Joe Biden élu président des États-Unis

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CNN, le New York Times, Associated Press: plusieurs grands médias américains annoncent la victoire du démocrate en Pennsylvanie. Avec 273 grands électeurs remportés jusqu'ici, il sera le 46ème président des Etats-Unis. Les résultats sont encore attendus en Géorgie, dans le Nevada, l'Arizona et la Caroline du Nord. Pendant ce temps, Trump multiplie les recours en justice.

Trois jours après l’ « election day », le verdict est enfin tombé, annoncent les grands médias américains: Joe Biden aura empoché la Pennsylvanie, et ses 20 grands électeurs, synonyme de victoire dans cette présidentielle. Plus tôt dans la journée, CNN rapportait déjà que le démocrate était « proche de la victoire ». Ce vendredi déjà, alors qu'il n'était encore crédité que de 253 grands électeurs,  Joe Biden déclarait qu’il allait « gagner ».  Et quelques heures auparavant son rival, qui a lui jugé à plusieurs reprises être le vainqueur, avait prévenu : « Joe Biden ne devrait pas revendiquer à tort la charge de président. Je pourrais moi aussi la revendiquer pour moi. Les procédures judiciaires ne font que commencer ! »

Recomptage des voix

Le président sortant tente en effet de déplacer la bataille loin des urnes, et s’est lancé dans une guérilla judiciaire pour inverser la tendance, ou en tout cas retarder l’annonce officielle des résultats. Dans le Wisconsin, où Joe Biden a l’emporté avec quelque 20.000 votes d’écart (sur plus de 3 millions), les Républicains ont demandé un recomptage des voix. Un recomptage qui sera automatiquement organisé en Géorgie, la loi électorale de cet État le prévoyant en cas d’écart inférieur à 0,5% (Joe Biden est y pour l’instant crédité de 7.000 voix d’avance).

Les hommes du président ont également tenté d’interdire le comptage des bulletins par correspondance reçus jusqu’au 6 novembre en Pennsylvanie, et jusqu’au 12 novembre en Caroline du Nord ; sans succès. Des recours devant la justice ont par ailleurs été lancés dans le Nevada ou l’Arizona.

Quel calendrier prévoit la loi électorale ?

N’ayant de cesse de dénoncer des « fraudes », Donald Trump ne semble pas prêt, au moins dans l’immédiat, à satisfaire à la tradition, qui veut que le candidat vaincu appelle son adversaire pour le féliciter et reconnaître sa défaite. Les multiples recours lancés par les Républicains n'empêcheront sans doute plus longtemps Joe Biden de se proclamer "président élu", maintenant que la Pennsylvanie a semble-t-il définitivement basculée dans le camp démocrate.

Comme l’explique France Inter, les recours ne « sont pas suspensifs et ne bloquent pas le processus ». Sitôt la barre des 270 franchie, Joe Biden pourra se déclarer nouveau « président élu », même si un retour en arrière, en cas de fraude manifeste, est possible. « Même si les commissions électorales vont donner leurs résultats, c’est le 14 décembre que les grands électeurs le choisissent réellement. C’est à cette date-là que le candidat devient vraiment président » précisait à la radio française, Thomas Snegaroff, spécialiste des États-Unis.

Passé le 8 décembre, les jeux sont faits

La loi électorale américaine laisse en effet aux États cinq semaines après le jour du scrutin pour résoudre tout litige concernant le déroulement du vote et communiquer les résultats finaux. Durant cette « safe harbor period » (« période de sécurité) qui s’étendra jusqu’au 8 décembre, les États seront d’abord compétents pour juger d’un éventuel recours. Si un candidat souhaite contester une décision de justice locale, c’est alors le Congrès qui est compétent. Et en dernier recours, c’est la Cour Suprême qui intervient. Mais passé le 8 décembre, les jeux sont faits. Le 14 décembre, le Collège des 538 électeurs se réunira et votera officiellement pour un candidat. Le 6 janvier, le Sénat confirmera dans la foulée le vote des grands électeurs. La victoire d’un candidat est alors définitivement validée, avant le jour de l’investiture, le 20 janvier.

Environ deux mois et demi se seront alors écoulés, entre le jour de l’élection et la prise de fonction effective. Un intervalle particulièrement long, qui, vu le contexte, soulève son lot d’interrogations. D’aucuns craignent, en cas de victoire de Joe Biden, une passation de pouvoir mouvementée avec son prédécesseur, qui, mauvais perdant, n’hésiterait pas torpiller la période de transition et les premiers pas du démocrate dans le costume de président.

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