Pourquoi les Républicains restent (pour le moment) fidèles à Trump

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Même si certains au sein du parti n’hésitent plus à le critiquer, la plupart des Républicains font toujours bloc derrière le président sortant, qui n’a toujours pas admis sa défaite.

Ils étaient « plus d’un million », selon Kayleigh McEnany. N’en déplaise à la porte-parole de Donald Trump, qui a dû prendre ses rêves pour la réalité, ils étaient plutôt autour de 10.000, selon l’AFP, à manifester samedi dans les rues de Washington. Drapeaux américains, casquettes rouges « Make America Great Again » vissées sur la tête et pancartes « Halte au vol » brandies, des milliers de partisans du président sortant se sont rassemblés sur la Freedom Plaza, pour lui témoigner leur « amour » et leur soutien.

Et pourtant : les principaux médias américains ont désormais annoncé les quelques résultats de la présidentielle qui manquaient jusqu’alors. Joe Biden est crédité de 306 grands électeurs contre 232 pour Donald Trump. Si un recomptage des votes aura bien lieu en Géorgie, vu la faiblesse de l’écart entre les deux candidats, son issue ne pourra rien changer à la donne, le Démocrate disposant quoi qu’il arrive des 270 grands électeurs requis pour l’emporter. Une victoire que son adversaire républicain refuse pourtant toujours d’admettre.

Vendredi, Donald Trump avait bien semblé, pour la première fois, laisser la porte entrouverte à une reconnaissance de sa défaite. Amené à réagir lors d’un point-presse sur l’éventualité d’un confinement pour combattre le Covid-19, le président sortant avait lâché : « Je pense que le temps nous dira quelle administration nous aurons, mais quoi qu'il se passe à l'avenir, qui sait, je peux vous dire que cette administration n'imposera pas de confinement ». 24 heures après, il s’était toutefois repris : « Des centaines de milliers de personnes montrent leur soutien à [Washington] DC. Ils n'accepteront pas une élection truquée et corrompue! » twittait-il samedi, sans avoir manifestement peur d’exagérer l’ampleur de la foule venue le supporter dans les rues de la capitale.

Les Sénatoriales en ligne de mire

Bien que le « Grand Old Party » (G.O.P) ne soit pas d’une seule voix derrière le milliardaire, la plupart des cadres républicains font bloc. À l’image de l’influent Mitch McConnell, patron de la majorité républicaine au Sénat, qui a déclaré que Trump était « à 100% dans son droit » pour contester l’issue du scrutin, de très nombreux élus conservateurs n’ont ainsi pas félicité Joe Biden ; seuls 4 des 53 sénateurs républicains ont reconnu la victoire du Démocrate. Et la majorité des Républicains gardent le silence ou reprennent les éléments de langage de Donald Trump, en appelant à ne pas compter les votes « illégaux ».

Pour le G.O.P, difficile pour le moment de lâcher l’actuel locataire de la Maison Blanche, alors qu’une nouvelle bataille électorale se profile. Un deuxième tour, crucial, doit en effet avoir lieu le 5 janvier prochain en Géorgie. Les deux sièges de sénateur de l’État y seront en jeu, avec, en cas de victoire, la perspective pour les Républicains de contrôler le Sénat, et de restreindre la marche de manœuvre de Joe Biden, une fois au pouvoir. En reconnaissant la défaite de Trump, les conservateurs craignent donc de voir leurs électeurs se démobiliser et en Géorgie, dédaigner les sénatoriales.

Et après ?

À plus long terme, tourner le dos à un président qui a tout de même réuni plus de 70 millions de suffrages cette année paraît électoralement risqué. Aucun potentiel candidat républicain pour 2024- on avance notamment les noms de Josh Hawley (sénateur du Missouri) ou Nikki Haley (ancienne ambassadrice des États-Unis auprès de l’ONU) n’a osé attaquer frontalement Donald Trump, même si le sénateur républicain de Floride Marco Rubio, notamment, a dénoncé le refus du Bureau ovale d’accorder à Joe Biden l’accès aux briefings des agences de renseignement, comme le veut la tradition. Malgré quelques lézardes ici et là, le mur républicain tient donc toujours derrière Trump. Jusqu’en 2024, année où à en croire le Washington Post, le milliardaire envisagerait de se représenter ?

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