Ces petits villages décimés par le Covid-19

Le petit village compte moins de 200 habitants. ©Capture Youtube
Le petit village compte moins de 200 habitants. ©Capture Youtube
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Du fait de leur très faible nombre d’habitants, ou des coutumes locales, les conséquences de la propagation du virus peut y prendre d’autres proportions. Dans certaines régions d’Italie, certains hameaux pourraient carrément disparaitre. 

Si l’épidémie de Covid-19 a fait des ravages dans le monde entier, ses conséquences varient selon les endroits. Pays, régions et communes ne sont pas sur le même pied d’égalité pour faire face à de nombreuses hospitalisations ou un fort taux de décès par exemple.

C’est notamment le cas des hameaux isolés et autres petits villages. En temps normal, leur survie dans le temps est déjà hypothétique. Dès lors, la mort de ne serait-ce qu’une dizaine d’habitants pourrait déjà réduire drastiquement la population de l’entité. 

C’est notamment le cas de Roccafiorita, le plus petit village du sud de l’Italie, entouré des forêts au pied du mont Kalfa. Avec 187 habitants et une moyenne d’âge au-dessus des 60, il ne peut pas se permettre de voir le Covid se répandre dans ses rues.

Pourtant, comme le rapporte le Guardian, au début du mois d’octobre, Concetto Orlando, le maire, a reçu un appel qui l’a bouleversé : un employé de son bureau a été testé positif au coronavirus.

« Quand le téléphone a sonné, c’était comme un coup de tonnerre un jour de beau temps », a-t-il raconté au quotidien britannique. « Avec l’arrivée de cette seconde vague, j’ai cru que nous pourrions vraiment être rayés de la carte. »

Un quart des villes et villages italiens sont sous la barre des 1.000 habitants. Des dizaines d’entre eux ont été classés « zone rouge ». Si chez nous ce terme indique les endroits où il est fortement déconseillé de voyager, en Italie, il classe les lieux où les risques d’infection sont si haut qu’il est interdit d’y entrer ou d’en sortir.

Parmi ces bourgades, plusieurs étaient menacées de disparition bien avant l’épidémie. « Ce sont des villages minuscules qui étaient déjà destinés à devenir des villes fantômes d’ici quelques dizaines d’années, le taux de natalité y est 30 fois plus bas que la mortalité. Aujourd’hui, le Covid risque d’accélérer ce triste sort », a expliqué Mario Alvano, secrétaire général de l'Association nationale des communes italiennes de Sicile.

A l'autre bout du monde

Dans ces villages très réduits, la proximité entre habitants fait partie du quotidien. « L’impression qu’un ami ou une connaissance peut nous infecter y est bien plus basse que dans les grandes villes », a expliqué Tullio Prestileo, docteur spécialisé dans les maladies infectieuses à Palerme. « On y croit souvent que le fait que le village est isolé est une forme de protection contre la transmission, et que le problème ne concerne que les milieux urbains. C’est pour cela que le virus s’y transmet plus largement. »

Le phénomène n’est pas lié à l’Italie et sa très faible natalité, la plus basse depuis plus de 150 ans. Même dans les pays les plus peuplés de la Terre, certains tout petits villages ont aussi été confinés pour des raisons similaires.

Comme Rajewadi, un minuscule hameau d’environ 360 habitants, situé entre l’autoroute et les cultures, à 200km à l’est de Bombay, en Inde. Mi-août, les autorités y avaient lancé une grande vague de testing après la décès d’un vieil habitant du village à cause du Covid. 40% de la population était finalement positive et la bourgade a dû être fermée par la police.

Heureusement, le village n’a compté qu’une victime de la maladie. Mais peu avant son décès, elle avait passé une nuit à prier les dieux avec une trentaine d’autres villageois, après avoir soupé tous ensemble, sans masques et sans distanciation.

Début septembre, le village était donc barricadé de planches de bois, marqué d’une affiche expliquant qu’il s’agissait d’une zone confinée.

Le tenancier de l’épicerie du village expliquait alors à Reuters que « dans la tête des gens, le coronavirus n’était qu’une mode, que ce n’était pas sérieux. La vie normale avait repris son cours. Ce n’est que quand quelqu’un est décédé que les gens ont pris la chose au sérieux. »

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