Le cirque Trump: entre clown et dictature

Donald Trump n'a pas l'intention d'abandonner le pouvoir... - Belga
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Certains observateurs commencent à craindre que le président déchu ne fomente un coup d'Etat. Rien de moins. Mais est-ce plausible ?

Une semaine après l'élection de Joe Biden à la présidence des Etats-Unis, Donald Trump n'a toujours pas reconnu sa défaite. La plupart des troupes républicaines non plus. Qu'a fait l'actuel pensionnaire de la Maison Blanche depuis ? Il a joué au golf tout en continuant sa bataille à différents niveaux pour rester en poste.

Tout d'abord, ses avocats continuent à clamer la fraude électorale sans preuve dans six Etats disputés. Aucune plainte n'a été acceptée par les cours de justice et les autorités électorales ont même annoncé qu'il s'agissait de « l'élection la plus sûre de l'Histoire des Etats-Unis ». En clair, il n'y a pas de fraude à trouver. Et pourtant, les troupes de Trump continuent à demander qu'on creuse...

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« This election is not over »

Ainsi, les troupes républicaines au pouvoir dans certains Etats comme le Michigan, le Wisconsin ou la Pennsylvannie demandent des recomptages. Les observateurs avancent que la stratégie de Trump est d'empêcher ces Etats de certifier les chiffres précis une fois pour toutes, auquel cas, Trump pourrait crier (plus fort encore) à la fraude et faire pression sur les grands électeurs à majorité républicaine de ne pas reconnaître la victoire de Biden le 14 décembre prochain – date butoir où les grands électeurs élisent officiellement le nouveau président.

Ce serait du jamais vu aux Etats-Unis. Mais Donald Trump entend aussi avoir la rue avec lui. Ils sont nombreux à avoir voté pour lui qui le suivent dans ses délires mensongers et refusent d'accepter la défaite. Ce samedi, des manifestations pro-Trump sont prévues à Washington D.C. et dans d'autres villes du pays. Trump a fait sa carrière politique en affirmant que le système était corrompu. Il continue à jouer cette carte auprès de ses électeurs...

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Autre mouvement qui ne manque pas d'inquiéter les observateurs, alors que la transition (au niveau administratif, notamment) devrait déjà être en route, celle-ci n'a toujours pas commencé, privant Joe Biden d'équipes et d'informations nécessaires pour s'installer à la Maison Blanche le 20 janvier et lancer tout de go ses politiques.

A la place, Donald Trump remplace des personnes à des postes clés, plaçant des fidèles dans les départements de la Défense et de la Sécurité. Et notamment au Pentagone et au service de renseignement. Selon The Guardian, il aurait aussi essayé de remplacer le chef du FBI. « Le genre d'activité qui alerte quant à une prise de pouvoir autoritaire, comme quand cela se passe en Turquie ou en République Démocratique du Congo », dit le journal britannique.

Improbable ? Comme l'élection de Trump en 2016

Cette stratégie risque-t-elle de mettre à mal l'Etat de droit américain ? C'est peu probable, tant le système semble solide et que le fédéralisme du pays empêche un face à face partisan trop frontal. Ce n'est qu'en cas de désaccord au niveau des grands électeurs que les contentieux arriveraient au Congrès... Ou le Sénat (qui risque de rester républicain, cela dépendra du vote de janvier en Géorgie) pourrait poser des problèmes. Si le contentieux perdure, la Cour Suprême devrait trancher. Or, on sait à quel point cette Cour est politisée. Dernier point, l'armée, garante de l'ordre dans le pays, ne semble guère vouloir soutenir M. Trump

Mais... Aussi improbable que ce scénario puisse paraître, il ne l'est pas plus que l'élection du milliardaire à la tête du pays en 2016... Pour Timothy Snyder, professeur d 'Histoire à l'Université de Yale et spécialiste des autoritarismes, cité par le Guardian : « Ce que Donald Trump essaie de faire a un nom : coup d'Etat. Aussi pauvrement organisé que celui-ci puisse paraître, il n'est pas voué à l'échec. Il doit être mis en échec. Les coups d'Etat sont défaits rapidement ou pas du tout. Quand ils se mettent place, on a tendance à regarder ailleurs comme la plupart d'entre nous sommes en train de faire. Et quand ils ont été mis en place, nous ne pouvons plus rien y faire ».

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