Faut-il imposer le port du masque dès 6 ans?

Le masque aux moins de 12 ans est-il nécessaire? - Unsplash
Le masque aux moins de 12 ans est-il nécessaire? - Unsplash
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La commune de Courcelles a créé la surprise vendredi en voulant imposer le port du masque dans ses écoles aux enfants dès l'âge de 6 ans, à l'image de ce qu'il se fait dans d'autres pays, comme en France et en Espagne. Bonne ou mauvaise idée?

La rentrée scolaire de ce lundi est placée sous code « rouge ». Après deux semaines d'arrêt, les écoles ont dû mettre en place une série de mesures pour faire face à l'épidémie de coronavirus. Et certaines ont été encore plus loin que d'autres, comme à Courcelles où la commune a voulu imposer le port du masque à partir de 6 ans. Contre l'avis des experts et des autorités.

« Ce n'est pas rationnel », reproche Yves Van Laethem, rappelant que les données sur la transmission du virus ne justifient pas une telle mesure. « Oui, les enfants peuvent transmettre le virus et tomber malades, mais ils le sont beaucoup moins fréquemment que les adultes et le risque de transmission par rapport aux plus grands est clairement moindre », explique le porte-parole interfédéral de la lutte contre le coronavirus.

Même son de cloche du côté de Pierre Smeesters, infectiologue et chef du service de pédiatrie de l'Hôpital Reine Fabiola. « Pour les 6-12 ans, il n’y a pas de signaux d’une transmission significative. L'efficacité du port du masque par ces tranches d’âge n'est pas démontrée. Il n'y a pas de raison objective d'imposer le masque et il y a même des données qui montrent que ça peut être difficile à implémenter », expliquait-il samedi sur la RTBF.

La rentrée scolaire dans une école à Courcelles

La rentrée scolaire à Petit-Courcelles. - BELGA

Est-ce faisable?

Car, au-delà de l'utilité du port du masque pour les moins de 12 ans, certains pointent la difficulté à mettre cette décision en pratique sur le terrain. « On sait que les jeunes enfants ne vont probablement pas bien porter ce masque », souligne Yves Van Laethem. Celui-ci s'avère donc inefficace. Citant un avis du Risk assessment group publié le 10 novembre, l'infectiologue du CHU Saint-Pierre affirme que « la balance bénéfices-inconvénients plaide en faveur du fait de ne pas l'imposer » aux enfants de l'école primaire. Le risque n'est pas exclu, mais il est suffisamment faible pour contrebalancer le besoin d'apprentissage et de socialisation des enfants, comme le répètent les pédiatres depuis le début de cette crise.

L'infectiologue au CHU de Liège Christelle Meuris est, elle, plus nuancée, conseillant le port du masque pour les enfants lorsqu'ils sont en contact avec leurs grands-parents.

L'avis de la ministre de l'enseignement

Les circulaires qui organisent la rentrée scolaire en code rouge ce lundi ne prévoient pas le port du masque en primaire. C'est ce qu'a rappelé la ministre de l'Enseignement Caroline Désir dans un courrier envoyé à la bourgmestre de Courcelles Caroline Taquin. « Votre décision porte atteinte de manière disproportionnée à l’équilibre établi, avec les dangers que cela comporte en termes de santé mentale et de développement psychosocial des enfants (un des nombreux facteurs définis par l'OMS dont vous ne semblez pas vouloir tenir compte) et sans qu’un gain réel puisse être obtenu sur le plan de la santé publique », a-t-elle écrit dans la lettre relayée par la RTBF.  

Face à ce rappel à l'ordre et à la grogne de certains parents, la commune de Courcelles a finalement nuancé l'obligation du port du masque dans ses écoles. Cette mesure reste officiellement d'application, mais il est désormais possible de l'éviter. Les parents qui s'y opposent sont priés dans ce cas de compléter une « attestation de responsabilité parentale ».

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