente déclaration de Chris Krebs sur la sécurité des élections de 2020 était très inexacte, puisqu’il y a eu des irrégularités et des fraudes massives », a écrit le milliardaire sur son réseau social préféré. « C’est pourquoi Chris Krebs a été démis de ses fonctions de directeur de l’agence de cybersécurité et de sécurité des infrastructures, avec effet immédiat ».

C’est peu dire que la pilule a du mal à passer. Quinze jours après l’issue du scrutin, Donald Trump persiste à ne pas reconnaître la victoire de Joe Biden. Pour combien de temps encore ? Chaque jour ou presque, sa position devient de plus en plus intenable et s’apparente à une fuite en avant désespérée, à mesure que les recours en justice attentés par le camp républicain se voient rejetés. Mardi soir, les quatre membres républicains de la commission de certification des résultats du comté de Wayne (le plus peuplé du Michigan) se sont finalement résolus à ne pas contester la validité du scrutin, ce qui confirme la victoire du démocrate dans ce swing state.

Ailleurs, les recours de l’équipe de camp de Trump n’ont pas non plus permis de faire basculer la balance. Cette semaine, la cour suprême de Pennsylvanie a par exemple conclu que les lois électorales de l’État n’avaient pas été violées lors de la Présidentielle, contrairement à ce que plaidaient les conservateurs.

Retraits du Moyen-Orient

Christopher Krebs n’est pas le seul haut-responsable de l’Administration Trump à avoir pris la porte en cette période post-électorale. Le secrétaire américain à la défense, Mark Esper, l’avait précédé une semaine avant. Ce dernier n’a probablement pas résisté aux multiples divergences de vues qu’il entretenait avec son patron, notamment sur les dossiers afghans et irakiens, où il plaidait le maintien des troupes américaines jusqu’à ce que la violence ait fortement diminuée sur le terrain. Mark Esper à peine parti, son successeur par intérim, Christopher Miller, a annoncé une évolution dans la stratégie militaire américaine. D’ici au 15 janvier prochain, 2.000 soldats US se retireront d’Afghanistan, et 500 autres d’Irak. Si mettre un terme aux « guerres sans fin » était déjà une promesse faite par le candidat Trump en 2016, l’annonce du retrait (partiel) des troupes encore engagées au Moyen-Orient a été très mal accueillie par l’Otan et par les alliés des États-Unis.

Autre dossier chaud dont devrait hériter Joe Biden : l’Iran. Selon le New York Times, le président sortant aurait envisagé « d’agir » contre un site nucléaire iranien, à deux mois de la fin de son mandat. Des velléités tempérées par le vice-président Mike Pence ou par le secrétaire d’État Mike Pompeo, qui, pour éviter l’escalade guerrière, ont dissuadé le président « d’aller de l’avant avec une frappe militaire ».

Conséquences sur le front sanitaire

La tâche de Joe Biden promet d’être d’autant plus compliquée que le processus de transition, auquel chaque président sortant contribue traditionnellement, ne s'enclenche pas. La General Services Administration, l’agence qui gère la bureaucratie fédérale, n’a toujours pas certifié la victoire du Démocrate, ce qui le prive de moyens pour organiser la passation de pouvoir. L’équipe de Joe Biden est également privée d’accès aux briefings quotidiens sur la sécurité nationale.

Et sur le plan de la crise sanitaire, l’absence de coordination au sommet, notamment dans la préparation de la distribution des vaccins, pourrait se traduire par des morts supplémentaires du Covid-19. « S’il nous faut attendre jusqu’au 20 janvier pour commencer à planifier, cela nous fait prendre un retard d’un mois, un mois et demi », a jugé le candidat victorieux « Et il est tellement crucial que cette coordination commence maintenant… Maintenant ou aussi vite que possible », a insisté Joe Biden.

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