Covid-19: les chiffres belges battent plusieurs records

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L’épidémie ne faiblit pas. La Belgique vient même de passer des seuils symboliques qui reflètent l’importance de la deuxième vague, au niveau national mais aussi européen.

Les chiffres de l’épidémie de coronavirus sont tous dans le rouge et au vu de l’évolution, on est loin de repasser au vert. C’est la triste conclusion qu’a tirée aujourd’hui le porte-parole interfédéral pour le Covid-19, Yves Van Laethem. Que ce soit pour le nombre de nouveaux cas, d’hospitalisations, de personnes en soins intensifs ou de décès, l’heure est grave. Signe que la situation devient incontrôlable: les chiffres belges viennent de passer plusieurs caps qui ne présagent rien de bon.

Le pic d’hospitalisations dépassé

Le premier triste constat posé par Sciensano, c’est que la Belgique compte désormais 689 nouvelles hospitalisations par jour liées au Covid-19. Le record de la première vague, qui était de 629 le 28 mars dernier, est battu. Et ce n’est pas fini au vu de la tendance. Sur la semaine écoulée, on compte une moyenne de 547 admissions par jour, soit moins que les chiffres de ces dernières 48 heures.

D’ici peu, les statistiques devraient aussi montrer le dépassement d’un autre seuil lié à la première vague. Aujourd’hui, on compte 5.544 patients hospitalisés pour le coronavirus. C’est seulement 171 de moins que le pic du 7 avril. Il ne s’agit donc qu’une question d’heures pour ce palier soit dépassé. Le rapport de Sciensano de demain devrait en rendre compte.

Les chiffres des soins intensifs (USI) sont quant à eux encore en-dessous de ceux début avril mais là aussi, cela ne saurait tarder. On compte désormais 911 personnes en USI, contre 1.285 lors du précédent pic. Yves Van Laethem note que ce chiffre double tous les huit jours, sans amélioration perceptible. Il n’y a donc pour ainsi dire aucun doute sur le fait que là aussi, les chiffres de la première vague seront dépassés. «C’est évidemment la donnée la plus inquiétante puisque les soins intensifs représentent l’endroit où le nombre de lits est le plus restreint et où créer de nouveaux lits est complexe. Si la tendance se poursuit, nous devrions atteindre les 1.000 patients (en USI) dans les deux jours et on pourrait dépasser les 2.000 patients aux environs du 6 novembre (soit le nombre maximal de lits en USI en hôpital). Ce scénario ne peut plus être exclu», s’inquiète le porte-parole interfédéral.

Au sommet du podium européen pour les contaminations

Si la Belgique bat des records au niveau national, elle en fait de même au niveau européen. C’est ce qu’indiquent les dernières statistiques du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC). La Belgique est ainsi en tête du classement européen des pays avec le plus haut taux de contaminations au Covid-19 par rapport à sa population, soit 1.390,9 nouveaux cas en 14 jours pour 100.000 habitants. C’est pire que l’État qui détenait auparavant cette triste distinction, à savoir la République Tchèque avec aujourd’hui un taux de 1.379,8.

Le chiffre est déjà peu flatteur pour la Belgique mais cela pourrait être encore pire en réalité. Il y a quelques jours, le gouvernement a en effet ordonné un revirement dans la stratégie de testing, en se concentrant sur les seuls cas symptomatiques. Cette semaine, le nombre de cas testés positifs a ainsi logiquement chuté à l’échelle nationale, ce qui fausse complètement les données.

Pour les décès, pas un record mais presque

Enfin, la Belgique est également sur le podium européen pour un autre record: celui du nombre de décès. Pour l’instant, avec 5,3 décès pour 100.000 habitants, elle reste loin derrière la République Tchèque qui en compte 12,3. Cela la place néanmoins sur la deuxième place des pays les plus touchés de l’Union européenne. Mais encore une fois, la tendance est en forte hausse avec 85 décès par jour et +81% par rapport à la semaine dernière. Sur 540 décès, 181 étaient des personnes domiciliées en maisons de repos (MR) ou en maisons de repos et de soins (MRS), surtout dans les provinces de Liège et de Hainaut.

On pourrait presque se consoler en se disant que contrairement à la première vague, les maisons de repos ont un nombre limité de décès et qu’aujourd’hui, elles ne représentent qu’un tiers du total. En mars-avril, les deux tiers des personnes décédées étaient logées dans ce type de service. Yves Van Laethem prévient toutefois: «À nous de faire les efforts pour ne pas atteindre les chiffres de la première vague». L’âge moyen des décès reste en effet de 84 ans, les moins de 65 ans représentant seulement 5% des morts du Covid. Les maisons de repos sont donc toujours vulnérables, surtout au vu de la tendance. «Tous ces chiffres vont continuer à monter. Il faut donc se préparer et c’est la raison pour laquelle il faut appliquer au maximum les mesures. C’est la chose la plus efficace que nous puissions faire pour nous et pour les autres», conclut le porte-parole interfédéral.

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