Crise sanitaire : les écoles fermées jusqu'au 11 novembre

Le nombre de profs absents dans les écoles devient problématique.
Le nombre de profs absents dans les écoles devient problématique.
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La situation dans les écoles est extrêmement tendue. Le patron de l’enseignement catholique aurait souhaité que les congés de Toussaint soient prolongés d'une semaine complète pour permettre aux équipes de souffler. Voici pourquoi.

Les écoles resteront fermées jusqu’au 11 novembre. Etienne Michel, le directeur général de l’enseignement catholique (segec), salue la mesure prise par la ministre de l'enseignement, Caroline Désir (PS). Il aurait toutefois souhaité que les vacances de Toussaint soient prolongées d’une seconde semaine, afin de permettre aux écoles de récupérer. Les écoles seraient ainsi restées fermées du 2 jusqu’au 13 novembre, incluant le congé déjà programmé du 11 novembre. « Nous sommes face à une triple urgence : sociale, sanitaire et pédagogique. Le code jaune qui prévaut toujours dans les écoles est complètement dépassé dans les faits. Par ailleurs, les directions sont débordées et au bord de l’épuisement. Aujourd’hui, 30% de leur temps est consacré à la crise. Les directeurs passent leurs soirées et leurs week-ends à chercher des remplaçants. » Les exigences s’abattent depuis le début de l’année sur les écoles qui ont déjà reçu plus de cinquante circulaires. « Ils sont bombardés. Il est urgent de se pencher sur les risques en termes de santé mentale et de burn-out. »

Etienne Michel a ainsi plaidé pour anticiper la réforme sur les rythmes scolaires. « L’objectif est de casser la propagation du virus et de pouvoir reprendre par la suite en limitant les risques de fermeture. Au moment de la crise du pétrole dans les années 50, on avait aussi adapté les rythmes scolaires en supprimant l’école le samedi matin. » Le segec a proposé de trouver ces jours de congé en « reprenant » le vendredi 30 avril (congé parce que c’est la veille du 1er mai), le pont de l’ascension du 14 mai et une prolongation jusqu’au 2 juillet de l’année scolaire, le 30 juin tombant un mercredi. C'était toutefois compliqué à mettre en place d'un point de vue législatif.
Mesure efficace?

D'un autre côté, l’idée de fermer les écoles est fermement repoussée par les experts pédiatres qui s’appuient sur l’analyse des chiffres recensés par l’ONE. « 84% des contaminations se font en-dehors des écoles. Cela sous-entend essentiellement que la population doit être consciente des efforts de distanciation à mener. 16% de contaminations à l’école, c’est vraiment très peu à l’échelle de la société », fait valoir le professeur Stéphane Moniotte, membre de la Task Force pédiatrique belge Covid-19 et chef du service Pédiatrie des Cliniques universitaires Saint-Luc de Bruxelles. Par ailleurs, les enfants continuent largement à être épargnés. Ils représentent seulement 3% de l’ensemble des cas et quasiment pas d’hospitalisations. « Il y a un peu d’interrogations sur les adolescents qui sont un peu plus contaminés, surtout au moment de la puberté. Mais si on les met en congé, que vont-ils faire ? Se voir quand même et sans masque ?» interroge l’expert.

« On sait aujourd’hui que les enfants ne sont pas des transmetteurs très efficaces. La contamination des profs se fait très souvent en-dehors de l’école. Fermer les écoles serait un leurre car la vie y est bien structurée avec des gestes barrière et des masques. Par contre, des quarantaines à répétition auraient des conséquences psycho-sociales sur les apprentissages et le développement des enfants avec de la démotivation, du décrochage scolaire et même des troubles mentaux. Arrêter deux semaines pour les jeunes au-delà de la deuxième secondaire peut être une option. Mais personne ne peut préjuger de l’efficacité de cette mesure », conclut Stéphane Moniotte.

 

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