Mettons les choses au clair sur le réseau 5G

Au début, la 5G utilisera les mêmes antennes que la 4G. ©Maxppp
Au début, la 5G utilisera les mêmes antennes que la 4G. ©Maxppp
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L'évolution technologique du réseau mobile fait couler beaucoup d'encre et tourmente les esprits. Pourtant, la 5G présente de nombreux avantages... et des défauts à peu près similaires à ceux de la 4G.

Ce printemps, alors qu’un certain virus s’était bien installé dans notre pays, une autre nouvelle avait fait beaucoup parler : le déploiement d’une première version de la 5G par Proximus. 

6 mois plus tard, le sujet est toujours au cœur de nombreux débats. Encore aujourd’hui, certains collèges communaux votent pour s’opposer au déploiement de cette nouvelle technologie. Beaucoup de fake news ont circulé à son sujet pendant le confinement et elle fait peur à une grande partie de la population. Certains conspirationnistes s’imaginaient même que le Covid-19 était un projet des gouvernements pour installer la 5G en cachette un peu partout…

Pourtant, le réseau 5G présente beaucoup d’avantages et pas beaucoup plus de défauts que la 4G. 

La 5G, c’est quoi exactement ?

En quelques mots, la 5G, c’est tout simplement l’évolution technologique de la 4G, la nouvelle version du réseau mobile, avec beaucoup plus de débit et moins de latence. Elle permettra donc le développement de nouveaux usages et services et pourra supporter beaucoup plus d’appareils connectés en même temps.

Quels sont ses avantages ?

Pour un utilisateur de smartphone moyen, cela va considérablement augmenter la vitesse de téléchargement. On peut s’attendre à des vitesses entre 100Mo et quelques gigas par seconde. Les sites internet s’afficheront instantanément, il sera beaucoup plus simple de regarder films et vidéos en haute définition, les appels en visioconférence seront aussi de meilleure qualité. 

La latence, le temps entre l’envoi et la réception d’une information, va être grandement réduite, voire presque disparaitre. Ce qui permettra, entre autres, de développer de nouveaux usages dans les domaines de l’industrie (automatisation, contrôles à distance), la santé, les transports… En effet, les véhicules autonomes auront besoin d’une telle connexion pour être opérationnels. 

Les appareils connectés, de plus en plus répandus, communiqueront également bien plus efficacement entre eux, qu’ils soient domestiques et se trouvent dans votre domicile, ou qu’ils participent au développement des Smart Cities, ces villes qui se servent des dernières technologies pour améliorer la qualité de vie de ces citoyens, au niveau de la sécurité et de la mobilité notamment.

Nouveau réseau = nouvelles antennes partout ?

Oui et non. 

La 5G, comme la 4G et ses prédécesseurs, permet aux appareils de se connecter à Internet en utilisant des ondes électromagnétiques. La 5G va utiliser des fréquences proches de celles de la 3G et la 4G, pour lesquelles les antennes actuelles sont déjà prêtes. C'est ce qui explique que Proximus a voulu déployer la 5G au printemps.

A l’avenir, on pourrait voir fleurir de nouvelles antennes plus spécifiques. En effet, la 5G peut utiliser des ondes dites millimétriques, qu’on ne retrouve qu’à très hautes fréquences. 
Elles permettent d’atteindre des vitesses de téléchargement très élevées avec une latence quasi inexistante. Autre avantage : là où une antenne comme celles que nous connaissons diffusent ses ondes dans un périmètre donné, ces nouvelles antennes, dites actives, n’enverraient un signal qu’aux appareils qui les sollicitent. Elles seraient donc bien plus économes en émission d’ondes et donc en énergie

Petits inconvénients : ces ondes millimétriques ont une portée très courte et pénètrent mal dans les bâtiments. Puisqu’elles sont plus petites et diffusent moins d'ondes, elles pourraient être installées un peu partout dans les villes, les bâtiments publics, aux arrêts de bus… Mais ça, c’est pour plus tard, quand la 5G sera généralisée.

Dans un premier temps, la 5G va donc utiliser les mêmes antennes qu’avant.

La 5G est-elle dangereuse pour la santé ?

Le problème est là : on ne sait pas vraiment

Les études sur les effets des ondes électromagnétiques sur la santé de l’homme n’ont jamais vraiment été concluantes. Impossible de prouver qu’elles ont des effets négatifs, tout comme on ne peut être certain qu’elles sont inoffensives, ce qui explique l'inquiétude de nombreux citoyens.

Ce qu’on peut affirmer en tout cas, c’est que la 5G qui utilisera les antennes actuelles, la 5G light comme l’appelle Proximus, utilisera une fréquence proche de celles de la 3G et de la 4G. Elle aurait donc les mêmes effets, quels qu’ils soient.

Pour ce qui est de la 5G qui utilisera une haute fréquence (les ondes millimétriques), on en sait encore moins. Des études sont en cours sur le sujet un peu partout.

Ce qu’on sait déjà, c’est que ses ondes pénètrent moins bien les tissus et les organes. Il faudra donc être plus attentif à ses effets sur la peau et les nerfs.

Mais à nouveau, cette « partie » de la 5G n’est pas encore d'actualité et encore moins à nos portes.

La 5G est-elle dangereuse pour l’environnement ?

Directement, pas plus que la 4G. Même moins puisque les nouvelles antennes n’émettront des ondes « qu’à la demande ». 

Mais puisque beaucoup d’appareils peuvent être connectés en même temps, la demande de données sera peut-être beaucoup plus forte, et pourrait éventuellement contrebalancer les effets positifs des nouvelles antennes.

Indirectement, on ne sait pas vraiment. La 5G pourrait pousser également les entreprises à développer et produire davantage d’appareils connectés. 

En somme, il y a un risque que la 5G fasse augmenter la consommation énergétique des particuliers et des entreprises, mais il est difficile d’estimer la différence avec les conséquences de la 4G aujourd’hui. 

Pour ce qui est de l’effet sur les arbres, ou les oiseaux, il s’agit essentiellement de fake news. Mais des études sont menées sur l’effet des ondes millimétriques sur les insectes, qui pourraient être négatifs. Celles-ci doivent être approfondies.

La 5G va-t-elle coûter cher ?

Côté abonnement téléphonique, c’est déjà le cas. Seul Proximus propose un abonnement 5G pour l’instant et il est 7€ plus cher que l’abonnement 4G équivalent. A ce niveau, les opérateurs ont le champ libre. 

Mais comme pour la 4G, on peut s’attendre à ce qu’elle soit plus chère au début avant de devenir une norme et être présente dans tous les abonnements.

Côté appareil, il faudra se procurer smartphones et objets connectés compatibles 5G. Aujourd’hui, elle est disponible dans les modèles haut de gamme. Mais là aussi, la 5G devrait rapidement devenir une technologie insérée dans tous les appareils d’ici quelques années. 

Avec l’obsolescence technologique, votre téléphone sera un jour dépassé. Et à ce moment-là, il est fort probable que les modèles compatibles 5G seront dans une gamme de prix que vous jugerez acceptable.

Pourrait-on se passer entièrement de la 5G ?

C’est l’option que préféreraient les plus inquiets : qu’on continue avec la 4G et qu’on s’arrête là.

Pourtant, le nombre d’appareils utilisant les réseaux mobiles vont continuer d’augmenter. Le réseau actuel saturera, et donc, il faudra rajouter de nouvelles antennes 4G, qui diffuseront encore plus d’ondes et consommeront encore plus d’énergie.

Il y a également le risque de se faire dépasser par les autres pays, parmi lesquels certains utilisent déjà la 5G. Sans ce nouveau réseau, nous pourrions ralentir l’évolution technologique de nos entreprises, nuire à l’attractivité économique de la Belgique, faire baisser l’emploi, etc. Les conséquences pourraient être nombreuses. 

Il serait donc plus judicieux de se préparer à son arrivée, en étudiant ses perspectives, ses qualités et ses risques, pour que, lorsque que la 5G deviendra la norme mondiale, nous la maitrisions et en connaissions les moindres détails.
 

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