Découvrez les bienfaits de la forêt

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Initiés au Japon pour lutter contre le burn out, la sylvothérapie et le bain de forêt pourraient bien nous aider à supporter ce nouveau confinement. Promenade dans les bienfaits de cette thérapie douce sur la santé physique et mentale.

La sylvothérapie - ou “forêt-médecine” est un sujet d’avenir qui intéresse sérieusement la science depuis que les Japonais ont lancé le mouvement il y a quarante ans. Tout en marchant sur un chemin forestier, Nolwenn Lécuyer, ingénieure agronome certifiée en sylvothérapie et guide en bains de forêt shinrin-yoku, nous explique: “Au Japon, dans les années 80, le développement économique a été extrêmement rapide, provoquant beaucoup de cas de burn out, de dépression et même de mort au travail. Le ministère de la Santé a pris des mesures pour que les Japonais se reconnectent à la nature. Des recherches ont été financées pour quantifier les bienfaits de la forêt ou des grands parcs dans les zones urbaines. Deux groupes d’hommes ont notamment été constitués - l’un est allé marcher en ville, l’autre en forêt. Des prélèvements ont montré que dans le groupe qui avait passé du temps en forêt, les lymphocytes, donc les soldats de notre immunité, avaient augmenté de plus de 50 % et la production de protéines qui interviennent dans la lutte contre le cancer avait connu une hausse de 30 %. Dans le groupe qui avait marché en ville, rien n’avait changé”.

Étonnant? Pas tant que ça…  Nolwenn Lécuyer poursuit: “Le docteur Qing Li, spécialiste mondial de la sylvothérapie, a constaté que les feuilles ou les aiguilles des arbres sécrètent des substances, les phytoncides, pour se défendre des attaques des insectes, des champignons… Il a établi le lien entre ces composés organiques volatils et les effets bénéfiques sur notre santé. Il y a 20 ans, on comptait 18 articles scientifiques sur le sujet, aujourd’hui, on en dénombre un millier. En Norvège et en Suède, on construit des hôpitaux en forêt, puisqu’il est prouvé que la guérison est accélérée par le fait que le malade peut voir des arbres par sa fenêtre. J’espère bientôt voir en Belgique des centres hospitaliers où, comme au Japon, des patients de services psychiatriques sont amenés sur des sentiers shinrin-yoku”.

L’amélioration des conditions psychologiques des personnes dépressives et en burn out a également été constatée et mesurée, via une diminution des hormones de stress et un meilleur sommeil. Éloge de la lenteur Pratique qui fait partie de la sylvothérapie, au même titre que la respiration, le yoga, le qi gong, le bain de forêt ou shirin-yoku consiste en une marche en groupe de 5 à 12 personnes d’une durée idéale de trois heures, pour bénéficier pendant plusieurs jours de ses bienfaits. “Le guide repère le parcours, reprend Nolwenn Lécuyer. Il s’arrange pour varier les ambiances qui amènent des choses différentes. Avec ses ions négatifs, l’eau nous équilibre. Recevoir sur soi des gouttelettes au bord d’une cascade est hyper bon pour la santé. Quant à l’esthétique des lieux choisis, elle est très importante.”

Autres éléments fondamentaux d’une immersion dans la forêt: le silence et la lenteur. Pour certains, ce n’est pas facile de ralentir le pas, “être” sans rien “faire”. Il s’agit de s’extraire du flot pour mieux se connecter à son corps et sa respiration. Au début de la marche, je propose d’inspirer ce que la forêt nous donne, l’oxygène qui nous est fondamental, et d’expirer notre CO2 qui est aussi vital. On est dans un cycle de vie avec la forêt: on a besoin d’elle, elle a besoin de nous.

Le guide rompt le silence pour formuler des invitations que chacun est libre d’accepter ou non. “Je suggère souvent une méditation guidée d’éveil de sens, commente Nolwen Lécuyer. On touche, on marche pieds nus, on sent, on goûte, on regarde et on se recentre sur sa perception. Pas à pas, le groupe descend plus en profondeur, s’apaise. On peut aussi inviter à un temps de contemplation au bord de l’eau et poser des questions qui touchent à la spiritualité. Au Japon, la forêt est sacrée et abrite des esprits, bons comme mauvais, aux yeux de ce peuple shintoïste. Cette dimension est importante à réintégrer chez nous.” Après chaque invitation comme à la fin de la marche, lors d’une cérémonie du thé, les participants partagent leur ressenti sans expliquer, sans rentrer dans le mental. “L’effet du groupe est positif: entendre le témoignage des autres peut ouvrir plus largement son propre champ sensoriel”, conclut la sylvothérapeute.

Pour aller plus loin

Shinrin-yoku  Le livre à dévorer sur l’art et la science du bain de forêt signé par le Dr Qing Li. Éditions First, 309 p.

En chemin vers  Le site de la Fédération francophone des praticiens de sylvothérapie et shinrin-yoku. www.en-chemin-vers.eu

 

 

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