Ces études contradictoires autour du coronavirus

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Une nouvelle étude annonce qu'on risque plus d'attraper le Covid dans les bars et restaurants. Mais une autre pointe l'école et la famille comme premiers clusters. Qui faut-il croire ?

Il y a un mois, l’Agence pour une vie de qualité (Aviq), donnait les résultats de son étude sur les principaux foyers de contamination du coronavirus. Très largement en tête du classement, le foyer familial, suivi par les écoles et, loin derrière, les lieux de l'horeca. Aujourd'hui, c'est une étude américaine qui explique que le coronavirus se propage plus facilement dans les restaurants, les cafés et les salles de sport...

 

Alors quoi ? Comme dit l'adage, le diable se cache dans les détails. Pour commencer, chaque étude est différente. Selon sa méthode et le modèle mathématique (et donc l'hypothèse) qu'elle suit. Selon le nombre de personnes et l'endroit où elle a lieu. Bref, quand on annonce dans un titre de presse que « tel lieu est plus susceptible de propager le virus », il vaut mieux y regarder de plus près.

 

En l'occurrence, cette nouvelle étude américaine publiée dans la revue Nature a analysé le mouvement de plusieurs millions de personnes dans dix grandes métropoles américaines... mais n'a pas incorporé les écoles ni les foyers familiaux dans ses données.

 

En somme, son propos n'est pas tant de faire un classement des lieux de propagation que de comprendre comment le virus se propage le plus facilement. Et si on regroupe les données des différentes études faites jusqu'ici, on arrive à des réponses un peu plus utiles que : c'est la faute à machin !

 

En clair, cette étude qui regroupe notamment des chercheurs de l'université de Stanford, confirme ce qu'on savait déjà de manière à peu près sûre. A savoir que le virus se propage plus facilement dans des endroits clos surpeuplés et mal ventilés. Elle ajoute que plus on reste longtemps dans un endroit et plus le lieu est bondé, plus on risque d'attraper le virus. Bref, comme tous les virus. Rien de neuf sous le soleil, donc... Mais c'est sans doute la seule chose à retenir.

 

Comment expliquer le ralentissement des infections en Belgique ?

 

Autre inconnue, la soudaine chute des infections chez nous depuis quelques jours. Alors qu'on craignait le pire, la seconde vague semble, petit à petit et en touchant du bois, s'éloigner. Alors, effets du confinement ? Des fermetures des lieux publics (horeca, culture) ? Ou le virus vit-il simplement sa vie par vagues successives sans trop qu'on sache pourquoi il vient et pourquoi il repart sinon que les poussées épidémiques durent généralement de 6 à 8 semaines ?

 

Là aussi, la réponse sera différente selon les experts, selon les études de données (et selon les titres de presse). Mais à toutes ces questions autour du coronavirus, la réponse que chacun d'entre nous devrait peut-être retenir avant d'affirmer quoique ce soit (sur les réseaux sociaux, dans la presse ou ailleurs) est probablement la réponse donnée par Socrate quand on l'interrogeait sur les choses de la vie : « Tout ce que je sais, c'est que je ne sais rien ».

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