Les voitures au diesel cinq fois plus polluantes qu’on le pensait

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Des chercheurs de l’UCLouvain viennent de découvrir que lorsque le filtre d’un moteur diesel est endommagé, le véhicule émet 10 000 fois plus de particules qu’une voiture normale. Une catastrophe écologique.

Le diesel, c’est à la fois bien pire et beaucoup mieux que ce qu’on imagine. Plus de deux-tiers des véhicules roulant au diesel sont assez parfaits : quasi aucune particule ne s’en échappe. Mais lorsque le filtre est absent ou endommagé, le véhicule émet jusqu’à 10 000 fois plus de particules qu’une voiture normale. Une catastrophe écologique inouïe. Dans ces cas-là, les voitures diesel sont 5 fois plus polluantes que ce qu’on imaginait. C’est ce que révèle une étude menée par deux chercheurs de l’Ecole polytechnique de l’UCLouvain.

Francesco Contino et Hervé Jeanmart ont testé 750 véhicules diesel récents (vendus après 2010) afin de déterminer l’efficacité de leurs filtres à particules. 85% des véhicules émettent très peu de particule grâce à l’efficacité de leur filtre mais 15% ont un filtre défectueux. Or actuellement les inventaires d’émissions de particules fines ne prennent pas en compte cette proportion de filtres défectueux. Pire : les contrôles techniques ne sont pas équipés pour détecter les problèmes de filtres. « Sur les moteurs modernes, les particules sont tellement fines qu’elles sont transparentes au point que la lumière n’interagit pas avec », explique Francesco Contino. « C’est un challenge énorme ».

Le diesel peut aussi être très propre

Cette étude montre qu’en réalité l’automobiliste est responsable de la pollution émise par son véhicule. On savait déjà qu’appuyer sur l’accélérateur n’était pas écologique. On sait aujourd’hui que mal entretenir son filtre est catastrophique. Or au moment de réaliser les entretiens, certaines personnes préfèrent ne pas remplacer leur filtre pour éviter les frais. Comme aujourd’hui cela ne se détecte pas au contrôle technique, ces méga pollueurs passent à travers les mailles du filet.  Les contrôles techniques pourraient à l’avenir, si la volonté politique se manifeste, être équipés d’appareils de contrôle des filtres. « Ce sont des appareils de haut niveau qui coûtent cher qui permettent de compter les particules par centimètre cube », prévient Francesco Contino.

« Notre étude en premier chef était d’informer la population de sa responsabilité dans l’entretien du filtre de son véhicule diesel », explique le professeur de l’Ecole polytechnique de l’UCLouvain pour qui la pollution liée aux moteurs diesel est un problème beaucoup plus complexe que ce qu’on laisse entendre. « Notre étude montre qu’un mauvais élève pénalise des milliers d’autres. Mais le diesel n’est pas appelé à disparaitre. Une très grande proportion de véhicules est en réalité extrêmement propre grâce aux nouvelles technologies utilisées par les constructeurs. L’air filtré par le moteur est même plus propre que celui de l’air qui contient des particules. Par ailleurs, du point de vue des émissions de CO2, le diesel est meilleur que l’essence. Par contre, si le filtre est défaillant, c’est un vrai désastre ».

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