Covid-19 : des séquelles sur les organes même chez les malades « à faible risque »

De jeunes adultes souffrent encore de symptômes des mois après l'infection. ©EASYFOTOSTOCK
De jeunes adultes souffrent encore de symptômes des mois après l'infection. ©EASYFOTOSTOCK
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Une étude britannique a trouvé des dommages aux cœurs, poumons, foies et pancréas de personnes qui n’ont pas dû être hospitalisées pour le Covid. Ces patient souffrent toujours de certains symptômes des mois après leur infection. Un phénomène qui n’est pas rare.

Outre les nombreux malades du Covid-19 hospitalisés, voire même intubés aux Soins intensifs, dont on parle le plus, beaucoup de jeunes adultes souffrent aussi chez eux. Ils ne sont pas considéré comme « à risque » et pour eux, le Covid aura l’air d’une grosse grippe, peut-être un peu plus pénible. 

Une situation qui pousse, malheureusement, certains à prendre cette pandémie et les gestes barrières à la légère. Pourtant, de plus en plus de témoignages montrent que des symptômes de cette « grosse grippe » peuvent perdurer pendant quelques mois suivant l’infection : essoufflements, douleurs, maux de têtes, etc.

Il semblerait désormais que ces effets secondaires pourraient avoir des conséquences sur le long terme. 

Une étude britannique, relayée par le Guardian, a fait passer une batterie de tests à plusieurs centaines de patients Covid-19 « à bas risques » mais dont les symptômes persistent. La moyenne d’âge était de 44 ans. D’après les premiers résultats, plus des deux tiers des 200 premiers cas analysés présentent des séquelles à un ou plusieurs organes 4 mois plus tard. Le cœur, les poumons, le foie ou le pancréas sont notamment atteints.

« La bonne nouvelle est que ces détériorations sont légères, mais cela reste des dégradations et chez un quart des gens, cela touche deux organes ou plus », a expliqué Amitava Banerjee, cardiologue et professeur d’études de données médicales au University College London, au journal anglais.

Cela tend à prouver donc que, bien qu’elle touche moins gravement certaines personnes, la maladie peut tout de même avoir des conséquences non négligeables chez tout le monde. En parallèle, les premières données d’une étude, sur des patients hospitalisés cette fois, montrent également des dégâts aux organes deux à trois mois après l’infection.

Un phénomène fréquent

Et partout, les études prouvent que ces symptômes persistants sont loin d’être rares.

En Belgique, plusieurs travaux récents l’affirment. Selon des résultats obtenus récemment par l’Université d’Anvers, en collaboration avec la KUL, l’ULB et l’université d’Hasselt, 22,4% des Belges qui ont souffert du Covid-19 affichent toujours des symptômes alors qu’ils ont été affectés deux mois avant au plus tôt. 

Il s’agissait d’un sondage pour lequel 25.000 personnes ont été interrogées sur la maladie chez eux mais aussi dans leur entourage. 812 participants ont été touchés par le Covid, et 22,4% d’entre eux (180 personnes environ) ont annoncé avoir toujours des symptômes. Ce sont toujours les mêmes qui reviennent : fatigue, essoufflements, douleurs…

Des résultats similaires ont été obtenus début octobre à la fin d’un enquête conjointe des universités de Hasselt et Maastricht, associées à d’autres organismes. Six mois après avoir été malades du Covid, 91% des répondants disent toujours souffrir de deux symptômes ou plus. Et ici encore, il ne s’agit pas de patients hospitalisés, mais bien majoritairement de personnes « à faible risque », avec une moyenne d’âge de 48 ans dont plus de 80% se sont déclarés en bonne santé avant leur infection.

Même si la recherche progresse, il reste donc encore beaucoup d’inconnues sur ce virus. Pour les personnes âgées ou souffrant de maladies chroniques, il est clair qu'il représente un danger mortel. Pour les autres, plus jeunes, en bonne santé, cela peut ressembler à une grosse grippe, qui disparait en quelques semaines, mais qui laisse manifestement des traces plusieurs mois après. Graves ? A long terme ? Peut-être, mais c’est toujours impossible à infirmer aujourd’hui. D'où l'importance de réduire les risques, pour les autres, mais aussi pour soi, même pour les personnes réputées « à faible risque ».

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