Le télétravail « devient la règle » : qui est concerné ?

©belgaimage-168730140
©belgaimage-168730140
Teaser

Le Comité de concertation l'a décidé vendredi : le télétravail redevient la norme, afin de freiner la propagation du coronavirus. Mais il ne s’agit pas, comme au printemps, d’une obligation stricte. Une certaine marge de manœuvre est laissée aux entreprises.

Comme un air de retour en arrière. Bulle de 1, fermeture des cafés et restaurants, couvre-feu entre minuit et 5 heures du matin… les mesures annoncées vendredi par le Comité de concertation ont tout, ou presque, d’un deuxième confinement. À première vue, le fait que le télétravail, à partir de ce lundi 19 octobre, devienne « la règle », rappelle également ce qui avait été mis en place au printemps. Pour contrer la propagation du virus, les travailleurs qui avaient retrouvé le bureau ces derniers mois doivent à nouveau rester à la maison.

Une différence, toutefois : en mars, le télétravail avait été rendu « obligatoire ». De nombreuses entreprises de secteurs dits non essentiels, où le travail à domicile était par nature impossible (textile, construction, etc.) avaient dû tout stopper. Cette fois-ci, l’objectif affiché par les autorités est de tout faire pour éviter que « l’économie soit à l’arrêt et que de trop nombreuses personnes se retrouvent isolées ». Les entreprises doivent continuer « à tourner », a insisté Frank Vandenbroucke (SP-A), ministre de la Santé.

Pas une obligation généralisée

Voilà pourquoi, si le télétravail devient « la règle », c’est pour « les fonctions qui s’y prêtent et dans le respect de la continuité de la gestion des entreprises et organisations, services et activités », comme l’a indiqué le Comité de concertation. En principe, toute personne dont la fonction le permet est concernée par la « règle » de télétravail. Sauf lorsque c’est techniquement impossible, chacun devra travailler depuis la maison. Une certaine latitude est ainsi laissée à l’employeur dans l’implémentation de la mesure. Des retours ponctuels au bureau pourraient donc être envisageables.

On n’a donc pas affaire ici à une obligation généralisée. La Fédération des entreprises de Belgique (FEB) voit plutôt une norme, et s’est satisfaite que le fonctionnement des entreprises ne soit pas hypothéqué. « L'employeur peut en effet prévoir pour les télétravailleurs des moments de retour dans les locaux de l'entreprise bien organisés et limités dans le respect des règles sanitaires. Cela est important pour maintenir le lien avec l'entreprise et les collègues », salue la fédération dans un communiqué.

Mais quid du travailleur se sentant isolé et désireux de revenir au bureau ? Pour Thierry Evens, interrogé par Le Soir, un certain flou subsiste : « Si le télétravail est théoriquement possible, mais que dans les faits, pour des raisons de volonté personnelle par exemple, il n’est pas possible, qu’est-ce qui se passe » ?Dans le cas inverse, c’est plus clair.

Comme le secrétariat social Acerta, un travailleur ne peut en principe pas exiger de travailler à domicile. Si le télétravail n’est pas possible, l’entreprise sera toutefois tenue de garantir la sécurité et le respect de la distanciation physique sur le lieu de travail.

Plus de Actu

Les plus lus

Notre Selection